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La Redoute, 3 Suisses : et on fait quoi maintenant ?

23 octobre 2014

Je me souviens de mon émotion le jour où pour la première fois je suis passé ‘de l’autre côté du catalogue’, dans les locaux de La Redoute.
La Redoute, c’était mon enfance, à l’autre bout de la France, guetter l’arriver du gros catalogue, le feuilleter et rêver, devant tous ces possibles. TOUT ce qu’on pouvait désirer y était rassemblé, c’était magique !

Et puis, j’ai grandi, j’ai commencé à travailler et j’ai déménagé dans le Nord. Et un jour donc, devenue conceptrice-rédactrice freelance, j’ai travaillé pour La Redoute.

Bon en vrai, hein, ce sont des gens, des bureaux, une cantine, une entreprise, quoi !!

Mais dans un coin de ma tête, la magie reste. Alors voir les deux mastodontes de la vente à distance en difficulté, ça fait me fait mal, trois fois mal même, à la petite fille, à la cliente et à la freelance en com’.

Et maintenant, on fait quoi donc ? Comment rendre la Vente à Distance à nouveau désirable, et désirée par ses clientes ?

Dernièrement, j’ai eu la chance de pouvoir observer de près deux options prises par les deux géants nordistes de la VAD.

A ma droite, les 3 Suisses…

Désormais repris en totalité par Otto, mastodonte allemand du e-commerce, la société de Croix a décidé de faire un virage à 360° : fini le gros catalogue tous les six mois, place au magalogue mensuel !

L’idée, c’est de proposer les collections ‘pile au bon moment’ et à la bonne saison, comme le font par exemple H & M et Zara.
Et c’est aussi une nouvelle manière d’articuler le web et le papier : on feuillette le magalogue comme un magazine, on rêve, on s’inspire, on craque… et on achète sur le web !

De l’intérieur, le projet est passionnant, et j’ai pu le vérifier dernièrement, puisque – danse de la joie !! – 3 Suisses m’a confié la conception-rédaction du numéro d’octobre, une édition spécial couple.
Concrètement, il s’agissait de trouver les sujets en amont, d’aider à matcher le tout avec les collections, puis de rédiger les titres et les textes.

Ce qui m’a le plus frappé, c’est qu’on ne ‘fabrique’ pas un magalogue comme on fabriquait un gros catalogue : là où l’impulsion venait des équipes achats (‘je veux qu’on présente mon produit sur cette page et qu’on le démontre bien’), la priorité est donnée à l’aspirationnel : on donne envie, ce qui ne veut pas forcément dire voir parfaitement le produit !

Et au final, je trouve ça redoutablement efficace : en feuilletant les pages, en voyant toutes ces photos sublimes façon magazine – et ces titres-géniaux-non-mais-qui-a-écrit-ça !! – on a une énorme envie de craquer, non ?!

Bref, je crois beaucoup à la formule magalogue pour rendre la VAD de nouveau désirable…

3suisses-couv

 

3suisses-accessoires

3suisses-homme

 

A ma gauche, La Redoute…

J’ai eu le plaisir d’être invitée avec d’autres blogueuses à la soirée de lancement de MyDressing Lille, événement qui s’est déroulé dans plusieurs grandes villes françaises.

L’enseigne roubaisienne y présentait quelques pièces phares de sa collection, mises en scène dans un très bel environnement, avec petits fours, champagne, bar à chignons et atelier nail art.

On pouvait aussi essayer les vêtements, se photographier dans le petit studio prévu à cet effet, et partager le tout sur les réseaux sociaux. Un module spécifique permettait également de se créer une liste de shopping on line avec ses pièces préférées, pour les retrouver plus facilement si on souhaitait ensuite les acheter. Car oui, fait notable, impossible de dégainer sa CB lors de l’événement MyDressing.

Et c’est là que je trouve ça particulièrement futé, dans ce savant mélange de distance et de proximité : découvrir la collection en vrai MAIS sublimée façon boudoir ; pouvoir toucher les vêtements MAIS sans pouvoir les acheter… ou comment provoquer le désir !

Et provoquer accessoirement le désir de partager sur les réseaux sociaux toutes ces petites attentions qui font craquer les filles : le chignon à tomber, le nail art sublime, la collection capsule à portée de main…
Bref, une opération de e-communication très réussie pour redonner de la désirabilité à la marque en misant sur la viralité…

En conclusion, je trouve que ces deux options révèlent le même paradoxe : on aurait pu croire que la problématique de la Vente à Distance était justement la distance : comment vendre quand on est loin de ses clients ?

