Humeurs

Fauchée

19 novembre 2013

En ce moment, pour diverses raisons, je suis fauchée.

Notez l’optimisme du ‘en ce moment’ – autrement dit, j’espère que ce n’est que transitoire… – il n’empêche, en ce moment, je suis fauchée, raide, à sec, et vous savez quoi : je déteste ça !

Vous me direz que ce n’est pas très étonnant : comme  les 58,2% de français fauchés en ce moment – comme toute personne normalement constituée, en fait ! – je préfèrerais être plutôt dans la catégorie ‘fortunée’ que ‘désargentée’.

Oui mais non.

Je suis fauchée, je n’aime pas ça, et je ne m’y attendais pas.

Parce que pour moi, l’argent n’a jamais été une valeur prioritaire. Je ne bave pas devant les sacs à triple zéro, je peux me contenter de vacances au bout de la France plutôt qu’au bout du monde, je n’ai jamais rêvé d’une grosse voiture. En somme, je pense avoir des goûts plutôt ‘tempérés’.

Je n’ai pas besoin non plus d’étaler mon argent comme valeur statutaire façon « parce que je le vaux bien, j’en ai une grosse (bague/voiture/maison) »

Question d’éducation, sans doute : dans ma famille, on n’a jamais jugé la valeur des gens à l’aune de leur portefeuille. Au contraire. Le specimen « fauché-cultivé » pouvait être très bien considéré, là où le « riche sans conversation » était snobé. Intéressants versus intéressés !

Oui, j’ai été élevée dans l’idée que l’argent n’était pas l’alpha et l’oméga, qu’il permettait seulement de vivre de jolis instants plus légèrement.

S’offrir de menus ou moyens plaisirs, une coupe chez le glacier les jours d’été, l’ordinateur Apple 2E dont mon frère rêvait, un plateau de fromage du fromager meilleur ouvrier de France, quelques jours en Crête à marcher en famille, et puis des vêtements (encore et toujours !) pour ma Maman… Ce n’était pas ostentatoire, mais c’était confortable.

Bref, ce n’était pas un sujet dont on parlait.

Oui mais.

Il m’aura fallu du temps pour réaliser que, sans doute, on pouvait dans ma famille considérer l’intérêt pour l’argent comme légèrement « déplacé », précisément car on en avait suffisamment.

Et voilà, en ce moment, je suis fauchée, je n’aime pas ça, parce que paradoxalement, cela donne beaucoup trop de valeur à l’argent !

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monnaie

Mais alors, Bonne Mère, elle est passée où, cette chance providentielle que devait m’apporter mon œil de Ste Lucie, peuchère !

 

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36 Commentaires

  • Répondre Albane 19 novembre 2013 at 10 h 27 min

    J’ai reçu, je crois, un peu la même éducation vis à vis de l’argent, mais c’est certainement comme pour la santé : c’est quand l’une ou l’autre nous font défaut que nous nous rendons compte quelle importance ils ont… Je forme tous mes vœux pour que ce « en ce moment » trouve très vite un terme !

  • Répondre barbara 19 novembre 2013 at 10 h 39 min

    quelle jolie et juste façon d’exprimer les choses!! ;)…ma situation et mon ressenti sont un peu les mêmes … »l’argent ne fait pas le bonheur  » certes, mais on se sent tout de même plus léger lorsqu’on a pas de souci de comptabilité…;)..il y a tout de même une forme d’injustice dans cette histoire là aussi…non?…

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 10 h 57 min

    @Albane : ta comparaison avec la santé est très juste, et en y réfléchissant bien, ça pourrait être vrai de beaucoup d’autres choses, dont on apprécie l’importance au moment où les perd (l’être humain est un chouia compliqué, quelquefrois ^-^) !!

    (merci pour tes voeux, j’espère qu’ils s’exauceront !)

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 11 h 01 min

    @barbara : voilà, c’est la légèreté, l’insouciance, qui fait défaut en plus de l’argent ! Il en faut suffisamment pour ne pas trop y penser mais ne pas non plus penser à en vouloir trop…

  • Répondre electromenagere 19 novembre 2013 at 11 h 30 min

    @Anacoluthe
    Bon hélas, on est – tous (ou presque, et c’est le « presque » qui échauffe les esprits) – dans la même situation. Je me souviens d’une réponse de Michel Serres sur l’argent : Il faut en avoir assez pour que cela ne soit pas un souci, mais pas trop non plus pour que ça ne devienne pas un problème.
    Ouais, en fait exactement ce que tu viens de répondre à Barbara :)
    D’ailleurs en parlant de Barbara, la mienne me propose régulièrement de prendre dans ses économies. C’est là qu’on se rend bien compte que c’est devenu un souci.

