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Tremblement de terre au Népal, tristement prévisible…

28 avril 2015

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Lorsque la dépêche d’info annonçant le tremblement de terre au Népal s’est affiché sur mon portable, je me suis dit « voilà, c’est arrivé, c’est maintenant ».

Cet événement n’était pas une surprise pour moi, comme il ne l’était pas pour qui connaissait un peu le Népal.

Il y a 4 ans environ, ma grande sœur partait à Katmandou, capitale du Népal, pour y vivre 2 ans, avec son mari expatrié. Et pendant 2 ans, j’ai eu peur pour eux.

Car ils savaient, et nous avaient prévenu : le Népal est l’une des zones sismiques les plus dangereuses au monde. Comme à San Francisco, le « big one » est depuis des années imminent à Katmandou, car l’intervalle de temps observé entre deux tremblements de terre majeurs est dépassé depuis longtemps.

Malheureusement, contrairement à San Francisco, les constructions népalaises ne sont absolument pas prévues pour faire face à un tel événement.
La capitale connaît une urbanisation massive depuis quelques années, conséquence de l’exode rural. Les maisons, les immeubles ont poussé comme des champignons. Dans un pays pauvre comme le Népal (l’un des 10 pays les plus pauvres au monde), et qui a vécu de nombreux bouleversement politiques ces dernières années, rien n’est organisé pour anticiper ce risque.

Dans une certaine mesure, on peut même supposer que le bouddhisme, pratiqué avec l’hindouisme au Népal, explique l’étonnant détachement des populations face à ce risque pourtant inévitable, et annoncé depuis des années.

Qui plus est, vue sa situation géographique au milieu des montagnes, Katmandou était quasi mathématiquement condamnée à être isolée en cas de tremblement de terre, avec un engorgement immédiat de l’aéroport en cas de coupure (probable) des routes.

Et encore : les sismologues préviennent que le tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 qui vient de se produire samedi au Népal n’est que la répétition générale du « big one », qui montera jusqu’à 8,5 ou 9 sur l’échelle de Richter.

C’est l’histoire d’une catastrophe annoncée, et pour laquelle on n’a rien prévu.

Les choses vont-elles enfin changer après les tristes événements de samedi dernier ? Des mesures seront-elles mises en place, une aide internationale va-t-elle permettre de reconstruire selon des normes sismiques, d’instaurer des plans d’action ?

Je l’espère, mais à vrai dire, j’ai malheureusement du mal à le croire…

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8 Commentaires

  • Répondre sophie 28 avril 2015 at 11 h 01 min

    bouleversant

  • Répondre MissBrownie 28 avril 2015 at 13 h 29 min

    Non pas une surprise … J’avais justement lu un article il y a peur de temps sur ce sujet. Il était même écrit qu’un tremblement de terre pourrait provoquer un tsunami avec l’eau des source dans la montagne …

  • Répondre anacoluthe 28 avril 2015 at 16 h 52 min

    @sophie : oui, et le bilan s’alourdit d’heure en heure, malheureusement… mais j’ai comme l’intuition qu’on en parlera beaucoup plus dans les media quand on aura le chiffre définitif de français tués là-bas… (probablement important, vu le nombre de disparus)

  • Répondre anacoluthe 28 avril 2015 at 16 h 56 min

    @MissBrownie : je n’ose pas imaginer ce que ce serait avec un tsunami par dessus tout ça…
    et apparemment, l’épicentre du séisme n’était pas à Katmandou, ce qui aurait été encore plus terrible.

    (Je me souviens qu’à l’époque, quand ma soeur m’en parlait, on lui avait dit que le big one de Katmandou serait pire encore qu’à Haïti, parce que les conditions d’accès sont encore plus difficiles qu’à Haïti…)

  • Répondre Amiral Dourakine 29 avril 2015 at 14 h 52 min

    L’amiral Dourakine a perdu son accent russe aujourd’hui, car il a reçu par sa fille ainée des nouvelles de Kamal, son guide népalais. Il est sain et sauf, et sa famille aussi, mais sa maison ainsi que toutes celles de son village de montagne Rasuwa sont détruites à 100%. Ils dorment dehors, ont perdu tous leurs biens et leurs réserves de nourritures, et la saison des pluies commence, et bien entendu n’ont pas vu le moindre secours à l’horizon et n’en verront probablement jamais.

  • Répondre babidji 29 avril 2015 at 17 h 04 min

    oui on l’attendait tous malheureusement. Une amie est même rentrée de Katmandou il y a qques années avec sa fille flippant trop du big one … mais d’après les sismologues ce ne serait même pas encore the real big one :( ils en attendent un autre encore plus gros quand on lit les articles scientifiques non plus à 7,8 mais frôlant les 9 …
    j’aime ce pays à la folie, je n’y suis pas allée bcp de fois contrairement à mon Homme … on a le coeur en morceaux …

  • Répondre anacoluthe 7 mai 2015 at 16 h 27 min

    @Amiral Dourakine : oh mon dieu, quelle tristesse, la misère qui s’abat sur des gens qui avaient déjà si peu… et pour vous, ce ne sont plus seulement des gens que l’on regarde dans un reportage, mais des visages et des noms…

  • Répondre anacoluthe 7 mai 2015 at 16 h 29 min

    @Babidji : eh oui, malheureusement, ce n’était même pas le big one, et comme je le dit à la fin du billet, l’épicentre n’était même pas à Katmandou…
    J’imagine que ça doit être terrible si on connaît personnellement le Népal, si on s’est attaché à ce peuple, cette culture…

  • Répondre à Amiral Dourakine Annuler Répondre