Humeurs Maman

Je te garde un chiot de ma chienne ?

8 décembre 2014

 

chiots-maman

Ma volonté était absolument inébranlable : je n’aimais pas les animaux un point c’est tout.

Trois ans plus tard, je contemple béatement ce miracle de la nature que sont les 4 chiots de ma chienne.

Et je m’apprête donc à vivre quelques mois avec 5 chiens à la maison.

(…)

Minute de silence permettant à l’auteur de digérer la conséquence de la phrase précédente sur sa vie future, et celle de la phrase pré-pré-précédente sur sa crédibilité future.

(…)

Mais que s’est-il donc passé dans l’intervalle pour je change à ce point de point de vue ?!

Dedans ma tête, il s’est passé que quand la ciguë est tirée, il faut la boire jusqu’à la lie, comme disait Socrate (à peu de choses près, oh ca va, hein).
Traduction : quitte à accepter qu’une chienne entre dans ma maison, autant vivre l’aventure jusqu’au bout et lui faire faire des chiots.

Et hors ma tête, voilà ce qui s’est concrètement passé pour que ces petits chiots arrivent…

Etape 1 – L’ovulation, à ne pas louper…

Une chienne n’a ses chaleurs QUE deux fois par an, pendant un mois environ.
Donc si ça tombe pendant tes vacances comme ça nous est arrivé, dommage, il faut attendre la fois d’après !

Et sur ce mois de chaleur, la période propice à la reproduction ne dure qu’une semaine. Autant te dire qu’il faut être carrément au taquet… et en passer par la phase « test d’hormones » chez le véto : c’est ainsi qu’on a découvert un vendredi que notre chienne était au top de son ovulation le lendemain samedi… et alors même que le mâle qu’on avait choisi comme reproducteur était indisponible, pour cause de participation à un salon canin (enfin, c’est ce qu’il nous a dit, mais si ça se trouve, il partait en week-end au Touquet avec deux autres petites chiennes, le lascar…).

Moralité : il nous a fallu trouver un plan B illico presto. Le dimanche, mon homme s’est donc retrouvé pied au plancher à rouler pendant 4 heures, pour emmener notre chienne près de la frontière hollandaise, rencontrer son nouveau promis, un garçon bien sous tout rapport et accessoirement champion de Belgique (oui, comme notre chienne est elle-même fille de champions, on est très exigeants   😉  )

Etape 2 – La saillie qui a presque failli.

Si tu as bien suivi, on était Dimanche alors que le jour idéal était la veille. Pour mettre toutes les chances de notre côté, l’éleveuse a donc décidé de procéder en 2 temps :
D’abord, une saillie naturelle, effectuée en toute simplicité, en toute intimité, devant tout le monde sur une table (Vis ma vie de chien !).

Puis, une insémination artificielle. Alerte gore, éloignez les enfants !

Pour procéder à une insémination artificielle, il faut petit-a récupérer le sperme du chien, qui, tu l’imagines bien, ne va pas faire sa petite affaire tout seul avec une revue porno, non-non-non : pour récupérer le sperme d’un chien, il vous faut un préservatif et ahem une main d’éleveuse.

Ensuite petit-b, on prélève la semence à l’aide d’une seringue et on insémine la chienne. Puis, inénarrable petit-c, on s’assure que la chienne inséminée le reste bien, en faisant bouchon. Avec son doigt. Pendant 1 heure. Qui, sous la pression, en ressort tout bleu.

(vous comprenez maintenant pourquoi je vous avais demandé d’éloigner tous ces enfants qui rêvent de devenir éleveur, hein ?!!!)

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Etape 3 – L’attente du résultat.

Alors là, c’est très technique, on procède de la sorte : on attend, on attend, on attend, on attend… ibid, pendant 6 semaines.

Etape 4 – L’échographie de tous les espoirs…

A ce stade, on ne sait toujours pas si la saillie a réussi, car il n’y a soi-disant pas de signes extérieurs (enfin, vu que ma chienne nous avait fait un « je mange rien – je suis déprimée », suivi d’un « j’ai la dalle – je veux des câlins », perso, je n’avais pas trop de doute sur son état…).

