Maman

La loi de Murphy appliquée au col de l’humérus et à Julien Doré…

5 novembre 2015

 

fracture-humerus

Comme l’univers, l’emmerdement est sans limite.

Il y a trois semaines, je pensais avoir atteint les confins de la difficulté, avec une semaine professionnelle pleine à craquer pour nous deux, des travaux dans la cuisine qui s’annonçaient, et mon genou opérationnel un jour sur deux.

L’apogée étant le jeudi, emploi du temps au millimètre pour moi, mari absent de l’aube au lendemain pour cause d’événement professionnel préparé depuis des mois.

C’est donc bien évidemment le jeudi à 13H07 que, loi de Murphy oblige, l’emmerde supplémentaire me tomba dessus. Ou plus exactement tomba sur ma fille de 10 ans. Ou plus exactement, ma fille de 10 ans tomba. Dans la cour. Depuis le dos d’une copine. Sur son bras. Droit. De tout son poids.

Mais ça, je ne l’appris pas tout de suite, l’école m’appelant pour « une douleur à l’épaule mais rassurez-vous elle bouge parfaitement sa main ».

« –Ok, une douleur à l’épaule, j’en suis quitte pour un après-midi de boulot perdu, mais avec un peu de chance, je pourrais quand même aller au concert privé de Julien Doré ce soir » que je me suis dit en partant chercher ma fille avec ma voiture et mes chaussures à talons (trop) hauts qui me font mal aux pieds, mais c’est pas tous les jours qu’on voit Julien Doré en concert privé.

C’est ça qui aurait du m’alerter : Loi de Murphy, punaize, loi de Murphy ; parce que ça ne devait pas se produire ce jour-là, ça s’est produit pile ce jour là !

Après, tout s’est enchaîné, ma fille qui hurle dès qu’elle fait un pas, la radio du bras à la clinique la plus proche, et le visage décomposé du radiologue qui me fait comprendre que je ne passerais pas la soirée avec Julien Doré, l’ambulance direction les urgences pédiatriques, moi qui suis et perd aussitôt l’ambulance dans les embouteillages alors que forcément je ne connais pas l’adresse des urgences, l’arrivée épopée de bien trop longues minutes plus tard, se garer au hasard sur l’un des innombrables parking du CHR de Lille, rejoindre au petit bonheur les urgences pédiatriques, se perdre dans les couloirs sans fin, avec mon genou boiteux et mes chaussures trop hautes, insulter la fatalité, et puis réaliser qu’il allait donc falloir affronter de plein fouet, sans filet, ma terrible phobie médicale.

Maintenant, et pour dieu sait combien de temps, seule, sans mari sans famille sans amis, aux urgences, ne pas s’évanouir ne pas hurler ne pas vomir, et plus encore sourire et rassurer ma fille mon bébé « Mais oui, bien sûr Choubidou que tout va bien se passer, on va t’endormir, tout réparer et puis tu vas te réveiller et tout sera fini… ».

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Le masque a tenu jusqu’aux portes de la salle d’opération, l’au-revoir de la main à ma fille avec un grand sourire de façade, et sitôt sortie, tout a craqué, visage décomposé, pleurer à gros bouillons toute cette tension, comme une pauvre chose clopiner le long de l’interminable parking jusqu’à ma voiture et repartir chez moi : 2 heures d’opération, à peine le temps d’un aller-retour à la maison pour prendre des affaires pour ma fille et pour moi, des vêtements, son doudou, de quoi se laver et dîner, rien de bien compliqué, mais quasiment insurmontable pour mon cerveau en miettes d’avoir tant stressé.

Une bonne nuit là-dessus et… oui, enfin, ne croyez jamais une infirmière qui vous dit que vous pouvez « dormir » dans la chambre de votre enfant aux urgences. « Vous pouvez passer une nuit blanche dans la chambre de votre enfant » serait beaucoup plus conforme à la réalité du réveil en fanfare toutes les heures…

A ce stade de mon récit, il faut que je vous dise un truc, ou peut-être plutôt que je ME dise un truc : la malade et la blessée dans cette histoire, c’est ma fille !

