Ecrit !

Depuis le seuil

29 septembre 2014

C’était il y a 4 ans.

Un jour parmi les jours mais qui hantait ses nuits depuis…

100 fois refaire la route dans sa tête, 100 fois ne pas passer entre ces deux voitures. Etendu sur le sol, étonnamment conscient, il s’était dit quelle ironie, qu’on appelle ceci « glissière de sécurité ».

Il lui avait fallu 2 mois pour oser regarder, 6 mois pour commencer à accepter. Jamais plus il ne remarcherait, lui qui vivait pour la vitesse.

L’allocation payait à peine sa toute petite maison. Sa mère s’était installé avec lui, pour l’aider au début, et puis, l’habitude… Elle ne le dérangeait pas vraiment, qu’aurait-il fait, de toutes façons ?

Ils vivaient côte à côte, s’évitant la plupart du temps. Elle passait l’après-midi devant la télé, dans la petite pièce qui tenait lieu de salon.

Finalement, heureusement qu’il s’était remis à fumer. Ca lui donnait une excuse pour ne pas rester à l’intérieur avec elle.

Alors, toute la journée, tous les jours, il fumait, seul devant chez lui.

Ce n’était pas le malheur. Ce n’était pas le bonheur. C’était sa vie à lui, regarder les autres marcher, depuis le seuil, assis sur son fauteuil.

 

soeuil

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6 Commentaires

  • Répondre jeunevieillispas 29 septembre 2014 at 17 h 06 min

    Très joliment écrit comme d’habitude.

  • Répondre Albane 29 septembre 2014 at 20 h 31 min

    Très beau texte.

  • Répondre anacoluthe 30 septembre 2014 at 9 h 29 min

    @jeuneviellispas : merci…

  • Répondre anacoluthe 30 septembre 2014 at 9 h 29 min

    @Albane : c’est gentil…

  • Répondre isa-monblogdemaman 2 octobre 2014 at 22 h 50 min

    Si il lisait il déambulerait dans des souks, traverserait l’atlantique à la nage, filerait encore sur le périph’ à 300 à l’heure. Si il lisait, il s’évaderait et peut être même qu’un jour il se mettrait à écrire.

  • Répondre anacoluthe 2 octobre 2014 at 23 h 05 min

    @isa-monblogdemaman : lire, s’évader, écrire, raconter, oui, c’est un mode de fonctionnement (le nôtre à toutes les deux, je pense <3 ) mais dans ma ville pas franchement favorisée, je vois quotidiennement des gens qui sont simplement ‘dans’ la vie, qui la vivent et puis voilà… Et c’est très ambivalent pour moi, ça me fascine – être là simplement, si c’était la sagesse ? – et ça me déprime en même temps, car l’imaginaire me paraît si précieux…

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