Aparté : il est de bon ton à cette occasion de vouloir faire une bonne blague en jouant sur l’ambiguïté de l’échographie, avant de s’apercevoir qu’on avait suscité malgré soi beaucoup d’espoir…

Echographie qui nous apprit que alléluia, l’éleveuse ne s’était pas donné tout ce mal pour rien, et que notre chienne attendait 2 chiots. Ou 3. Ou 4. Et que – surpriiiiise ! – on ne saurait le nombre exact qu’une semaine avant l’accouchement, en pratiquant une radio !

Etape 5 – Faire son nid !

Si ça ne tenait qu’à elle, ma chienne aurait adoré un accouchement roots, au fond du jardin, dans un trou creusé dans la terre, un bâton entre les dents et roule ma poule. Remarque, si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais dit banco aussi. Mais bon, cette méthode limitant les chances de survie des chiots, il a fallu construire une caisse de mise bas. Avec porte battante, barres anti-écrasement, et lampe chauffante.

Quand tu sais que le simple montage d’une armoire Ikéa peut nous conduire au divorce mon homme et moi, tu comprendras pourquoi on a fait-appel-à-un-ami-Jean-Pierre, ami qui nous a construit la plus belle caisse de mise bas jamais rêvée (en même temps, pouvait-on attendre autre chose de cet homme qui construisit jadis un poulailler 5 étoiles pour sa basse-cour ?!)

Etape 6 – La Révélation Radio !

Alors là, je te la fais courte, vu que tu sais déjà que bingo, c’est bien 4 chiots que le véto a pu observer sur la radio. A ce stade, quand j’ai vu le cliché, je crois bien que j’étais déjà perdue pour la dignité, prête à envoyer la photo à la terre entière en mode ‘miracle de la vie trop choupi’…

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Etape 7 – La mise bas alléluia…

Je ne sais pas si tu te souviens du récit interdit de mon accouchement ? Toutes ces choses gore qu’on ne dit pas pour éviter le dépeuplement de la terre, et puis la magie qui surgit.
Ben là, pareil !

Le big stress du pré-travail, qui chez la chienne consiste à se balader comme une hystérique dans toute la maison 24h durant, et à envoyer bouler tout ceux qui tentent gentiment de la soulager. Toute ressemblance avec des faits précédents serait purement fortuite.

La douleur des contractions, avec cette respiration haletante qui m’a permis de comprendre enfin le pourquoi de l’expression « petit chien », et puis ces yeux dilatés, ces regards hagards que me lançaient ma chienne et qui me fendaient le cœur car je ne pouvais rien faire, troublante impression d’avoir changé de bord, dans l’impuissante position du père, pas si enviable que ça, je l’ai réalisé…

Et enfin, la délivrance, l’incroyable miracle du petit mammifère qui sort d’un corps, minuscule et parfait, très laid, d’accord, mais en même si fragile, si craquant, qu’on a envie immédiatement de le protéger… Le petit mammifère léché par sa mère, qui rampe pour venir se blottir contre elle, dans sa chaleur, et faire sa première tétée.

Je peux le dire, moi l’incrédule, la cynique, j’ai été bouleversée de réaliser que nous ne sommes nous les humains rien de plus rien de moins que des mammifères, pas si éloignés de ces « animaux » que nous tenons tant à distinguer de notre « humanité » dont nous sommes si fiers…

Et depuis, tous les jours, j’observe donc ce petit théâtre de vie, ce concentré d’émotion et de comédie comme souvent avec la vie, 4 chiots et leur mère, la petite dernière qui doit se battre pour téter, les jumeaux frère et sœur qui se blottissent tête bêche, les petits bruits de succion, les mini cris pour appeler leur mère…

Et aujourd’hui, je peux donc affirmer que je n’ai absolument aucune volonté et que je crois bien que j’aime un petit peu beaucoup les  chiens….

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PS. Accessoirement les Gens, si vous êtes intéressés par un petit chiot Norfolk Terrier (une race toute choupi mais très rare en France), trois de nos petits chiots ont déjà des familles qui les attendent impatiemment mais il nous reste un mâle, qui sera disponible fin janvier…  Vous pouvez m’envoyez un mail : anacoluthe (at) Ymail.com (attention, c’est bien un Y et non un G). Tchuss !

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