Humeurs

Cache-cache-poussière

7 décembre 2011

Loin de moi l’idée de dénigrer le luxe qu’est : avoir une femme de ménage.

Oui, je sais que pour certaines, ranger-ordonner-classer est un plaisir qu’elles ne délégueraient pour rien au monde, mais quant à moi, faire ma compta me permet amplement d’atteindre mon quota mensuel de ranger-ordonner-classer.

Du coup Raaaaaah, rentrer chez soi et retrouver une maison propre et rangée, est un luxe-calme-et-volupté que je ne me permettrais pas de dénigrer.

Mais ceci ne m’empêche pas de me plaindre au 3ème degré le blog c’est pas la vraie vie merci de cette insupportable lubie imposée par ma harpie domestique : le jeu du cache-cache-poussière !

Bon alors, les règles de ce jeu ne sont pas formellement définies, mais en gros, faut savoir que ma femme de ménage est maniaco-hystérique de l’ordre. Forcément, c’est dans le profil-poste de sa profession.

Un truc qui traîne ? Hop, elle le range. Enfin, ranger… planquer, plutôt ! « Menfin OU est passé ce sgrogneugneu de biiiiiiiip ????!!! » est devenu ma phrase préférée post-passage ménager.

Par exemple, dans la chambre, elle range toujours mes pantalons qui traînent dans le placard de mon homme, mes pulls qui traînent dans le placard de mon homme, mes chaussures qui traînent dans le placard de mon homme. Ou alors, c’est un message codé qu’elle me fait passer « Madame, je n’aime pas votre style boyish ? »

"Plus un geste ! Reposez immédiatement ce pantalon là où vous l'avez trouvé !"

Le cache-cache-poussière a une variante particulière qui ne s’applique que près de mon lit : le jeu du chat-bouteille. Oui, la nuit, parfois, je bois de l’eau – comme quoi… 65% des français ? – d’où la présence d’une bouteille en plastique entamée au pied de mon lit. Eh bien, ma femme de ménage jette systématiquement cette bouteille sauf si je l’ai placée en hauteur sur la table de chevet : chat-bouteille, je te dis !

Dans la cuisine, on assiste à un véritable conflit de civilisation : je suis dans le camp des « plats de service et plats de cuisson mélangés pourvu que les placard ferment » (oui, bon, je dois refaire ma cuisine depuis 3 ans…) tandis que ma femme de ménage est pour la ségrégation stricte des ustensiles, bordel ! (ou pas, justement)

Et comme on se la refait toutes les semaines, cette bataille m’épuise nerveusement…

Remarque, ça ne vaut pas la guerre psychologique livrée par la femme de ménage d’une copine, qui s’évertue passage après passage à ranger les boîtes de conserve par ordre de taille avec « piste d’atterrissage pour main », soit une zone bien dégagée au centre du placard, tandis que ma copine, elle, aspire à un bête rangement par catégorie : légumes avec légumes, sauce avec sauce, etc, avec optimisation de TOUT l’espace disponible…

" Je vous préviens, j'ai une bombe lacrymo et je vais m'en servir !"

Pour en revenir à mes torchons-serviettes bien séparés, dans le salon-bureau, le cache-cache-poussière atteint son apogée avec un système très élaboré dit de « la pile planquée ». Tout ce qui ressemble de près ou de loin à un papier – dessin, facture, notice, enveloppe à poster – est méticuleusement entassé en pile au carré, puis habilement planqué là où ça se voit pas.

En  même temps, « la pile planquée » a son utilité : tiens, à la Rentrée de Mini-Monstre Premier au collège, par exemple, ça m’a sauvé ! Je t’explique :

La veille de la Rentrée, à la réunion des parents de 6ème, la prof principale nous explique que les fournitures scolaires seront livrées dès demain « pour les parents qui ont passé leur commande en juin par notre intermédiaire, bien sûr »

Pour les autres… pfff, je jette un regard condescendant aux imprévoyants qui n’ont pas – comme moi – rempli les 3 papiers demandés, joint un chèque signé-daté, le tout en temps et en heure…

En rentrant de la réunion, j’avise discrètement une « pile planquée » qui a refait surface pour une raison inexpliquée.

Et au milieu de cette pile, sous des papiers de bonbons, je retrouve l’enveloppe timbrée avec les 3 papiers demandés le chèque signé-daté que j’aurais du poster mais que j’ai oublié vu que putain de pile planquée cette fois c’est sûr je vais le tuer !

Oui, parce que – réaction bien naturelle et fort compréhensible si toi aussi tu es une fille – je m’empresse d’accuser la première personne qui se trouve à côté de moi – mon homme – d’avoir planqué il y deux mois cette enveloppe prête-à-poster. « Mais si, c’est toi, tu fais TOUT LE TEMPS, ça ! C’est ta manière de ranger, ne nie pas ! Et QUI va devoir courir acheter TOUTES les fournitures 3 fois le prix à la veille de la Rentrée dans les magasins bondés, QUI, hein ?! »

Après dix minutes de négociation musclée, nous sommes parvenus à un accord satisfaisant les deux parties en présence : on a mis ça sur le dos de la femme de ménage maniaco-hystérique. Comme quoi, c’est hyper utile, la technique de la pile planquée.

Psittt : Mensongeries, tout ça, en vrai, cette femme, je l’aime…

"Allez, on fait la paix, on s'embrasse ?"

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2 Commentaires

  • Répondre Blogueuse égarée 10 décembre 2011 at 23 h 15 min

    Tu l’aimes ET tu l’embrasses sur la bouche ? C’est un peu trop de familiarité, si tu veux mon avis. Pas de DSKasme.

  • Répondre anacoluthe 13 décembre 2011 at 23 h 37 min

    @Blogueuse égarée : mais enfin, que vas-tu imaginer, ces deux pschitt-pschitt s’embrassent sur la joue (mais sur un pschitt-pschitt, la bouche est très proche de la joue, je te l’accorde…)

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