Maman

6 cousines (la p’tite bande)

16 octobre 2013

Dans ma (belle) famille, on ne fait que des filles. Et un garçon, petit dernier après six filles âgées de 12 à 3 ans. M’est avis qu’il servira bientôt de tête à coiffer, le pauvre bichounet…

J’adore observer cette petite bande de cousines disséminées aux 4 coins de la France, mais qui se retrouvent presqu’à chaque vacances comme si elles s’étaient quittées la veille.

Bien sur, il y a des affinités par âge, les pré-ados d’un côté, les petites de l’autre, et au milieu les moyennes, que les petites adorent mais qui elles adorent les pré-ados, l’éternelle tragédie de l’humanité, Thésée aime Phèdre, qui aime Hippolyte, qui aime Aricie…

Mais il y a aussi entre elles un vrai esprit de groupe façon Girls Gang, toujours prête pour imaginer des jeux collectifs, dont le désormais célèbre « on joue aux pauvres ». « Gné ???!! » on a fait en les regardant effarés la première fois qu’elles nous ont expliqué.
C’est un jeu qu’elles pratiquent exclusivement chez Papi-Mamie quand il fait moche – c’est raccord avec le décor ultra-glauque de la campagne du Nord en hiver – et qui consiste à « se faire une petite cabane à la cave avec des vieux chiffons » et puis « aller glaner dans les champs de quoi manger pour nourrir tous les enfants ». Cosette, sors de ce corps !

Bref, ça les amuse énormément, nous un peu moins, quand on les voit revenir couvertes de boue la goutte au nez mais avec de quoi manger regardez (oh une vieille patate ratatinée et quelques brin de foin, ouéééé !)

petite-bande

Et puis, dans les grandes occasions – communion, anniversaire, fêtes – on a droit à un spectacle de la p’tite bande.

3 heures de répétition à un rythme effréné, où les grandes font chorégraphes intraitables et les petites mauvaises troupes « nan mais les petites, vous exagérez, on a pas le temps de goûter, on doit répéter les roulades pour la 28ème fois, là !!! ».

Les armoires sont mises à sac pour y trouver des déguisements, Art de la Comédie oblige. On a déjà eu droit à « Marie-Antoinette et ses filles se promènent à Versailles » et « Les déesses grecques se disputent », ça manque un peu de rôles masculins, malheureusement.

Quand toute la famille est enfin réunie devant la scène improvisée dans la salle de jeu (toutes les chaises de la maison sont réquisitionnées, et il a fallu 3 rappels pour rassembler tout le monde) la pièce est plongée dans l’obscurité… et dans le bruit assourdissant du petit cousin qui pleure, le pauvre, il a peur du noir.

Trois coups frappés avec le balai de Mamie, et le spectacle commence par les dompteurs de tigresses. Les petites dressent leurs pattes de devant, et graouuuuulent férocement, tandis que les dompteurs tentent de les maîtriser. « Saute, saute Rajah, allez ! »
Applaudissements à tout rompre.

Puis, les acrobates entrent en piste, déchaînées. Roulades, équilibre, brouettes, poirier, roue, et oh, et ah, feux d’artifices de jambes tendues et de bras (presque pas) musclés…
Pendant ce temps-là, les comédiens se changent, avant leur entrée en scène. Les dialogues sont presque sus par cœur, enfin, avec l’aide des 5 souffleurs qui bizarrement se souviennent parfaitement du texte des autres cousines mais pas du leur.

Et puis, et puis, apothéose : la danse de clôture, objet de tous les stress. Il a fallu se mettre d’accord sur le choix du titre, en fonction des chansons disponibles dans les iPods des grandes. Les pas ont été répétés jusqu’à épuisement, mais justement, épuisement il y a. On confond, on se reprend, on se rentre dedans. « En arrière ! On saute ! Tournez, vite tournez » chuchotées avec autant de discrétion que les maîtresses d’école pendant les spectacles de fin d’année… et puis ouf, on y est arrivé !

La salle est en transe, on réclame un nouveau salut, les cousines sourient, aux anges. Les images sont dûment filmées, mais ça ne sera jamais aussi beau que les souvenirs, le chaud au cœur de la petite bande, les cousines pour la vie, qui – il est l’heure – doivent se séparer, en pleurs, pour quelques mois, mais d’ici-là, promis, on se téléphonera on se mailera on s’écrira.

