Maman

Dear Sixteen… (Maman d’ado #8)

11 octobre 2016

happy-sixteen

Ma choupinette,

Tu n’imagines pas comme je suis soulagée d’apercevoir une éclaircie dans ce brouillard que fut pour moi ton adolescence.

Parent d’adolescent, c’est vraiment une catégorie à part dans le grand lexique des parents fourni avec tout bébé lors de sa naissance (lexique rédigé en sanscrit par un psychopathe sous acide, ceci explique cela).

Pour te situer l’égarement dans lequel je me trouvais, j’ai passé des années à me demander alternativement où on avait pu merder et où tout cela allait nous mener. Et puis, l’éclaircie surgie des nuages. Le panneau indicateur sur le chemin de campagne. Le caravansérail au milieu du désert. L’auberge sur… enfin, je crois que tu as saisi l’idée.

Tu as trouvé ta voie, et cela éclaire la mienne.

Ce choix d’une première dans un lycée-école d’art belge, en spécialisation photo, aurait sans doute effrayé beaucoup de parents. Nous pas du tout. Car si l’un de nous deux fut mauvais élève et l’autre bon, nos deux extrêmes se sont rencontrés sur ce point : l’école – qu’on y excelle ou qu’on y échoue – l’école telle qu’on la propose majoritairement en France, est finalement peu de choses dans la réussite d’une vie.

« Réussir » à savoir qui l’on est, ce que l’on aime, faire des choix en conscience, et se donner les moyens d’y arriver, rencontrer, écouter, être curieux et passionné, ne sont pas des choses que l’école enseigne en priorité, et pourtant ce sont des choses essentielles pour suivre son chemin d’être humain. Parce que c’est quand même cela, votre avenir, même si on a tendance à l’oublier, devenir un humain dans cette société, pas juste passer-son-bac-étudier-exercer-un-métier !

Et voilà, je crois, ce que cette année tu apprendras. Toi, ma fille aussi sensible que ce papier photo que tu vas impressionner. Toi et ton regard perçant depuis la première enfance, fixant les passants depuis ta poussette à tel point que c’en était pour eux troublant. Toi, l’indomptable, qui enfin a compris que tu étais ton meilleur ennemi comme ta meilleure amie, bien plus que les autres honnis. Toi dont je n’ai jamais douté de l’intelligence et de la maturité, même si les faits, les notes, les fâcheries, semblaient si souvent démontrer le contraire.

J’espère que ces 16 ans te feront aussi comprendre que, même si tu as si souvent cru le contraire, nous avons fait pour toi des choix aimants, même si tu les as détestés sur le moment.

Parent d’adolescent, ce n’est pas facile. C’est même très déstabilisant. On navigue à vue, avec ce qu’on a plus tôt semé, en espérant qu’un jour cela va germer.

Après l’hiver, vient le printemps, et je crois que pour nous, c’est maintenant.

Joyeux 16 ans ma choupinette, xoxo,

Maman

 

 

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17 Commentaires

  • Répondre lela1981 11 octobre 2016 at 9 h 40 min

    Ce texte est juste magnifique ! Superbe témoignage d’un parent qui fait juste de son mieux pour guider son enfant…..parfait…..et comme je partage ton avis sur l’école…..Joyeux anniversaire à ton ado !

    • Répondre anacoluthe 11 octobre 2016 at 11 h 26 min

      @lele1981 : merci… oui, on fait de son mieux, on fait ce qu’on peut, parfois bien, parfois mal aussi, dur dur métier que celui de parent !

  • Répondre Marie 11 octobre 2016 at 13 h 08 min

    Toujours aussi plaisant de te lire, enthousiasmant, émouvant. J’adore! Happy Bday Sweet Sixteen.

    • Répondre anacoluthe 12 octobre 2016 at 23 h 52 min

      @Marie : merci, je suis touchée… bon, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup à lire en ce moment 😉

  • Répondre lespetitesm 11 octobre 2016 at 14 h 11 min

    Je découvre ton blog par ce post qui me fait un bien fou!
    Tes mots sont si justes!
    Merci :)

    • Répondre anacoluthe 12 octobre 2016 at 23 h 55 min

      @lespetitesm : merci et bienvenue alors (vu qu’il est tard et que j’ai les yeux fatigués, j’avais lu vite fait que ton pseudo était « les petites SM » mouah ah ah !)

  • Répondre Lucky Sophie 11 octobre 2016 at 14 h 40 min

    C’est beau ! <3
    J'y rentre à peine dans cette période, et j'espère que quand on verra le bout du tunnel ce sera aussi bien ! :-)

    • Répondre anacoluthe 12 octobre 2016 at 23 h 55 min

      @lucky sophie : hé hé, bonne chance alors ! (je ne sais pas si c’est forcément dur pour tout le monde… sinon plus personne ne ferait d’enfant 😉

  • Répondre linette 11 octobre 2016 at 16 h 56 min

    C’est bien vous avez tenu le cap, avec amour et attention. Aujourd’hui je suis une Mamie fière de ses enfants et petits enfants. Non pas car ils ont « une bonne situation » !!!!! mais parce qu’ ils SONT des humains de bonnes qualités. Nos valeurs sont passées auprès d’eux. Je crois que vous faîtes de même avec votre enfant, elle se rendra vite compte qu’avoir des parents attentifs et aimants même si qqfois c’est « pesant » (expérience) c’est infiniment plus constructeur que des parents indifférents. Le manque d’amour ont ne s’en remet jamais. Bonne continuation et heureux anniversaire, plein d’avenir joyeux.