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 12 h 31 min

    @electromenagere : oui, le « presque » échauffe les esprits, surtout parce que je crois que la répartition est de plus en plus inégalitaire…

    (j’avais lu un chiffre là-dessus – que je n’ai évidemment pas retenu ! – sur le fait que les quelques % de français qui gagnent le +, gagnent proportionnellement une plus grande partie des richesses depuis 20 ans…) (Les riches sont + riches qu’avant, pour la faire courte !!)

    Merci pour ta phrase de Michel Serres, qui dit bien mieux que moi ce que je pense 😉

    Oh oui, quand ça devient un truc inquiétant pour nos enfants, ça ajoute au fait que c’est compliqué à vivre…

  • Répondre Au p'tit Bonheur 19 novembre 2013 at 15 h 29 min

    J’aime beaucoup la réponse de Michel Serres évoquée par Electroménagère. C’est vrai que le juste milieu devient rare ! Même constat chez moi (mais quelle idée de se mettre en congé parental et de faire ainsi économiser des sous à la collectivité qui ne paie pas de crèches pour moi pendant que je ne gagne rien ! ). Moi je me console en me disant qu’avec internet on peut accéder gratuitement à bons nombres d’astuces, bons plans, infos…etc. qu’on aurait payé avant. Avec un peu d’organisation et d’anticipation on peut économiser pas mal !

  • Répondre Liliba 19 novembre 2013 at 15 h 43 min

    Mes parents ont toujours été fauchés alors j’ai appris à compter et à me contenter de ce que je pouvais avoir – sans être aucunement malheureuse. Mais là, en ce moment, c’est un peu pesant. Pas parce que je n’ai pas de grosse voiture ni de plus grande maison, ça je m’en tape, mais juste parce qu’on jongle avec les découverts, que les enfants coûtent cher et que je n’ai pas de « visibilité ». Et encore, je me dis tous les jours que j’appartiens à la catégorie des privilégiés…

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 16 h 54 min

    @Au p’tit Bonheur : tu as raison, avec le web, c’est plus simple de dépenser moins ! D’ailleurs, c’est un point que je n’ai pas abordé, mais être fauché peut aussi avoir des bons côtés car – comme toute contrainte – cela pousse à être créatif pour la dépasser !

    (par exemple, j’ai pour objectif de réinventer de nouvelles tenues avec mes vieux habits !!)

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 16 h 57 min

    @Liliba : c’est-à-dire que l’époque a quand même un peu beaucoup changé depuis celle de nos parents : il me semble que c’est plus anxiogène d’être fauché à notre époque qu’à la leur… on sait que la crise est durable, que les lendemains vont pas chanter, et que pour offrir un avenir à peu près serein à nos enfants, il faut effectivement un peu d’argent…

    (et en plus de tout ça, on doit mettre de côté pour nos vieux jours car nos retraites seront pourries, contrairement à celles de nos parents… donc oui, difficile de prendre tout ça légèrement…)

  • Répondre Liliba 19 novembre 2013 at 17 h 15 min

    :( relativisons malgré tout, comme je le disais, on fait partie des privilégiés… mais on s’est habitués à un niveau de vie élevé et donc… pas facile…

  • Répondre anacoluthe 19 novembre 2013 at 18 h 58 min

    @Liliba : moi je m’étais habituée à pas trop m’en soucier… je crois que ce sont surtout les petits plaisirs qui me manquent, plus que les gros trucs, bizarrement, les impulsions de l’instant qui font les petites joies !

    mais bon, relativisons, comme tu dis !!!

