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S’offrir du futile

13 novembre 2012

Parfois, je ne sais pas pourquoi, j’attends des mois avant de m’offrir ce que je veux absolument. Peut-être parce qu’il y a trop d’enjeu, trop d’envie, justement ?

Cas d’école (mais d’une école où ce serait moi, l’étude. Et moi aussi l’élève et puis le professeur) avec le cas du canapé. Des mois que je voulais offrir à mon canapé fifties un je-ne-sais-quoi qui le dévergonderait. Car oui, je l’aime comme il est, ses lignes strictes, ses pieds sages, son uniforme entre gris et taupe, mais je savais que je l’aimerais plus encore habillé d’un ou deux coussins et d’un plaid.

Des mois passés à pinterester frénétiquement tous les coussins que je jugeais digne de se poser sur mon canapé. Des mois à comparer les plaids disponibles sur le marché.

Et puis rien.

Franchir le pas de l’achat semblait au-dessus de moi, comme si je me disais qu’il y aurait toujours un après, un autre coussin encore plus-mieux-bien, un plaid plus chaud-plus beau, et que sitôt mon choix fait, je le regretterais. Ne rien faire par peur de mal le faire, paradoxe du perfectionniste, une forme de procrastination esthétique, en somme.

Dimanche dernier, je me suis précipité chez Ikéa comme certains dans la mer glacée, sans réfléchir pour ne pas reculer. Foule compacte, enfants qui pleurent, et dans le grand sac jaune et bleu, hop hop, je glisse un et deux coussins, un plaid anis et je m’enfuis vers la caisse.

 J’avais acheté, j’avais agi.

17€97 de courage déposés en offrande sur mon canapé, et désormais quand je m’assieds, je me demande ce qui m’a tant fait attendre. J’aurais dû comprendre avant que le futile est une arme redoutable contre la peur, car il redonne aux choses leur juste valeur : dérisoire.

 

Canapé en phase procastinatoire

Canapé en mode « go-go-go ! »

 

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8 Commentaires

  • Répondre Stelda 13 novembre 2012 at 12 h 39 min

    Procastinatrices de tous les pays, unissons-nous :)) Comme toujours, j’aime la légèreté poétique et grave de ton billet. Merci Anacoluthe.

  • Répondre 4enfants2bras 13 novembre 2012 at 13 h 12 min

    Le futile est toujours utile, graâââve (comme disent les ados volubiles)… J’adore mes périodes de futilité, parce que comme tu le dis super bien : la futilité, ça rend léger, ne serait-ce que pour quelques instants… loin de toute pesanteur, de prises de tête relou !!!
    Vive le futile…
    (et puis, on peut toujours se justifier en se disant que tu joints l’utile à l’agréable : parce que grâce à ce plaid trop beau, tu auras les pieds au chaud et tu évitera de te choper un rhume, qui comme chacun sait arrive par les pieds. Et les coussins te caleront le dos, les douleurs lombaires seront oubliées… Donc, tu ne fais pas dans le futile, mais dans l’utile à la société en faisant faire des économies à la sécu !)…
    Bravo Anacoluthe !

  • Répondre anacoluthe 13 novembre 2012 at 14 h 04 min

    @Stelda : mais attends, toi qui m’épate tellement par la quantité et la qualité de tes billets (les deux à la fois, c’est très rare dans le fabuleux monde des blogs en général et des blogs mode en particulier) je ne peux pas croire que tu procrastines !! merci à toi…

  • Répondre anacoluthe 13 novembre 2012 at 14 h 07 min

    @4enfants2bras; ah ah, je t’engage sur le champ comme « déculpabilisatrice en chef », très utile en phase post-craquage. Utile à la société en évitant de creuser le trou de la Sécu grâce à mon plaid, c’est énooorme (comme disent les pas ados)

  • Répondre La vie en presque rose 14 novembre 2012 at 13 h 06 min

    La couleur, c’est la vie ! Et si tu te faisais les ongles en rose aussi ?

  • Répondre anacoluthe 17 novembre 2012 at 20 h 03 min

    @La vie en presque rose : dixit l’expert es ongles !

  • Répondre sosso 26 novembre 2012 at 16 h 46 min

    Mais je suis exactement comme toi ! Le pire est que je sais souvent ce que je veux, mais je ne sais pas pourquoi, je tergiverse (le mot que je sais parfaitement écrire mais prononcer à haute voix, hum…) pendant des semaines et des semaines. Souvent l’objet du désir me passe sous le nez. Et je me dis que la prochaine fois, je foncerai. Et en fait non.
    Depuis la rentrée, je veux une chemise en jean. Argh

    (et le slogan « vive le futile » j’adhère !)

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 17 h 47 min

    @sosso : c’est pas évident, hein, de trouver le juste milieu, entre nos désirs dont on se dit qu’ils sont juste provoqués par notre ultra-société de consommation, et nos vrais désirs qu’on devrait assouvir ! L’objet, objet de nos tourments du XXIème siècle !

  • Répondre à anacoluthe Annuler Répondre