    • Répondre anacoluthe 12 octobre 2016 at 23 h 59 min

      @Linette : hum je ne sais pas si je peux vraiment considérer mon bilan comme ça, me dire que j’ai su « tenir le cap » ou donner toute l’amour et l’attention possible… j’ai l’impression d’avoir bien souvent merdé, d’avoir été tellement découragée que j’avais envie d’abandonner pendant cette période spécifique de l’adolescence… enfin, je veux dire que je n’avais pas la sérénité intérieure de celle qui se dit qu’elle fait ce qu’il faut faire, malheureusement… Je trouve ça dit, vraiment dur, la remise en question permanente que nous font vivre les ados !

  • Répondre Isa-monblogdemaman 12 octobre 2016 at 19 h 49 min

    Comme cela doit être rassurant de voir son enfant se révéler et non plus se chercher. Joli texte.

    • Répondre anacoluthe 13 octobre 2016 at 0 h 01 min

      Oui, ça me rassure pour elle parce que j’ai tout simplement envie qu’elle soit heureuse, et puis ça me rassure sur le futur de notre relation (on peut sortir du conflit, ouf !) et puis ça me rassure sur le fait que ça s’arrête un jour… alors que ma deuxième y rentre de plein pied !!

  • Répondre Chris 13 octobre 2016 at 14 h 57 min

    Quel beau texte plein d’amour, d’humanité, de lucidité ! L’adolescence de ma fille a été très très difficile. Maintenant je sais en partie pour quelle raison : être adolescente c’est pas facile mais être adolescente et Asperger (donc se rendre compte d’être encore plus différente des autres mais ne pas savoir et comprendre pourquoi) alors là…
    Joyeux anniversaire à Sweet Sixteen.

    • Répondre anacoluthe 17 octobre 2016 at 18 h 44 min

      C’est vrai que la différence est quelque chose de très compliquée à l’adolescence, qui plus est pour cette différence invisible aux yeux des autres, et même aux yeux de soi dans un premier temps ! (ça m’a frappé avec le trouble de l’humeur de ma fille : comprendre pourquoi elle réagissait comme ça versus les réactions des autres fut d’abord un soulagement, mais c’est compliqué pour elle que les autres ne « voient » pas physiquement qu’elle est différente – puisque c’est une différence dans le fonctionnement neuronal – et donc bien souvent ne la comprennent pas)

  • Répondre manuecervin 16 octobre 2016 at 19 h 55 min

    Je suis à 100 % sur la même longueur d’onde que toi : ce qui m’importe c’est que mes filles soient bien dans leurs baskets, dans leur tête … du coup j’avoue que je suis assez détachée de leurs notes (mais le papa qui est plus attaché aux résultats scolaires veille) ; j’ai taché de leur faire comprendre qu’elles travaillent avant tout pour elles et je pense qu’elles l’ont bien intégré. Elles sont en 2nde ; jusqu’à la semaine dernière, elles n’avaient émis aucune orientation et puis cette semaine, elles nous ont annoncé viser la filière scientifique : papa est content, moi étonnée parce que je m’attendais plus à une filière littéraire ou artistique mais contente aussi.
    En dehors de la scolarité, je dois dire que je prends cher depuis 1 an : en gros tout ce que je peux faire, dire est naze la plupart du temps et puis parfois (très rarement) j’ai un court moment de connivence, un « instant de grâce » …
    Maman d’ado c’est pas simple, maman d’ado fille c’est vraiment pas simple mais maman d’ados filles jumelles … c’est pour çà que moi aussi je vais bosser plus souvent le samedi matin !

    • Répondre anacoluthe 17 octobre 2016 at 18 h 48 min

      Je me demande effectivement dans quelle mesure ce n’est pas plus compliqué, la position de mère de fille ado, il y a vraiment cette construction/opposition envers un modèle immédiatement disponible sous la main (ce qui d’ailleurs est parfois troublant quand soi-même on ne se sent pas « modèle », je veux dire pas absolument sûre de qui on est en tant que femme !). Maman de jumelles je n’ose pas imaginer 😉

      ah ah, des scientifiques, et oui, c’est ça aussi, réaliser que nos enfants suivent leur propre chemin… j’ai toujours dit que ce serait pour moi traumatisant qu’elles veulent devenir comptable 😉

  • Répondre ellea40ans-Stéphanie 10 novembre 2016 at 14 h 10 min

    Ce texte est magnifique et il me donne de l’espoir 😉

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