Humeurs

Suite. Et fin.

26 janvier 2012

Dans l’épouvantable épopée du Cochon d’Inde, on en était resté à une gale soignée (52 euros) suivie d’une chute presque sans conséquence (85 euros) avec enchaînement en boucle piquée sur une paralysie des pattes arrières heureusement enrayée (63 euros et 7 heures 48 minutes de bons soins).

J’ai crié Ouf trop vite.

Précisément au moment où notre Cookie chérie a commencé à perdre ses poils par plaque. « Hé, salut nouvelle meilleure copine » j’ai apostrophé la véto de la clinique NAC en arrivant à mon 3ème rendez-vous en un mois « on pourrait peut-être me faire une carte de fidélité, non ?! »

Après analyse des poils sous une lampe bleue, le verdict de la teigne nous tomba dessus. La teigne, ce n’est pas très grave, juste des petits champignons qui s’attaquent au poil, mais c’est extrêmement long pour s’en débarrasser… et extrêmement contagieux !

Tellement contagieux que j’ai compris à l’instant que la plaque rouge apparue sur le dos de Mini-Monstre en Second n’était pas de l’eczéma mais bien la teigne, argh !

Conclusion, en plus du traitement bien énervant de Mini-Monstre en Second et de la désinfection bi-hebdomadaire de la cage de Cookie, il fallait :

> Tous les matins, donner à Cookie sa vitamine C à la pipette.

> Tous les matins, ajouter 10 gouttes pour les douleurs articulaires à son eau.

> Tous les matins, désinfecter ses plaies à la bétadine.

> Un soir sur deux, passer un traitement sur les mêmes plaies.

Et tout ça avec gants en latex (obligatoires) et tenue d’infirmière (en option).

J’en étais à me dire que l’année 2012 était vraiment une pute borgne, à m’imposer des bonnes résolutions malgré moi :

Vous êtes une hypocondriaque notoire, ennemie jurée des bestioles, et pourvue d’un poil dans la main pour rédiger vos billets ?

Qu’à cela ne tienne, en 2012, vous allez enchaîner les billets sur un animal tout le temps malade, ouéééé !

Et puis voilà, 2012 a réellement fait sa pute…

Il y a eu ce soir, juste avant de monter me coucher, où j’ai remarqué que Cookie errait bizarrement dans sa cage. Elle semblait chercher un endroit où se cacher, ou plus exactement, un endroit où enfouir sa tête, et elle émettait des petites plaintes fatiguées que je n’avais jamais entendu.

Je suis restée un long moment à la regarder, à lui dire que ça allait aller, qu’on allait la soigner, et j’ai même remis mes gants pour pouvoir la caresser doucement…

Et puis je suis montée me coucher.

Le lendemain matin, quand mon homme est descendu, il a trouvé la petite Cookie toute raide dans sa cage.

Et moi, comme une conne, j’ai passé la journée à pleurer, et plusieurs jours après j’ai encore la gorge toute serrée quand je la revois errer plaintive et fatiguée.

Je sais bien que c’est absurde de pleurer un rongeur comme il y en a tant, alors que je me suis réjouie à chaque nouvelle souris tuée.

Peut-être que m’en occuper tant, essayer de la comprendre, l’avait rendue différente à mes yeux ? Peut-être que c’est douloureux de ne pas savoir réellement pourquoi  elle est partie ?

Peut-être aussi que, pour moi qui aie tant de mal à m’attacher, quand j’accepte enfin de l’être, le détachement est traumatisant ?

Peut-être que tout simplement, je n’ai jamais auparavant accompagné de si près « quelqu’un » jusqu’à la fin, même un quelqu’un pas humain. « Un animal, ça apprend la vie aux enfants » dit-on souvent.

Et bien, voilà : je me pensais raisonnable, philosophe ; au bout de la vie, acceptons-le amis, la mort. Mais l’enfant en moi, celui qui n’a jamais eu d’animal, aujourd’hui vous le dit : la mort est une pute borgne.

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9 Commentaires

  • Répondre maisquelbeautemps 26 janvier 2012 at 14 h 21 min

    comment commenter? comment t’es douée pour raconter les choses de la vie!
    touchée, je suis

    je crois que je comprends la grandeur de ce truc dont tu parles, de découvrir un truc en soi qu’on ne connaissait pas

    (« truc » étant un truc de pudique, hein, on s’entend!)

    des bises

  • Répondre l'expat de biarritz 26 janvier 2012 at 15 h 55 min

    Réjouis-toi, tu viens d’économiser 80 € (soit ce que ça t’aurait coûté de la faire piquer pour abréger ses souffrances).

    (Et, oui, le cynisme est mon armure)

  • Répondre anacoluthe 26 janvier 2012 at 18 h 54 min

    @maisquelbeautemps : merci et des bises aussi (comment répondre à ton com’, je me le demande aussi, mais entre pudiques, on se comprend, dis…)

  • Répondre anacoluthe 26 janvier 2012 at 18 h 57 min

    @l’expat de biarritz : ça sauve souvent, le cynisme, hein ! et puis, de la tristesse au cynisme – humour triste – il n’y a pas bien loin à aller…

  • Répondre electromenagere 27 janvier 2012 at 9 h 29 min

    Ce qui est rassurant c’est que même l’être le plus insignifiant de la terre peut provoquer des sentiments nobles donc que quelque part le monde est bien fait et l’humanité digne d’être sauvée. Ceci dit « tout est bon dans le cochon d’Inde » il est donc logique qu’on le pleure.

  • Répondre anacoluthe 27 janvier 2012 at 18 h 54 min

    @electromenagere : je dois dire que souvent, me dire que « cela est humain » ça me fait comprendre – et accepter – beaucoup de choses…

  • Répondre Blogueuse égarée 1 février 2012 at 21 h 56 min

    Oh ben oui, moi aussi je m’étais attachée à elle. Paix à son âme rongeuse.

  • Répondre anacoluthe 1 février 2012 at 23 h 41 min

    @Blogueuse égarée : c’est l’effet saga, ça ! Oui, repose (et ronge) en paix petite Cookie…

  • Répondre Les visiteurs médicaux du mercredi 14 mars 2012 at 11 h 46 min

    […] si à toute chose malheur est bon, de la terrible épopée du Cochon d’Inde, il sera au moins sorti un événement positif : les Monstres sont devenus […]

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