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Et puis l’après…

23 novembre 2015

wearethepeople

Après la stupeur et l’horreur, après les heures rivés devant la télé, il y a, aussi incroyable que cela puisse paraître tant le temps semblait arrêté, l’après.

Chacun de nous, comme réveillé au milieu du cauchemar, s’est demandé ce qu’il convenait maintenant de faire, vers quoi se tourner. Les siens, l’amour, la musique ou l’humour, boire des coups en terrasse, aller au concert, embrasser ses enfants, liberté, égalité, fraternité et résister.

Pour moi, je sais que – aparté – comme je le fais depuis 4 ans que nous vivons cette menace imminente d’une vague d’émotion, qui, imprévisible, submerge le cerveau de ma fille, provoquant, d’un instant à l’autre, sans que l’on sache pourquoi, l’intense colère, l’intense violence ou l’intense tristesse, qu’il faut affronter comme le roseau dans le vent, sans opposer de résistance mais sans rompre, simplement attendre que la vague s’en aille comme elle est arrivée, et dans l’entre-deux absorber cette onde de choc émotionnelle, et puis se relever, continuer, attendre la suivante, imprévisible, imminente et intense – je sais – fin de l’aparté – qu’il me faut me tourner vers les livres, le silence, et aussi la radio, pas toutes les radios, Jean-Claude Ameisen sur France Inter, Frédéric Taddéi sur Europe 1, ou n’importe quelle émission de France Culture, parce que toujours on y apprend quelque chose…

Il y a pour moi dans la connaissance quelque chose d’infiniment rassurant, presque tendre. Apprendre, c’est un ailleurs loin du chaos, et c’est dans le même temps, se connecter à ce qui, de tout temps, a fait l’humanité, ces questions que l’on s’est toujours posé, ces points de vue différents sur des mêmes réalités.

Et en ce moment, paradoxalement, je trouve qu’il y a quelque chose d’émouvant à réaliser qu’à travers ce que nous vivons, nous nous connectons à ces peuples, lointains ou proches, il y a peu ou longtemps, qui ont vécu la stupeur et l’horreur, que peut-être nous entrapercevons le pourquoi de leurs réactions, ceux qui au péril de leur vie ont résisté dans la France de 1940, ceux qui traversent les mers sur un canot de fortune, ceux qui dansent jusqu’à l’aube dans les bars de Tel Aviv, ceux qui la main sur le cœur pleurent devant la bannière étoilée… Il y a un peu de tout cela en nous, selon les jours, selon les gens, la nécessaire patrie, l’urgence de la fête, la tentation de fuir, le courage de faire face…

Nous les humains, misérables, admirables, barbares, généreux, habités par le bien et le mal intimement mêlés, capable de construire et puis de tout détruire, si peu de choses et tant à la fois, humains, trop humains.

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2 Commentaires

  • Répondre Sabine 25 novembre 2015 at 22 h 41 min

    je suis infiniment d’accord avec toi au sujet de la connaissance et sur la radio. Je n’écoutais pas tellement de conneries à la radio (avant) (surtout parce que je reçois mal dans ma cambrousse) et maintenant soit je coupe, soit je mets une autre radio sur le net. Et puis, je lis, je lis, je lis…

  • Répondre anacoluthe 10 décembre 2015 at 11 h 24 min

    @Sabine : hé mais j’avais pas vu ton com’ !!! La radio, c’est top, et puis on peut faire autre chose en même temps (au hasard, préparer le repas 😉
    Je ne lis pas autant que je voudrais, avec les nouveaux horaires d’école, je me lève tellement tôt que je m’écroule le soir…

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