Maman

La leçon d’habillage

3 juin 2014

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Notre vie avec Mini-Monstre est faite de grands défis et de petites victoires.

Parmi eux, tous les matins, le combat de l’école : savoir trouver les mots qui convaincront notre fille d’affronter sa peur de l’école, exacerbée par le trouble de l’humeur dont elle souffre.

Enfin, en fait de mots, il s’agit surtout d’actes : de petits gestes en petits gestes, arriver à créer ce climat de confiance et de joie qui effacera les tourments s’accumulant comme de sombres nuages dans ce petit cœur tendre.

A force d’observation – il faut nous imaginer guettant constamment les frémissements avant-coureurs de la mauvaise humeur qui, inéluctablement, nous conduiront aux portes cadenassées à triple tour du refus de l’école – à force d’observation disais-je, nous avons remarqué que les rituels étaient nos alliés : peut-être que le monde se révèle un peu moins effrayant quand il s’inscrit dans une ritournelle ? Qui sait ce qui se passe sous ce front blanc, par delà les cils tremblants…

Alors, nous ritualisons.

Les chatouilles au réveil.

Les œufs du petit-déj’.

Et la leçon d’habillage.

A 7h45 précisément, l’élève Gipsy est convoquée au pied de l’escalier. Gipsounette, notre chienne, petite bouille de poil achetée il y a deux ans dans le but précis d’alléger les soucis de nos vies, est d’ailleurs déjà prête, au taquet, sur la 1ère marche de l’escalier.

Gipsy s’installe dans les bras de sa petite maîtresse-maîtresse d’école, une patte sur chaque épaule, pour l’ascension jusqu’à la chambre salle de classe.

Je m’assieds au 1er rang, sur le lit, l’élève Gipsy calée au creux des cuisses. Et la leçon commence : « alors, ça, c’est, c’est… oui, la cuculotte ! et ça, le panta-pattes, tout à fait Gipsouille ! Alors maintenant, dis moi de quelle couleur est ce toutou-shirt ? Il est blanc, bravo ! »

Une fois les habits choisis sans y songer ou presque – miracle quand on sait que les tourments du choix entre tel et tel tee pouvaient auparavant bloquer Mini-Monstre des heures durant – il est temps de procéder à l’habillage.

Mais attention, « on ne regarde pas les fesses de la maîtresse », nous sommes absolument intraitables sur ce point. Alors, docilement, l’élève Gipsy accueille sur son front la cuculotte rose qui, pudique, lui cachera les yeux.

Il est 8h02 et comme chaque matin, la cuculotte posée façon charlotte sur la tête de Gipsouille – digne Marie-Antoinette d’opérette – déclenche chez Mini-Monstre les grands rires en cascades.

Alors pour un temps, pour un temps seulement, sur la pointe des pieds pas encore habillés, mon petit cœur connaît l’insouciance des enfants.

 

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« Ben quoi, tu veux ma photo ? »

 

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10 Commentaires

  • Répondre liliba 4 juin 2014 at 8 h 19 min

    Excellent ! Et bravo de trouver à rire et surtout faire rire ta fille qui dès lors redevient une petite fille comme les autres et surtout part le coeur léger pour sa journée (et du coup toi aussi…)

  • Répondre Stelda 4 juin 2014 at 9 h 16 min

    Gipsy assure, bravo à elle! Et à toi d’avoir su trouver des moyens d’aider Mini Monstre.

  • Répondre Sophie 7 juin 2014 at 9 h 52 min

    Tu es une maman championne! Bises
    Sophie

  • Répondre anacoluthe 9 juin 2014 at 22 h 48 min

    @liliba : en fait, je crois que le rire, ça marche dans pas mal de situations, mais c’est pas forcément la réaction la plus spontanée quand on est dans des situations stressantes !!

  • Répondre anacoluthe 9 juin 2014 at 22 h 50 min

    @Stelda : ah ouais, Gipsy débloque pas mal de situations ! Et pour le reste, on a compris petit à petit ce qu’il était préférable de faire ou non, et finalement, on rejoint pas mal les recommandations des spécialistes (beaucoup de calme, de bienveillance, et pas de cris, pas de stress, pas de bras de fer !!!)

  • Répondre anacoluthe 9 juin 2014 at 22 h 52 min

    @sophie : ben écoute, merci ! Ca m’a pris du temps pour me dire que oui, sans doute, je pouvais me dire que je m’en sortais pas trop mal et que n’importe qui placé dans une situation aussi complexe aurait fatalement galéré au départ (et même encore certains jours ^-^)

  • Répondre cheesyrider 12 juin 2014 at 20 h 06 min

    Mais je rêve ou Gypsy a du rimmel ? Vive l’animal-thérapie qui devrait être remboursé par la sécu. J’ai dégoté un club familial de voltige équestre pour mon enfant, et la farce tranquille du percheron qui te marche sur l’orteil si tu lui tire trop fort l’oreille, est assez efficace. Après voir la grâce de ces jeunes filles, en équilibre sur ledit percheron, et tout mes soucis ont rejoint l’horizon. Les animaux ont tellement à nous apprendre, qu’ils nous faut tendre l’oreille pour entendre leurs chuchotements.

  • Répondre anacoluthe 17 juin 2014 at 14 h 38 min

    @cheesyrider : non non, Gipsy a l’oeil naturellement velouté :-)

    Contente que l’équithérapie soit apaisant pour ta jeune fille… pour m’être retrouvée l’oeil collé contre celui d’un cheval – naseau fumant, veine battante, crinière sauvage, tout y était – je comprends maintenant que cette puissance et cette douceur réunies puissent être aussi bénéfiques… Le cheval est LA, tout simplement, puissance de l’instant !

  • Répondre Albane 24 août 2014 at 21 h 53 min

    Bravo pour cette méthode aussi efficace qu’esthétique ! On dirait que chez vous, c’est un peu Gipsy qui porte la culotte…

  • Répondre anacoluthe 25 août 2014 at 10 h 35 min

    @Albane : tu as vu ça si elle est magnifique avec sa culotte sur la tête (elle va finir chez le psy canin pour traumatisme, oui !).

    A part ça, Gipsy ne porte pas du tout la culotte, et c’est un des trucs cools avec un chien : ça donne l’occasion aux enfants d’avoir le droit de gronder quelqu’un qui ne respecte pas les règles, ça les change de leur statut habituel de grondé !!

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