Geekeries

Depuis quand confond-on popularité et qualité ?!

22 septembre 2015

popularite

Ca devait arriver.

Maintenant que mes filles sont en âge de s’intéresser aux blogs, instagram, réseaux and co, je me sens la responsabilité – qui plus est en tant que blogueuse montrant le mauvais exemple des réseaux à mes enfants, bouh pas bien ! – de les mettre en garde sur les leurres de la popularité.

Comment est-ce que tout cela est arrivé ? Comment est-on passé de « c’est bien » à « c’est célèbre » ?

Il n’y a pas si longtemps, on savait encore distinguer, tiens, je ne sais pas par exemple « Joséphine Ange gardien »  : l’une des plus grosses audiences de la télévision française, tout le monde l’admettait et dans le même temps tout le monde reconnaissait qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’un ahem « chef-d’œuvre » télévisuel…

Et pourtant, désormais, sur internet, on fait comme si !

Comme si la popularité était devenue gage de qualité et facteur d’intérêt.
On compte les likes comme les moutons, on dénombre fascinés le nombre d’abonnés, le nombre de vues, de partage, de retweets… Les journalistes en font des articles, les rivalités apparaissent, les vocations naissent…

Oh je ne dis pas que parce que c’est « connu », c’est automatiquement nul (jurisprudence Rolling Stones, aussi célèbres que géniaux, pour ne citer qu’eux…) pas plus que je ne crois à l’inverse au mythe du génie fatalement méconnu.

Je dis simplement que le devoir de notre société, c’est de savoir proposer d’autres échelles de valeurs aux jeunes gens que les seules quantité et popularité.

Etre célèbre, ne devrait pas être un but en soi, au risque de devenir un objectif à n’importe quel prix, et en faisant n’importe quoi.

Et l’on n’a pas raté sa vie parce qu’on n’a pas de Rolex à 50 ans parce qu’on a moins d’abonnés à 15 ans sur son compte instagram que je ne sais quelle college girl du Minnesota.

Voilà ce que j’ai envie de dire à mes filles : vivez votre vie à vous, pour les plaisirs et joies qu’elle vous procure, et n’accordez pas trop de prix à la quantité d’approbation que les autres – la grande masse des autres que d’ailleurs que vous ne connaissez même pas – vous accorderont, ou pas.

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10 Commentaires

  • Répondre Lela1981 22 septembre 2015 at 9 h 11 min

    Comme cet article sonne juste ! Merci !

  • Répondre Elodie S 22 septembre 2015 at 9 h 59 min

    Je suis d’accord à 100% sur tout ce que tu dis. Maintenant, je pense que dans l’esprit de beaucoup, c’est plus facile d’associer la notion de « qualité » avec la notion de « célébrité » parce que ça permet d’avoir un métrique, des données quantitatives…la notion de « qualité » est difficile à quantifier, c’est assez subjectif alors que les chiffres sont « réels » et visibles….c’est objectif….

  • Répondre Bertille 22 septembre 2015 at 10 h 33 min

    Ton article me fait penser à une réflexion que je fais souvent :

    les filles qui étaient maxi populaires quand j’étais au collège sont loin d’être celles qui ont le « mieux réussi leur vie » selon mes critères (bon ok c’est pas bien de juger mais disons que 15 à 20 ans plus tard, je ne les envie pas franchement)

  • Répondre lilu 22 septembre 2015 at 10 h 57 min

    A ce désir de popularité, j’ajoute la collection de numéros de téléphone de personnes quasi inconnues…
    J’ai fait de la mise en garde auprès de ma belle-fille sur la distribution de son numéro par ses copines à des soit-disant copains.
    Je suis passée pour la rabat-joie parce que je tiens à ce qu’elle se protège et que personne ne peut donner son numéro à sa place…Je ne pense pas avoir eu tort….

    Comme je partage ton billet, et comme c’est dur de leur faire comprendre quand ils se cherchent….Je garde le cap et me rassure en lisant ce genre de billet…
    Merci (encore) 😉

  • Répondre MissBrownie 22 septembre 2015 at 11 h 21 min

    J’ai l’impression que le phénomène est plus grand chez les filles que chez les garçons.
    Chupa n’a pas encore 10 ans (presque) et je sens bien qu’elle aimerait être populaire, celle qui est aimée, celle qui fait rire et ça la rend triste de ne pas y arriver. Elle cherche une sorte de reconnaissance. Je lui explique que la célébrité, l’argent, la gloire, ce n’est pas cela qui rend heureux mais c’est dur à lui faire comprendre.

    T-Biscuit est moins comme ça. Certes, il aimerait être un Dieu du basket mais il a également d’autres envies et s’en fiche d’être aimé des autres ou non.

  • Répondre anacoluthe 22 septembre 2015 at 14 h 21 min

    @Lela1981 : merci ! Peut-être que ça va rentrer dans l’éducation de nos enfants, maintenant : « on ne parle pas la bouche pleine » et aussi « on ne fait pas gaffe aux likes » ?!!

  • Répondre anacoluthe 22 septembre 2015 at 14 h 32 min

    @Elodie S. : oui, c’est vrai que c’est plus « objectif », ça doit être pour ça…
    Mais bon, l’objectivité des chiffres d’audience de Joséphine Ange Gardien, c’était surtout utile pour fixer les tarifs des pubs auprès des annonceurs, pour le reste… !
    C’est dans doute le problème de la logique de marché qui devient la seule manière possible de penser notre société…

  • Répondre anacoluthe 22 septembre 2015 at 14 h 33 min

    @MissBrownie : oui, tu as raison, j’ai l’impression que la problématique de la popularité – qui malheureusement se prolonge dans la vie réelle, dans la cour des écoles, et pas seulement sur les réseaux – c’est plus chez les filles… à creuser, je me demande pourquoi !

  • Répondre anacoluthe 24 septembre 2015 at 17 h 00 min

    @bertille : je ne peux pas forcément vérifier la validité dans mon cas (car j’ai pas mal déménagé entre temps) mais c’est le discours que je tiens quand même à mes enfants, oui !!!

  • Répondre anacoluthe 24 septembre 2015 at 17 h 02 min

    @lilu : argh, une pratique que je ne connaissais pas encore, et qui va maintenant me faire flipper (enfin… elles n’ont pas de tel encore, juste des Ipod). Ca doit être d’autant moins évident vis à vis d’une belle fille que d’une fille, j’imagine…

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