Maman

Le pragmatisme de la carotte

12 mai 2016

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Que le parent qui n’a jamais eu recours à ce principe éducatif me jette la première carotte (cuite SVP).

Et par la même occasion, qu’il rende à son patron sa prime de fin d’année gagnée à la sueur de son front ^-^

Or donc, depuis un mois, nous carottons à fond avec notre pré-ado. L’enjeu du premier défi : un sweat à capuche Superdry de toute beauté. Il pouvait, au prix qu’il coûtait, remarque.

Mais c’était un choix qui la motivait vraiment, et en rapport avec une passion qu’on essaie de valoriser chez elle, celle du Japon (Superdry est une marque japonaise), passion qui a commencé avec les Mangas et qui se poursuit avec « j’apprends 2 mots de japonais par jour sur mon appli japanese » !

Voilà donc le secret d’une bonne carotte : elle doit venir de l’enfant, être un enjeu suffisamment puissant pour le motiver, et être acceptable par les parents.

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Des règles du jeu qu’on n’a pas sucé de notre pouce, mais dûment définies avec le pédopsy.

Avoir un enfant cyclothymique, c’est d’abord désapprendre tout ce qu’on a toujours cru savoir sur l’éducation.

Une véritable leçon d’humilité, et un travail sur soi : il y a tant de choses sur lesquelles on n’a jamais vraiment réfléchi, à propos de l’éducation, tant de choses dont on croit que « ça se fait » ou « ça ne se fait pas », un point c’est tout. Des choses qu’on juge « absolument inacceptables » et qu’on doit tout à coup accepter du fait de la maladie.

Et puis, petit à petit, avec une prise en charge régulière, il y a heureusement énormément de progrès, et des humeurs stabilisées qui permettent d’envisager à nouveau de jouer son rôle d’éducateurs.

Différemment. Stratégiquement.

C’est ce que le pédopsy a réussi à nous faire comprendre. Nous amener à observer comment fonctionnait notre enfant, étudier les ressorts qui marchaient, et ceux qui ne marchaient avec elle.

La punition, par exemple, fonctionne plutôt mal. La carotte très bien.

Nous sommes arrivés à cette conclusion après une observation fine, et un test sur un domaine à faible enjeu. Une fois que l’hypothèse était posée, nous l’avons étendu à un autre domaine qui nous tenait plus à cœur, le comportement en famille, afin de voir si on pouvait la valider.

Autre point important : nous avons fixé des règles du jeu claires – avec un contrat écrit, et signé ! – sur les résultats attendus, et un délai maximal. Nous pouvions nous appuyer régulièrement sur « la carotte » quand notre pré-ado déviait du cap fixé.

Et quand elle a atteint son objectif, nous avons fait le point avec elle, nous avons beaucoup valorisé les efforts fournis, et « scénarisé » la remise de la carotte.

Alors, puisque ça marche, on repart sur un autre défi !

Bien sûr, pas question de mettre des carottes à tout bout de champ, certaines choses sont normales et puis c’est tout. Mais pour les efforts spécifiques, il y aura désormais une récompense spécifique. « Jusqu’au jour où elle n’en aura plus besoin, parce qu’elle aura intégré la notion d’effort de manière plus naturelle », comme nous l’a expliqué le pédopsy.

Alors bon, je ne suis pas en train de vous dire que la carotte est le nouveau miracle éducatif qui va transformer vos loulous en agneaux.

Mais je crois qu’en tant que parent, on peut gagner en sérénité à faire preuve d’un peu de « stratégie éducative », lorsqu’on souhaite atteindre un objectif qui est positif pour l’enfant comme pour les parents.

En somme, un peu moins de grands principes – souvent difficiles à tenir, et tellement culpabilisants quand on ne les respecte pas – et un peu plus de pragmatisme !

 

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6 Commentaires

  • Répondre Je ne suis pas une poule 12 mai 2016 at 11 h 47 min

    Moi je trouve que les encouragements pour faire qqch en vue d’avoir une récompense c’est toujours plus positif que de faire les choses parce qu’on a peu d’être punis. Bien sûr il ne faut pas que tout ce que fait l’enfant soit « monnayé », mais sur des points spécifiques je trouve que c’est un bon principe…. Alors vive la carotte!

    • Répondre anacoluthe 12 mai 2016 at 11 h 57 min

      C’est vrai que si on décortique le principe, il tient la route – et nous les adultes on fonctionne aussi souvent comme ça – mais je ne sais pas pourquoi c’est assez décrié, comme méthode…

      Après, c’est ce que je dis à la fin, pour moi, le plus important, c’est de trouver ce qui fonctionne avec notre enfant, la carotte est une option, mais pas la seule, et sur certains elle ne sera pas efficace… Bref, apprendre à connaître son enfant.

      L’effet bonus que je trouve top, c’est que ma fille est maintenant elle-même dans cette démarche : elle est venue me voir en me disant « tu sais, je pense que j’aime bien les to-do lists, ça me donne du courage, et puis ça me permet de m’organiser ». J’adore ! Et je me dis que si on montre à nos enfants qu’on cherche à comprendre qui ils ils sont, ils vont continuer la route : connais-toi toi-même !

  • Répondre Lela1981 12 mai 2016 at 16 h 15 min

    J’aime tellement cette conclusion : » un peu moins de grands principes – souvent difficiles à tenir, et tellement culpabilisants quand on ne les respecte pas – et un peu plus de pragmatisme ». Et pourtant tellement dure à appliquer au quotidien. Surtout avec de jeunes enfants…tu n’aurais pas une méthode pour apprendre la patience (de la part des parents envers leurs enfants) ?

  • Répondre anacoluthe 12 mai 2016 at 16 h 41 min

    @Lela1981 : pas sûre que LA méthode existe, malheureusement ;)-
    Sinon, un livre que j’ai découvert trop tard, J’ai tout essayé, d’Isabelle Filiozat :
    https://www.amazon.fr/Jai-tout-essayé-Isabelle-Filliozat/dp/2501074718/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1463063918&sr=8-1&keywords=livre+j+ai+tout+essayé

    Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est son approche neurologique : elle décrypte ce qui se passe dans les cerveaux des jeunes enfants, et qui explique leur comportement. Elle donne quelques astuces éducatives aussi.
    Mais je trouve que c’est déjà énorme d’arriver à se comprendre que l’enfant ne fait pas ça « juste pour nous emmerder » mais parce que – par exemple – il n’est neurologiquement pas mâture pour comprendre des notions telles que « dans 5 mn » ou « demain »… Ca aide à prendre du recul en tant que parents… mais que ce n’est pas facile, être parents de jeunes enfants, c’est vrai !!

  • Répondre Marylin 13 mai 2016 at 20 h 23 min

    BRAVO !
    C’est trop classe de lire un article comme ça chez toi, ça me met en joie :)
    Bravo à toute la famille !

    • Répondre anacoluthe 16 mai 2016 at 19 h 02 min

      oui, tu vois, il y a du mieux depuis qu’on s’est vues ! (et encore du chemin aussi, mais on voit un chemin, c’est déjà énorme !!)

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