Ma fille qui a été formidable de courage avant-pendant-après, ma fille qui m’a bluffé, se révélant dans l’adversité, décidée à faire face quoi qu’il lui en coûtait. Ma fille toute jolie toute polie, vomissant au milieu de la nuit et de son lit, et prenant bien soin de s’excuser auprès de l’infirmier et l’infirmière du boulot qu’elle leur occasionnait « Mademoiselle, vous êtes la plus polie des patientes que j’ai jamais eu » lui a glissé l’infirmier au petit matin dans un clin d’œil…

Oui, c’est bien elle qui a affronté le plus dur dans cette histoire, je le sais, et pourtant j’avais besoin de raconter ici mon épopée ni très avouable ni très glorieuse : ma fille s’est cassé et déplacé le col de l’humérus, et qu’est-ce que ça a été douloureux pour moi !

(et la suite des aventures ? Eh bien, 6 semaines de bras immobilisé, le droit évidemment – check Murphy – puis de la ré-éducation, puis une nouvelle opération dans un an pour enlever les broches. On va bien se marrer, je crois !)

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10 Commentaires

  • Répondre Marylin 5 novembre 2015 at 15 h 06 min

    Oh pétard !
    La loi de Murphy, ma grande copine !
    Ben bon courage à toutes les 2 alors, et bravo à ta fille pour ce courage !
    BIzz

  • Répondre anacoluthe 5 novembre 2015 at 15 h 49 min

    @Marylin : ah oui, tu la connais bien aussi, dommage ! Merci pour le courage, on prend tout !

  • Répondre Zéphine 6 novembre 2015 at 0 h 57 min

    Murphy à aussi tenté d’imposer sa loi chez nous ces dernières semaines (un coude cassé, et une infection carabinée de l’autre coude), alors je le dit haut et fort: Murphy est un salaud de la pire espèce!

    Courage et bon rétablissement à ta fille, mais surtout à TOI!
    Il n’y a pas de mal à ressentir de la crainte, et même de la douleur dans ta situation. Tu n’est pas « la soignée », mais « la soignante », celle « qui n’a rien » et à qui on oublie très souvent de rendre de ses nouvelles…
    Ma meilleur amie (qui s’occupait vaille que vaille de son boulot, du ménage est de son compagnon en immobilisation totale avec les deux coudes, une homoplate, un avant bras et un tibia cassés suite à un frontal vélo contre voiture) me disait ne plus supporter que les gens ne comprenne pas qu’elle soit au bout du rouleau, au bord de la crise de nerf (comme toi, elle déteste les hopitaux), alors que c’était son compagnon le pauvre blessé (compagnon qui, soit dit en passant était comme un coq en pâte et se complaisait dans son statut de convalescent).

    La douleur (morale, émotionelle et nerveuse) du soignant est bien trop souvent ignorée, et depuis que j’ai pris conscience de ça, je ne manque jamais de demander au soignant comment il va VRAIMENT (parce que tout le monde sait très bien que « ça va », c’est un message codé pour « ça ne va pas si bien que ça »).

    Prends soin de ta fille, bien sûr, mais surtout prend soin de TOI!
    Il n’y a pas de honte à avoir peur des hôpitaux, il n’y a pas de honte à se plaindre de la situation, et il n’y a surtout pas de honte à demander de l’aide (femme de ménage, infirmière à domicile, etc) autour de soi!

  • Répondre Slow Down 7 novembre 2015 at 20 h 12 min

    OMG ! En te lisant, je me suis sentie toute faible aussi, prise d’angoisse dans ton angoisse de maman pour qui tout tournait mal ce jour là ! Je n’ose pas imaginer dans quel état j’aurais été aussi, je ne peux que te comprendre.J’espère que ta fille, la grande héroïne de ce jour maudit va mieux

  • Répondre anacoluthe 9 novembre 2015 at 23 h 28 min

    @Zéphine : aoutch, mais c’est la même personne chez toi qui a un coude cassé et l’autre infecté ?!!!

