Culture

Savoir-Faire… ou tenter de faire ?

29 mars 2013

pensees

Pendant longtemps, on a cru pertinent d’opposer les manuels aux intellectuels. Les besogneux aux rêveurs. Ceux qui savaient faire à ceux qui ne savaient rien faire de leurs dix doigts.

Mais voilà qu’aujourd’hui, la frontière a bougé… Peut-être qu’on a en eu marre de vivre dans un monde abstrait, désincarné. Peut-être qu’on n’en pouvait plus de ne rien réaliser. Comme une énorme envie de concret. Pouvoir se dire « Ca c’est moi qui l’ai fait »

Sauf qu’on ne voulait plus attendre d’apprendre à faire, avant de faire en vrai. Non, nous, ce qu’on voulait, c’est bidouiller. Même si ça n’était pas parfait. Essayer comme ci, ou plutôt comme ça, se tromper, chercher, tenter…

Réinventer une recette, customiser ses ballerines, tourner-monter un petit film home made, tricoter une écharpe, rentrer dans le code de son blog, détourner les meubles du géant suédois, imaginer son mariage unique, et pourquoi pas, même, faire sa boîte, inventer son business…

feuilles

Et si nous étions rentrées dans la civilisation d’après le « savoir-faire » ? Si nous étions désormais dans le « tenter-faire », ce moment où le plus important, c’est juste d’aller de l’avant, en inventant non pas des idées mais du concret ? Dans un monde donc, où le besogneux et le rêveur, ce sont une seule et même personne…

Et deux événements récents me laissent à penser que oui, le « tenter-faire » va s’imposer :

D’abord la démocratisation des Fab Lab, ces ateliers installés un peu partout dans le monde, où chacun peut aller utiliser les machines mises à disposition pour faire, fabriquer. On y trouve par exemple ces fameuses imprimantes 3D qui permettent à tout un chacun d’imaginer un objet et de le voir réalisé en direct.
« Laissons chacun s’emparer des technologies pour inventer des solutions locales à ses problèmes locaux », comme l’explique brillamment ce professeur du MIT lors d’une conférence TED, dans la vidéo ci-dessous.

Et l’autre événement, c’est la naissance d’une nouvelle école initiée par Xavier Niel, destinée à former ces petits génies informatiques qui manquent tant à la France. Cette école fonctionnera avec une pédagogie totalement différente, un apprentissage par le faire, en mode projet, destiné à libérer la créativité, là où l’école française – focalisée sur les savoirs – forme des salariés standardisés…

Alors voilà, rêvons : on aurait fait comme si on allait arriver à traverser la crise, on aurait inventé des idées inédites, et vachement pratiques, on aurait « tenter-faire », plutôt que de se raccrocher comme des désespérés aux savoir-faire qui ne marchent plus, quand les règles du monde, de l’économie, de la vie sur terre, ont changé…


 

Le meilleur moyen d’être réconcilié avec l’humanité ? Regarder des conférences TED !

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9 Commentaires

  • Répondre electromenagere 29 mars 2013 at 10 h 44 min

    Rien ne vaut la pratique … mais faut aussi de la persévérance si on veut réussir à faire quelque chose de vraiment bien.

  • Répondre Sosso 29 mars 2013 at 11 h 31 min

    Rêvons encore plus: soyons dans le réussir-faire !

  • Répondre anacoluthe 29 mars 2013 at 11 h 41 min

    @electromenagere : parfois, oui,c’est ce qu’on nous a appris. La persévérance est sans doute indiqué si on veut atteindre l' »excellence ». Mais parfois non ! Je veux dire par là que les novices peuvent aussi avoir des idées innovantes, justement parce qu’ils ne sont pas encore dans le « il ne faut pas faire comme ça » : ils questionnent la pratique !

  • Répondre anacoluthe 29 mars 2013 at 11 h 49 min

    @Sosso : je comprends ce que tu veux dire, pourquoi ne pas viser tout de suite la réussite plutôt que la tentative ?! Dans l’absolu, évidemment, ça paraît mieux… mais je ne suis pas sûre que viser tout de suite la réussite soit le meilleur moyen d’y arriver, ça met une grosse pression !
    Dans le style, une autre vidéo TED passionnante par un spécialiste de l’éducation, qui milite pour que nos enfants aient droit à l’erreur. Si on a peut se tromper et que ce n’est pas grave, on peut inventer. Si on est dans une perspective « échec ou réussite », c’est très formatant comme perspective… et quel stress si on échoue !

    http://www.ted.com/talks/ken_robinson_says_schools_kill_creativity.html

    (et là je m’aperçois que la vidéo a disparu de mon article, oups !)

  • Répondre La vie en presque rose 31 mars 2013 at 13 h 47 min

    J’aime beaucoup les Ted conférences. J’en avais vu une sur le pouvoir du sourire, extra !

  • Répondre Sosso 1 avril 2013 at 12 h 54 min

    Je comprends. En fait, ce que je voulais dire, c’etait plus du « tu peux le-faire »

  • Répondre anacoluthe 1 avril 2013 at 23 h 10 min

    @La vie en presque rose : ah mais n’est-ce-pas qu’une conférence TED et un bon thé, c’est juste un moment parfait ?!
    (m’en vais chercher celle sur le sourire…)

  • Répondre anacoluthe 1 avril 2013 at 23 h 12 min

    @Sosso : ouep, croire que oui, c’est possible, you mean, I see… (l’abus de TED, je parle bilingue !)

  • Répondre Le DIY 10 secondes : la bottine à pompon ! | la vie est une anacoluthe 2 avril 2013 at 8 h 47 min

    […] cela ne tienne, j’ai décidé de m’engager toute seule sur la route de la satisfaction, en tentant de me fabriquer moi-même des boots à pompons. Oh, mais comment donc […]

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