Maman

Belle-doche

26 janvier 2016

belle-doche-petite
J’ai franchi une étape supplémentaire sur l’échelle de l’Epiphanie, celle qui vous fait vous écrier ‘mon dieu mais hier encore c’était un bébé !’.

Les premiers pas, la maternelle ou l’entrée au collège, passe encore. On écrase une larme au coin de l’œil et on repart main dans la main avec son plus-bébé-mais-presque, aussi confiant en l’avenir radieux que le soviet suprême.

Pour la baffe dans la gueule, il faut attendre ce dimanche de décembre à 12h18, quand vous voyez débarquer dans votre salle à manger un jeune garçon bien sous tous rapports, poli, gentil, sachant élaborer des phrases sujets-verbe-compléments avec une aisance déconcertante.

Vous avez invité – sous la pression de votre mon-œil-bébé – le petit copain de votre fille à déjeuner et plus rien ne sera comme avant :

Vous voilà désormais installée dans la position forcément casse-gueule de la belle-doche.

Déjà, il a fallu savoir quoi préparer pour le déjeuner, soit de longues heures de tractation avec votre descendance (un menu pas vieux cons coincés mais pas djeune à tout prix non plus, pour vous situer le débat gastronomique).

Puis il a fallu déterminer de quoi on allait parler – pas vieux cons coincés mais pas djeune à tout prix aussi.

Je crois qu’on s’en est à peu près bien tirés.

Ce qui signifie que nous n’avons pas fait honte à notre fille, minimum syndical. Voire même que nous avons réussi à placer quelques répliques drôles minutieusement préparées. On a frôlé le hors-jeu avec un enchaînement un tantinet insistant de questions du type ‘et tes parents ?’, vite rattrapé grâce à quelques coups de pied sous la table.

A la fin de la journée, exténuée, j’ai repensé à ce dimanche de décembre où j’ai débarqué dans la salle à manger de parfaits inconnus, qui avaient sûrement longuement élaboré ce menu que j’avais avalé sans y prêter attention, et qui me posaient des questions avec un détachement feint, dont je mesure aujourd’hui l’effort qu’il avait dû leur coûter.

Lorsqu’on devient parent, on fait preuve de bien plus de bienveillance à l’égard de ceux qui nous ont élevé, et je réalise maintenant, en le vivant, que le phénomène est probablement le même à l’égard de ses beaux-parents… Salut à Toi, Belle-doche, tu n’as pas failli !

 

Non, cette photo n’est pas la table que j’avais préparé en Belle-Doche exemplaire, mais celle d’une tartine réalisée lors d’une soirée blogueurs dans le nouveau Pain Quotidien du Vieux-Lille, en présence d’Alain Coumont himself, fondateur du concept en 1980. Et vous avez vu le secret d’une bonne tartine : la déguster juste à côté de sublimes roses anciennes !

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9 Commentaires

  • Répondre MissBrownie 26 janvier 2016 at 11 h 26 min

    Déjà !
    Ici, je sais que MrRéglisse n’autorisera pas avant la majorité des doudoux 😉
    Chez les voisins, la grande a ses petits copains qui dorment chez eux depuis qu’elle est en 1ère. On en a vu plusieurs passer.

    • Répondre anacoluthe 26 janvier 2016 at 13 h 37 min

      @MissBrownie : eh oui, 15 ans, le lycée toussa… Non mais en fait, je ne m’y attendais pas du tout, j’avoue 😉 Mais comme c’est vraiment un adorable garçon, le choc de devenir belle-doche est un peu atténué !

      (Dormir à la maison, ce sera no way, que les choses soient claires !!)

      (rhooooo, la perfidie de ta remarque mine de rien « on en a vu plusieurs passer » 😉 😉 )

  • Répondre Amiral Dourakine 26 janvier 2016 at 13 h 37 min

    Je suis sûr, archi sûr que tu as été mieux que bien, comme d’habitude.
    Moi je me souviendrais toujours de mes efforts maladroits à l’égard d’un jeune « poli-bien-sous-tous-les-rapports » qui (je le croyais) émouvait ton jeune coeur et dont tu m’as dit en confidence bien des années après : « Je l’ai revu récemment, c’est une folle ».

    • Répondre anacoluthe 26 janvier 2016 at 13 h 44 min

      ah ah, oui, je ne pense pas avoir employé le mot folle que je n’utilise pas, mais il préférait effectivement les garçons, et même si je le savais pas à l’époque, il n’y avait aucune ambiguïté dans mon esprit, c’était vraiment « juste un copain » qui ne me plaisait pas du tout (mais c’est curieux de se dire que de l’extérieur on pouvait donner cette impression…)

  • Répondre l'expat de biarritz à Genève 26 janvier 2016 at 15 h 31 min

    Je garde un souvenir ému de la première fois où mon petit copain est venu à la maison un samedi après-midi (juste pour chiller, pas de déj officiel). Quand il est arrivé, bien élevé, il a salué mes parents. J’ai juste dit : « Papa, je te présente mon ami Ivan », mon père lui a serré la main et l’a gratifié d’un « bonjour Monsieur » qui plantait le décor. (nous avions 14 ans)

    • Répondre anacoluthe 9 février 2016 at 11 h 05 min

      ah oui, de quoi mettre bien à l’aise un jeune homme de 14 ans, en effet 😉

  • Répondre Marylin 27 janvier 2016 at 17 h 52 min

    Huhuhu !
    Mais qu’est-ce que tu me fais marrer, j’te jure !
    En plus, moi je suis pas bien d’accord avec le fait de perdre toute spontanéité avec le nouveau venu : t’es comme t’es et s’il est pas contente et/ou si t’a fille est pas contente et ben ils pourront bien supporter ça 1h30, hein…
    Bref, en effet, la grosse claquasse dans la face.
    Pour tout de suite pour moi, ouf (9 ans quand même, ‘ttention)…

    • Répondre Marylin 27 janvier 2016 at 17 h 55 min

      Bon bah pardon, j’avais pas retiré mes moufles : c’est un peu illisible ma prose, là, suis désolée…

    • Répondre anacoluthe 9 février 2016 at 11 h 07 min

      c’était la première fois, depuis, on est un peu plus détendus t’inquiète 😉

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