Ce soir, dans la voiture, sur la route du retour, il y aura, un peu, la joie des bons moments passés, et puis beaucoup, la tristesse de ne plus être ensemble collées-serrées, la p’tite bande…

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12 Commentaires

  • Répondre Au p'tit Bonheur 16 octobre 2013 at 10 h 36 min

    Prems ?
    Même équipe de fille ici…Mêmes spectacles et même tristesse infinie quand chacun doit s’en retourner chez soi… J’appréhende maintenant les retours de vacances à cause de la gestion de toutes ces émotions…

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 11 h 00 min

    @Au p’tit Bonheur : oh oui, on finit même par redouter le post-journée, nous aussi, c’est vrai ! En même temps, je me dis que c’est ça qu’on apprend, les émotions c’est un package, pour être capable de ressentir la joie, il faut aussi être capable de ressentir la tristesse…

  • Répondre sosso 16 octobre 2013 at 11 h 18 min

    Nous, on était 3 : mon petit frère, ma petite cousine, de 10 ans notre benjamine, mais on assurait le show aussi !
    ça me rappelle plein de choses, ton article. Et comme j’ai la larme un peu trop facile en ce moment….

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 11 h 24 min

    @sosso : tu as l’effet lacrymal de la grossesse ? Ca me le faisait à fond aussi, incroyable… et en fait, ça m’est resté sur tout ce qui concerne les enfants !! (ça doit encore être un coup de Dame Nature)

    Tu viens de me faire comprendre pourquoi on est sans doute aussi touchés devant ces petits spectacles, il y a un côté succession des générations, on se souvient qu’on faisait pareil enfants, et un jour, ce sera le tour de nos enfants d’être assis dans la salle…

  • Répondre Catherine 16 octobre 2013 at 13 h 15 min

    Eh Eh Eh !!!!! des 6 cousines 3 sont mes nièces.. et je confirme que les choré de réunions de famille valent le détour. D’ailleurs on est toujours prêts à traverser la moitié de la France pour y assister. J’ai 7 nièces et 4 petites nièces et une 5éme (j’ai croisé les doigts pour que ce soit une fille) qui arrivera en décembre. A partir de juin je réfléchi.. je prévois, j’organise…la journée annuelle des nièces…entre noël et nouvel an. Même si entr’elles, elle ne sont de vraies cousines (les filles et les petites filles de mes sœurs et les filles du frère de mon homme) c’est comme si … Les américaines, les poitevines,les nordistes toutes sont contentes de se retrouver. Les deux seuls garçons sont mes fils et ce jour là ils sont assaillis.

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 13 h 32 min

    @Catherine : et peut-être que la distance parcourue rajoute du plaisir à assister à ces spectacles, qui sait ? (tous les dimanches, on se lasserait…)

    Ben dis donc, 13 « nièces », incroyable, ça doit déménager, une vraie colonie de vacances !!!

  • Répondre Catherine 16 octobre 2013 at 13 h 51 min

    Ben oui !!! de 39 ans à 0 puisqu’on attend la derniére… toutes ensemble ce n’est qu’une fois par an et cette année il manquera les américaines, arrivée de la 13éme oblige ..

  • Répondre La vie en presque rose 16 octobre 2013 at 16 h 23 min

    Jouer aux pauvres, ça me plaît beaucoup. Pas très politiquement correct, mais 😀

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 17 h 47 min

    @Catherine : ah ouiiiiii, donc vu l’écart d’âge, il n’y a pas trop d’effet « bande de nièces » 😉

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 17 h 49 min

    @La vie en presque rose : figure-toi qu’elles ont entendu ça pour la première fois depuis un appart qu’on avait pour un WE au Touquet : c’était les jeunes enfants de la très grande propriété d’à côté qui jouait à ça dans leur jardin !!!!

    (encore moins politiquement correct, du coup, mais ça nous avait bien fait rire 😉

  • Répondre Albane 16 octobre 2013 at 19 h 52 min

    Cela me rappelle tant de souvenirs ! 6 cousines d’affilée suivies d’un cousin (mon frère) du côté paternel, des déguisements (une préférence pour jouer au « mariage » avec robe de mariée en vieux rideaux et le chapeau de mariage de ma tante), des spectacles approximatifs sous la direction sévère d’une de mes cousines (celle qui nous avait mis du scotch sur la bouche pour nous empêcher de parler quand on jouait à la maîtresse), mais aussi des disputes et des scissions douloureuses… Par contre on n’a jamais joué aux pauvres, mais c’est une bonne idée en fait ! Profites-en bien !

  • Répondre anacoluthe 16 octobre 2013 at 23 h 05 min

    @Albane : ah la la, je vous imagine bien avec les robes de mariées… je jouais aussi à ça avec ma soeur et mes cousins en vacances, on avait une grande malle avec toutes les vieilles robes de ma maman et ma grand-mère, on s’inventait des histoires selon les habits…

    Mais le coup du scotch, ça calme !!

  • Répondre à Catherine Annuler Répondre