Maman

La première fois

27 août 2012

 

Samedi 17 juin 1980, à 16h28, je m’élançais pour faire ce qui devait être mon premier tour à vélo, Place Saint Sulpice, Paris, VIème arrondissement, France. Mon premier tour à vélo sans petites roulettes.

Souffle sur le visage, pigeons qui s’envolent, nattes ébouriffées, cacophonie de la fontaine. Les doctes évêques depuis leur perchoir semblaient bénir mon premier acte de liberté tangible, cet espace qui s’ouvrait devant moi, au-delà du vélo rouge, et qui se clôturait derrière, par ma robe Liberty gonflée dans le vent.

Mon premier acte de liberté tangible avait le parfum d’un quartier bourgeois parisien, où mes parents avaient choisi de revenir, en souvenir de leur jeunesse. Leur jeunesse tourna court quelques mois plus tard, sous les assauts des voitures qui toutes les nuits les réveillaient, notre appartement du boulevard Saint Germain étant stratégiquement situé au dessus du feu rouge qui borde le boulevard à la croisée de la rue Saint Guillaume.

Ainsi s’acheva mon enfance germano-pratine, quelques années seulement, mais pourtant, ce sentiment persistant que là est la maison, la maison d’où on s’élance, cheveux au vent, sur son petit vélo rouge.

Je ne sais pas s’il faut conférer valeur de symbole au premier tour à vélo.

Toujours est-il que 11 716 jours après ma grande première à bicyclette, c’est au tour de ma fille de s’élancer, cheveux au vent, sur son petit vélo sans roulettes.

Cela n’a pas été sans mal, pour cette petite fille qui doute tellement d’elle-même qu’elle se croyait maudite, exclue de la confrérie de ceux qui savent, sans effort, virevolter entre les obstacles, tourner, stopper, rire aux éclats, re-démarrer, la confrérie de ceux qui savent rouler.

Est-ce qu’on apprend l’insouciance ? Est-ce qu’on apprend ce sentiment qu’on pourra, malgré les difficultés, atteindre le but et la fierté ?

Ce jour-là, après deux après-midi sans démériter, après le long découragement, la tentation du renoncement, les regards de haine et d’envie lancés à ceux qui savent, quand je l’ai vue s’élancer, j’ai compris que Mini-Monstre avait un peu apprivoisé la confiance.

15 jours plus tard, elle apprenait à nager.

Ce fut un bel été.

 

***

**************

Mini-Monstre en Second a appris à faire du vélo au B-Twin village, nouveau concept initié par Décathlon, qui mêle espace de vente, de détente, et pistes cyclables, le tout à l’abri de la pluie (les lillois apprécieront cette précision à sa juste valeur).

Mon avis détaillé sur l’endroit est à lire sur Yelp, un site que je vous recommande vivement, à la croisée du réseau social et du site d’avis. Idéal pour dénicher de  nouvelles idées de sorties… ou valider (ou pas !) celles qu’on projetait de faire !

***

**************

****************************

Rendez-vous sur Hellocoton !

Vous aimerez peut-être aussi ...

2 Commentaires

  • Répondre Cilaïne 28 août 2012 at 19 h 34 min

    trop la classe de se lancer à vélo Place Saint Sulpice !
    Bravo à ta filloute…j’avoue que la mienne ne sait toujours pas….c’est ma honte (non pas qu’elle ne sache pas, mais de ne pas lui avoir encore appris) je n’ai aucune patience pour ce genre de pédagogie « physique », et trop peur d’exploser dans un dévastateur « mais que tu es gourde/nulle/empotée ! » que je regretterai aussitôt !

  • Répondre anacoluthe 29 août 2012 at 15 h 26 min

    @Cilaïne : je comprends bien le « pas la patience et pas le courage » : et c’est sans doute à cause de ça que Mini-Monstre a appris seulement maintenant… et en voyant tous les petits bouts autour d’elle qui pédalaient gaiement, je m’en voulais aussi de n’avoir pas engagé cet apprentissage + tôt, parce que + on attend, + c’est complexe !

    En même temps, on est pas toujours les mieux indiqués (nous les parents) pour aborder tout ça sereinement…

    Au BTwin Village de Décathlon, ils organisent des cours d’apprentissage (ou perfectionnement) du vélo : regarde sur internet, ça existe peut-être ailleurs ?

  • Laisser un commentaire