  • Répondre Stelda 19 novembre 2013 at 22 h 17 min

    C’est vrai : le plus pénible, c’est de compter… et finalement, de choisir! La glace OU le ciné, le livre OU le resto… C’est tellement cool de ne pas avoir à y réfléchi. Allez, 2014 va t’apporter richesse ET insouciance :)

  • Répondre papillote 19 novembre 2013 at 22 h 38 min

    je comprends. je ne gagne pas beaucoup d’argent aussi. les gens ne comprennent pas comment je fais pour bien vivre avec si peu d’argent (je suis toujours en dessous ou à la limite du seuil de pauvreté) mais c’est tout simplement parce que je n’ai jamais eu l’habitude d’avoir plus et je me contente de peu. je ne me prive pas, surtout pour les dépenses culturelles (concerts, spectacles) par contre je n’achète pas de fringues, de cosmétiques etc, et je fais mes courses en discount (ils vendent aussi du bio). et évidemment, je n’ai pas de voiture, source principale de dépense… d’ailleurs j’étais très étonnée en voyant un reportage récemment où un type expliquait qu’il ne pouvait pas vivre décemment et rognait sur ses dépenses santé car il ne gagnait « que » 1200 euros par mois. et le titre d’un documentaire m’avait révoltée « vivre avec 1500 euros par mois » comme si c’était une misère ! purée mais j’ai jamais gagné autant :-O

  • Répondre Marylin 19 novembre 2013 at 23 h 01 min

    Arf, pas cool…
    Juste un petit message d’encouragement : allez, hauts les cœurs, ça va s’arranger !
    Du moment que tout le monde est en bonne santé chez toi, finalement, tout ça n’est pas si grave, promis…

    ALLEZ, COURAGE !

  • Répondre 2xpolaire 20 novembre 2013 at 18 h 57 min

    « Et si tout n’était qu’illusion et que rien n’existait ? Dans ce cas, j’aurais vraiment payé mon tapis beaucoup trop cher » Woody Allen

  • Répondre 2xpolaire 20 novembre 2013 at 19 h 02 min

    …Sinon, « Le meilleur moyen de doubler sa fortune ? Plier ses billets en deux et les mettre dans sa poche. » (Kin Hubbard)
    Ou alors, tu peux t’inscrire à Questions pour un Champion, « Oh oui oui oui, je dis oui », contacter Cofidis, Cetelem, Sofinco, faire comme Omar Sharif, le tiercé, le quarté, le quinté c’est son dada, et plus sûrement changer tes euros en roupies…

  • Répondre anacoluthe 20 novembre 2013 at 20 h 06 min

    @Stelda : et déjà qu’à la base, je suis quelqu’un qui a du mal à choisir, tu imagines les dilemmes ! Allez, 2014, on y croit !

  • Répondre anacoluthe 20 novembre 2013 at 20 h 10 min

    @Marylin : merci pour les encouragements, j’espère que ça va s’arranger, oui !

    (mais… et si quelqu’un va moyen bien chez moi, c’est pas génial, alors ?! Dommage pour moi, donc…)

  • Répondre anacoluthe 20 novembre 2013 at 20 h 12 min

    @2xpolaire one : j’adore cette citation, mais je crois qu’il s’agit de la moquette et non du tapis. Ce qui ne change rien, on est d’accord !

  • Répondre anacoluthe 20 novembre 2013 at 20 h 13 min

    @2xpolaire two : ah ah j’espère que tu n’es pas conseiller financier !

  • Répondre 2xpolaire 20 novembre 2013 at 20 h 33 min

    @anacoluthe…Si, la moquette, tu peux la fumer

  • Répondre anacoluthe 20 novembre 2013 at 20 h 47 min

    @2xpolaire : ce qui expliquerait pourquoi Woody l’a payé plus cher ^-^

  • Répondre 2xpolaire 20 novembre 2013 at 23 h 48 min

    Saint Maclou évidemment…

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 10 h 06 min

    @2xpolaire : évidemment (d’autant que dans mon cas, Mini-Monstre a une nouvelle chambre toute belle grâce à une opé blogueurs Saint Maclou ^-^)

  • Répondre Ma Tribu et Moi 21 novembre 2013 at 10 h 37 min

    Pffff….c’est tout ce que je trouve à dire, tiens… Je ne suis pas fauchée, mais j’ai appris il y a quelques jours que j’allais l’être, dans quelques semaines. Après une enfance fauchée, mes premières années d’adulte plus que fauchées, nous goûtions, ma Tribu et moi, au bonheur simple de se savoir à l’abri, de ne plus trembler en faisant nos comptes d’apothicaire….Et voilà, cette illusoire couverture est déjà rognée, décousue et part en lambeaux. Cette fin d’année 2013 sonnera pour nous le retour du serrage de ceinture, des refus face à des envies d’enfants bien innocents…Bref, je ne suis que morosité, tu l’auras compris…De tout coeur avec toi.

