Tourisme & Sorties

Provence versus Bretagne, le grand match des vacances

27 août 2013

bretagne-provence

J’ai toujours été intimement persuadée qu’il y avait deux catégories de personnes irréconciliables, ceux qui aimaient la Bretagne, et ceux qui aimaient la Provence.

Je me plaçais pour ma part dans le camp des Provence 4 ever, no kouign-amann ever, la soupe au pistou vaincra, tous derrière Jean Alesi.
A chaque fois que je mets un pied en Avignon, je croise Jean Alesi. A croire que c’est un coup de l’Office de Tourisme à destination des touristes. En même temps, si complot, on verrait aussi Mireille sur le pont, non ?!

Bien entendu, cela n’a absolument aucun rapport avec le fait qu’après un divorce apocalyptique, mes parents ont choisi de partir vivre pour l’une en Provence et pour l’autre en Bretagne, et que mon papa breton et moi, on s’était comme qui dirait un peu fâché, pour ahem à peine 15 ans.

Et puis, après des années d’été caniculaires, de soupe au pistou de ma grand-mère, de Mont-Ventoux au loin, de nuits chaudes à chercher le sommeil au son des grillons, d’excursions pieds dans l’eau tête dans le melon – oui, cette phrase est cryptée, mais si vous croyez que je vais vous donner l’adresse du torrent féérique où je vais pique-niquer de melon et de jambon sec 10 fois par été, assise sur les galets, après avoir escalé des rochers et m’être baignée dans l’eau pure…-, après tous ces étés à réveiller les souvenirs d’enfance de ma Provence, car d’aussi loin que je m’en souvienne, je connais cet endroit, toute une partie de ma famille vit là, là les cousins, là les cachettes, les lectures de la nuit, les baignades dans le lac, les marche à pied, là les mariages, les baptêmes, les Noël, là le temps qui passe et qu’on observe passer, car il ne sont pas si fréquents, ces endroits où j’ai été à 3, 12, 24 ou 35 ans…

ciel

Après tout cela, un soir d’hiver, mon père a appelé, écrit, pardonné et demandé pardon, mon père est venu, a parlé, pleuré, mon père est revenu dans ma vie, et y tient à présent une place que je n’aurais jamais imaginé, un père aimant, présent, mais pas trop, bienveillant, beaucoup.

Et alors, pour la première fois de ma vie, j’ai passé un été en Bretagne, dans le Golfe du Morbihan, si beau, si calme. Dire que pendant toutes ces années, je ne savais rien de cet endroit, de la douceur qui règne là-bas, l’eau translucide, l’air apaisant, je ne savais pas qu’on pouvait ne pas être accablé par la chaleur l’été, qu’on pouvait, en si peu de temps, sans embouteillages, découvrir tant de choses.

Et comme j’ai aussi découvert cette année que la Provence est bien plus belle au printemps, sous cette lumière claire du mois de mai, dans ces paysages désertés par les touristes et habitée par des vrais gens, je me plais à imaginer la possibilité d’une garde alternée…

La Provence au printemps, la Bretagne en été, et même que tout le monde serait – enfin – réconcilié, content.

bouffe

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7 Commentaires

  • Répondre Luna Part 27 août 2013 at 10 h 47 min

    quelle est belle cette France réconciliée :-)
    et tant de trésors à retrouver…

  • Répondre anacoluthe 27 août 2013 at 16 h 17 min

    @Luna Part : la prochaine étape, c’est d’arrêter les matchs stériles des Ch’tis à Miami versus les Marseillais à Cancun ! 😉

  • Répondre Sophie Vertigo 27 août 2013 at 16 h 18 min

    Ton billet est très touchant. Et il laisse de l’espoir.
    Celui de se revoir en Bretagne, et l’autre, celui du grand pardon auquel tu fais allusion. Kiss kiss

  • Répondre anacoluthe 28 août 2013 at 10 h 13 min

    @Sophie Vertigo : merci… oui, j’espère bien qu’on va se revoir, en Bretagne ou ailleurs !

    Et pour le grand pardon, oui, heureusement, car le plus jamais est un truc qui me traumatise sinon !

  • Répondre petite_sonia 5 septembre 2014 at 14 h 25 min

    En parcourant ton blog, je tombe sur cet article qui a forcément retenu mon attention. Je suis née en Provence, aux pieds du Mont Ventoux, et suis donc très attachée à cette région (je dis tout le temps, c’est mon pays). J’ai ensuite déménagée en Lorraine (catastrophe) où je vis depuis 20 ans. Et bien, le seul endroit où je suis partie dès que j’ai pu m’offrir des vacances, cela a été la Bretagne et depuis nous y allons chaque année. Je vais en Provence, revoir la famille, au printemps (entre mars et mai, c’est très agréable) et en Bretagne l’été. Pas de foule, d’embouteillage, de râleur…que du bonheur !
    Le passage sur les retrouvailles avec ton papa est très touchant !
    Bises

  • Répondre anacoluthe 8 septembre 2014 at 10 h 35 min

    @petite_sonia : oh la la, la Lorraine quand « son pays » Provence, dans mes bras, je vis le même traumatisme en habitant dans le nord !
    Si ça se trouve, on se croisera sans se reconnaître au pied du Mont Ventoux au printemps, alors 😉

  • Répondre anacoluthe 8 septembre 2014 at 10 h 36 min

    quand son pays *est la Provence, j’ai zappé deux mots !!

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