Eh bien je crois au contraire que la problématique – et donc la solution – est de réintroduire un peu de distance, une distance nécessaire au désir, dans cette trop grande proximité qu’a longtemps cultivé la VPC avec ses clientes…

Et vous alors, ça vous arrive de craquer un peu/beaucoup/pas du tout pour les collections des 3 Suisses, de La Redoute ou d’autres VADistes ??

 

Le manteau Jacquemus x La Redoute, ultra désirable vu en vrai et en marine !

Le manteau Jacquemus x La Redoute, ultra désirable vu en vrai et en marine !

Merci le bar à chignon, je n'avais jamais vu mes cheveux comme ça !

Merci le bar à chignon, je n’avais jamais vu mes cheveux comme ça !

Cet obscur objet du désir... la collection capsule Bash !

Cet obscur objet du désir… la collection capsule Bash !

Un nail-art à effet, réalisé lors de My Dressing Lille...

Un nail-art à effet, réalisé lors de My Dressing Lille…

 

 

 

 

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8 Commentaires

  • Répondre Rebecca 23 octobre 2014 at 11 h 03 min

    Super!
    Petite, j’étais accro au catalogue de la redoute :-) J’utilise encore le site La Redoute, plutôt pour des achats enfants.
    Je ne fais quasiment plus les magasins, donc l’achat en ligne, je suis douée: Zalando, asos, ecocentric (mon chouchou de la cosméto Bio)
    Où le trouve-t-on le magalogue que tu as créé?

  • Répondre anacoluthe 23 octobre 2014 at 12 h 33 min

    @Rebecca : pour les enfants, c’est nickel en effet, plus besoin de courir les magasins… mais souvent on se laisse tenter pour soi du même coup :-)

    Je vais aller voir ton site egocentric, je suis fan aussi de cosmétique bio…

    Le magalogue est envoyé aux clientes 3 Suisses, mais je pense qu’on peut le recevoir sur demande au service clients… (le truc fort, ce serait qu’ils le proposent en kiosque ! Après tout, on trouvait bien les gros catalogues en kiosque…)

  • Répondre MissBrownie 23 octobre 2014 at 17 h 50 min

    Le Magalogue, c’est un peu ce que fait Boden. Je reçois le magalogue femme puis celui enfant à chaque saison et ils me donnent toujours envie de craquer.

    Ca marchera peut-être pour 3SUISSES. Je le souhaite pour tous mes amis travaillant pour le groupe en tout cas :)

  • Répondre anacoluthe 23 octobre 2014 at 18 h 01 min

    @MissBrownie : Boden, c’est hyper inspirant en tout cas, très belles photos, et une rédaction décalée, humour british comme on aime…

    Oui, c’est ça aussi, quand on habite le Nord, on connaît tous des gens qui travaillent chez des VADistes… ou pour des sociétés qui travaillent pour des VADistes (ou en freelance comme moi) donc on croise tous les doigts pour que ça marche, nous les ch’tis 😉

  • Répondre Marie Grain de Sel 23 octobre 2014 at 21 h 26 min

    La classe de bosser pour le catalogue 3 suisses ! Comme toi, c’est toute mon enfance, et… toute ma vie en fait parce que je le reçois encore (et je ne sais même plus pourquoi).
    Je suis complètement convertie au shopping en ligne, le seul truc qui me reste de l’ancien temps, ce sont les catalogues Refoute/3 suisses.
    Et puis je rajoute que la photo de tes cheveux me confirme ce projet que j’ai (en rêve) : installer un bar à chignons chez moi (avec un coiffeur attitré)

  • Répondre anacoluthe 23 octobre 2014 at 23 h 48 min

    @Marie Grain de Sel : ah la distinction qui tue, quand tu dis ‘je suis convertie au shopping en ligne’, versus ‘l’ancien temps des catalogues Redoute/3 Suisses » !!

    Meuh non, oh, justement ils veulent être dans la catégorie d’aujourd’hui, ils étaient même précurseurs sur le web, même si tout le monde l’a oublié (cht’ti power, on peut être légèrement chauvin, oui 😉 )

    t’as vu ça, cette coiffure de folaï… Je l’ai même gardé 36H, je voulais pas la défaire… et j’ai missionné mon ado pour défaire doucement en essayant de comprendre comment c’était fait, pour pouvoir le refaire (suspense… j’ai pas réussi à le refaire bien sûr !)

  • Répondre clairon 24 octobre 2014 at 16 h 50 min

    ça à l’air très réussi cette collaboration: BRAVO!!!

  • Répondre anacoluthe 4 novembre 2014 at 12 h 24 min

    @clairon : merci merci !!

  • Répondre à MissBrownie Annuler Répondre