  • Répondre Superbulles 21 novembre 2013 at 10 h 48 min

    Très intéressant ce billet. J’ai été éduquée avec ce mêmes types de valeurs, nous ne roulions pas sur l’or mais nous n’avons jamais manqué de rien (même s’il y a eu des moments plus compliqués) . Et je suis en ce moment dans une situation pas très florissante, et comme toi je n’aime pas. Parce qu’effectivement, comme tu le dis dans un commentaire, c’est plus anxiogène d’être fauché aujourd’hui. Et surtout ma zone de confort, c’est d’avoir assez d’argent pour ne pas y penser, sans pour autant que cela devienne obsessionnel et ostentatoire. Et puis c’est peut-être idiot mais on espère toujours offrir plus à ses enfants non ?

  • Répondre Marylin 21 novembre 2013 at 12 h 22 min

    @Anacoluthe : Ah mince, j’ai encore raté une occasion de fermer ma grande bouche, moi…
    Mais si si si, ça marche quand même : double dose d’encouragements pour la peine, allez, soyons fous !

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 12 h 29 min

    @Ma Tribu : oups, pas cool, de tout coeur avec toi aussi, et j’espère que ça ne sera que transitoire, que vous retrouverez cette « couverture », comme tu le dis bien…
    Je n’en ai pas parlé dans le billet, mais en te lisant, je réalise qu’il y a aussi quelque chose de compliqué à vivre dans le fait que je croyais illusoirement à une sorte de « progression » linéaire, étudiante fauchée, jeune salariée fauchée, suffisamment pour apprécier ce confort qui arrivait petit à petit au fil des années… mais je ne m’attendais pas du tout à ce qu’on puisse faire le chemin dans l’autre sens !!

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 12 h 36 min

    @Superbulles : suffisamment pour ne pas y penser sans que ce soit une obsession, c’est vraiment mon idéal… et les enfants, alors ça c’est le truc terrible, là je réalise qu’elles ne se sentent plus « en sécurité » et que je n’arriverais peut-être pas à leur transmettre cette forme de détachement vis à vis des choses matérielles qu’on m’a transmise… (même si mes parents on été aussi fauchés après leur divorce, mais plus tard, quand j’avais 17-18 ans, pas pendant mon enfance).
    Bon, haut les coeurs, espérons que ça ira mieux bientôt !!

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 12 h 37 min

    @Marylin : allez, je prends la double dose et même une triple va !!!!

  • Répondre Superbulles 21 novembre 2013 at 14 h 20 min

    C’est très juste ce que tu dis sur la progression linéaire et le chemin dans l’autre sens. Vraiment mon ressenti.

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 16 h 26 min

    @Superbulles : et j’imagine qu’on est un certain nombre à ressentir ça en ce moment, malheureusement…

  • Répondre anacoluthe 21 novembre 2013 at 16 h 47 min

    @papillote : ton com’ avait disparu dans les commentaires indésirables, dis donc !

    J’avais entendu un jour le salaire médian des français, et c’était dans les 1200, je crois… Quand j’étais étudiante et vraiment vraiment fauchée pour le coup, j’avais aussi ce principe de ne jamais compter pour les livres (bon, je m’achetais des livres de poche pas des livres d’art ^-^).

    C’est vrai qu’on peut adapter ses dépenses à son niveau de vie, mais je trouve que c’est plus compliqué avec une famille et des enfants, ou une maison, par exemple : tu ne peux pas dire « oh hé, les gars, je ne rembourse plus l’emprunt OK ? et puis, cette chaudière qui lâche, disons qu’on va passer l’hiver sans, OK ?! ». Mais bon, il y a pas mal d’autres postes où on peut économiser…

  • Répondre papillote 21 novembre 2013 at 21 h 09 min

    oui bien sûr c’est vrai j’ai oublié de le noter, je n’ai pas d’enfants et je ne suis pas proprio, donc je ne peux pas avoir d’imprévus de ce genre et de problèmes pour les régler. Mes frères en ont aussi parfois comme toi …
    j’ai entendu aussi que le salaire médian est dans ces eaux là, c’est peu oui, à peine plus que le smic ! dingue quand même.

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