    Merci d’avoir pris le temps de ce long message, c’est intéressant ce que tu dis, je n’avais jamais vraiment envisagé les choses sous cet angle, ça m’interpelle !!

  • Répondre anacoluthe 9 novembre 2015 at 23 h 31 min

    @Slow Down ; c’est vrai que, quoiqu’il se passe, il y a quand même un effet loupe quand c’est notre enfant qui est concerné…
    Elle va mieux, mais elle en a ras le bol de son bras en écharpe… mais dès qu’elle essaie de le bouger un peu, ça fait mal, pas glop !

  • Répondre manue 11 novembre 2015 at 15 h 29 min

    comme je compatis !
    j’ai eu l’occasion de vivre un peu la même chose il y a quelques années lorsque l’une de mes filles a du être hospitalisée en urgence, je me souviens avoir été désemparée quand il a fallu choisir entre rester avec elle à l’hôpital et rentrer avec sa jumelle (qui n’avait pas le droit d’y rester elle) alors que le papa était absent précisément ce week-end là (coucou Murphy) … je remercie encore les seuls amis qui ont répondu présents (à une heure tardive) et gardé ma seconde fille cette nuit là et puis ma fille aussi qui a 10 ans a préparé son petit sac et celui pour sa soeur, alors que moi j’étais un peu a l’ouest pour le coup.
    bon courage a toutes les deux !

  • Répondre anacoluthe 12 novembre 2015 at 10 h 44 min

    @manue : oh la la, le choix cornélien dis-donc, heureusement que tu as trouvé des amis ! Ca c’est le problème quand on n’a pas de famille juste à côté, ce qui est ton cas aussi j’imagine… « A l’ouest », c’est tout à fait ça, ça me faisait bizarre, je réalisais que j’étais à la ramasse et que c’était sous le coup de l’émotion, et pourtant même en le sachant, ça ne changeait rien : mon cerveau fonctionnait au ralenti pour choisir une paire de chaussettes ou un pyjama !!

  • Répondre 7NouvelleVie 11 février 2016 at 12 h 33 min

    Je viens seulement de découvrir ce post et je comprends parfaitement ce que tu as ressenti.
    Et je suis entièrement d’accord avec Zéphine, il faut prendre soin du soignant et reconnaître la difficulté de son rôle. Pas facile de s’en rendre compte soi-même, surtout quand le blessé est son enfant, je pense.
    Ma fille souffre beaucoup moralement en ce moment et, moi, j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur mon boulot et je pète un câble !
    Mais dis-moi, comment va ta puce, maintenant ? Est-elle complètement rétablie de cet accident ?
    Gros bisous à vous deux, même si on ne se connaît pas irl 😉

  • Répondre anacoluthe 11 février 2016 at 15 h 40 min

    @7nouvellevie : en fait, je pensais que ça m’avait juste choqué sur le moment, mais la suite des événements m’a malheureusement montré que tout cela m’avait affecté plus que je ne le pensais, se rajoutant à d’autres soucis latents… Donc oui, peut-être que j’aurais dû prendre conscience alors que le soignant doit aussi prendre soin de lui 😉

    Sinon, ma fille est presque rétablie, il y a eu le port du « Dujarrier » pendant 6 semaines (bras droit maintenu en place immobile), puis une rééducation pour retrouver de la mobilité du coude (forcément). Là, elle ne peut pas recommencer tous les sports (notamment la boxe !) mais ça va. Prochaine étape dans quelques semaines : nouvelle opération pour enlever les broches…. Tout çà pour quelques secondes dans la cour, pfff !!

    J’espère que ça va aller pour ta fille, bises et courage virtuels aussi <3

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