Tourisme & Sorties

Ma nuit chez Starck

10 novembre 2011

Dormir à Paris avec des enfants le temps d’un week-end, ce n’est pas évident.

Il y a bien la solution du squat chez les amis, mais quand on a coutume d’appeler ses enfants « les Mini-Monstres », on court le risque que ses amis ne le soient plus après le week-end.

J’ai envisagé la possibilité de l’hôtel Amour mais j’ai rapidement compris que – si cet hôtel ultra romantique favorisait la fabrication d’enfants en ses murs – il n’en assurait pas le service après-vente : « Une suite familiale, non non, ça n’existe pas chez nous. Ah non, on ne peut pas rajouter de lit dans une chambre. Et pas de chambres communicantes, non plus... »

Et puis, j’ai appelé mon ami Philippe.

Philippe Starck, mon ami dedans mes rêves, a en effet imaginé dans le 20ème arrondissement l’hôtel Mama Shelter, qui – avec un nom pareil – se devait d’être un refuge familial accueillant : nous avons donc pu y passer la nuit du samedi soir dans deux chambres communicantes.

« Tu sais Maman » m’a expliqué Mini-Monstre en Second quelques jours après « Moi, j’ai bien aimé Mama Shelter, parce que, tu vois, c’est pas juste un hôtel, c’est… du plaisir… »

Voilà. C’est ça. Et c’est exactement pour ça que Philippe Starck est mon ami dedans mes rêves : parce qu’il sait le pouvoir des idées.

Je trouve ça tellement réconfortant de se dire qu’il y a tant d’hôtels chers et pourtant si laids à Paris – débauche de marbre, faux Louis XVI et couvre-lit fleuri – et que là, avec peu de moyens mais beaucoup de créativité, Starck a fait un hôtel où on se sent si bien…

Et comme souvent – leçon apprise dans mon travail et que je tente d’appliquer à ma vie privée – c’est en partant de la contrainte qu’il a inventé. « Si seulement » se dit-on souvent en déplorant que la réalité ne soit pas aussi belle qu’on la voudrait. Et en passant à côté de ce pouvoir qui nous a été donné, celui de transformer, innover, créer, en intégrant les difficultés à nos idées.

D’après ce que j’ai lu, le cahier des charges du Mama Shelter, c’était de « faire avec » les dimensions des chambres plutôt exiguës. J’imagine aussi que la décoration devait être « modeste » pour que les prix le soient aussi (chambre à partir de 89€).

De la chambre a priori petite et sombre, Starck a fait un refuge chaleureux – littéralement Mama Shelter ! – murs béton et gris anthracite, éclairage tamisé, moquette noire calligraphiée.

Et cette modeste idée géniale : de chaque côté du lit, une lampe torche industrielle, avec – en guise d’étonnant abat-jour – un masque de farce et attrapes. En face du lit, point de télévision, mais un écran de Mac. Sur le Mac, un logiciel, permettant de se prendre soi-même en photo, et de s’envoyer les clichés par mail. On peut aussi consulter les photos des clients qui nous ont précédé. Des clients masqués.

Car là est l’idée : l’abat-jour-masque avec lequel on peut jouer à se faire peur, à se faire rire, à se photographier… Bien sûr, les enfants ont adoré (nous aussi) !

Et puis, autre contrainte du projet Mama, le quartier, au bout du bout de Paris, à 10mn du métro. Tu sais cette impression qui peut saisir le touriste de passage, quand il rentre à l’hôtel : la vraie vie est ailleurs, la vie de la ville, dont il est étranger. On aurait pu craindre cela puissance 3 en s’exilant dans cet hôtel excentré.

Je suis sûre que mon Philippe y a pensé, lui qui passe sa vie à voyager. Alors, au rez-de-chaussée, il a imaginé deux restaurants tellement agréables que même les Parisiens viennent y passer la soirée. Nous y sommes arrivés à 23h (après 6h d’enregistrement chez Gulli, tu te souviens ?) Eh bien, la salle était pleine, 2ème service, avec un DJ aux platines, ses amis qui dansaient et les gens qui riaient…

Et à côté, dans le restau pizza du Mama, une longue table commune à carreaux, où l’on s’assoit près de gens qu’a priori on ne connaît pas.

« Mama loves you » signe l’hôtel à chaque message adressé à ses clients, et c’est vraiment ce qu’on y ressent – amour et humour réunis – et ce même si les dit-clients sont – horreur ! – des enfants !

Alors petite suggestion à l’hôtel Amour : et si vous mettiez un peu plus votre nom en pratique, chiche ?

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6 Commentaires

  • Répondre Camille 11 novembre 2011 at 0 h 00 min

    J’ai hyper envie, moi, de temps en temps, comme ça, POF, de me payer une nuit d’hôtel. A Paris.
    Pour voir.

  • Répondre anacoluthe 11 novembre 2011 at 23 h 42 min

    @Camille : Alors là, Miss Camille, je suvalide cette idée d’être un touriste dans sa propre ville… Parce que je suis sûre que ça permet de « voir » autrement, justement !
    (tu peux faire passer ça en frais d’études, peut-être ?!)

  • Répondre l'expat de biarritz 12 novembre 2011 at 10 h 11 min

    C’est très très tentant !!! (devant la galerie photos de leur site j’y étais presque !)

  • Répondre anacoluthe 14 novembre 2011 at 10 h 24 min

    @l’expat de Biarritz : c’est vrai que leur site est aussi super beau !

  • Répondre Le Traphilo pour les Nuls© | la vie est une anacoluthe 1 mars 2013 at 16 h 24 min

    […] de ces comportements est promise-certifiée-jurée. Signée la fille qui est persuadée d’avoir Philippe Starck comme […]

  • Répondre Quelques heures à Marseille en 2013… | la vie est une anacoluthe 3 mai 2013 at 11 h 25 min

    […] déjà déclaré ma flamme ici à mon ami dedans-mes-rêves, Philippe Starck, artisan de bons moments au Mama Shelter […]

  • Répondre à l'expat de biarritz Annuler Répondre