Humeurs Maman

Famille, je VOUS merde !

11 août 2010

Vacances obligent, c’est la saison officielle des rediffusions… Voici donc un Special Summer Remix, avec quelques-uns de mes vieux billets, à découvrir ou à re-découvrir, pour les (rares) lecteurs préférant l’écran PC à l’écran total… A très bientôt, les amis !

Il faut que je t’avoue un truc honteux. Je vouvoie mes parents. Pardon, je voussoie. Pardon Maman, je VOUS voussoie. C’EST BON LA, ILS ME LACHENT, LES GENITEURS ?!

Eh oh, on se moque pas, je suis victime dans cette affaire, moi, 15 ans d’enfer à se torturer le cerveau pour ne pas m’adresser DIRECTEMENT à mes parents devant témoins. Des fois qu’on m’aurait jeté des pierres.

Mais pourquoi, POURQUOI, me diras-tu, infliger pareil calvaire à ses enfants, la chair de sa chair ? J’ai ma théorie psy là-dessus. Oui, psychanalyse bien ordonnée commence par ses parents, j’ai donc couché mes géniteurs sur le divan. Virtuellement. Eh bien voilà : je suis issue d’une famille de nouveaux pauvres.

Les nouveaux riches, ils ont le mauvais goût d’avoir du pognon et aucune éducation. Les nouveaux pauvres, ils s’accrochent comme des malades à leurs bonnes manières, parce que c’est tout ce qui leur reste de leur époque faste et de leurs vastes demeures.

Donc chez moi, le code de bonne conduite c’était un accord tacite en 8 volumes ; à côté la Tora c’était Oui-Oui à la plage.

Avec une règle d’or : « jamais vulgaire ». Mais le vulgaire selon ma mère (Pardon, selon Maman) c’est un truc difficilement accessible aux communs des mortels. Mais comme je t’aime bien malgré tout comme mortel, Lecteur, je t’explique.

Il y avait les mots permis, et les mots bannis. « Maman », permis, « ma mère », bannis. Là, on suit, OK.

Le compliqué, c’était les mots grossiers pas vulgaires. Par exemple, pour Maman-ma mère, « chiottes » ce n’est pas vulgaire. « Toilettes », si. « Bordel, merde », pas vulgaires. « Flûte, mercredi », vulgaires.

Donc je pouvais dire « Mais vous savez quoi, Maman : MERDE ! » alors que si j’avais dit « Mais tu sais quoi, Maman : MERCREDI ! » je finissais dans ma chambre…

Bref, le vulgaire, ce n’était pas le grossier, c’était le commun.

L’idée, au fond, c’était que – puisqu’on avait une bonne éducation – on était au dessus de tout ça, les bonnes manières et le qu’en dira-t-on.

Para-doxe. Du grec para (à côté) et doxa (opinion)…

Aucun enfant n’a été maltraité durant cette histoire.

En vrai, j’adore Maman ma mère (jsuis une caïra, t’as vu ça ?) qui est tellement profondément humaine que je sais qu’à n’importe quelle heure je peux l’appeler pour lui parler de tout, de rien, de moi, du monde, et qu’elle m’écoutera vraiment… du moment que je ne la tutoie pas.

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17 Commentaires

  • Répondre bergamote 11 août 2010 at 10 h 41 min

    Alors je t’avoue que j’ai lu le billet deux fois pour bien comprendre les choses!

    Mais j’ai finalement saisi: » le vulgaire, ce n’était pas le grossier, mais le commun ». Oui avec en parallèle la notion de « nouveau pauvre », capito!

    Je comprend maintenant tes Putains et autres jolies fleurs du genre! HI HI!

    Chez moi (ni nouvelle riche, ni nouvelle pauvre, donc commune mortelle) , c’est plutôt un tic de mauvais langage(qui m’échappe plusieurs fois par jour!) qu’un signe de bonne éducation, mais j’aime assez ton analyse! ORIGINAL!

  • Répondre dahoé 11 août 2010 at 14 h 59 min

    j’adore et j’adhère … comme d’hab … mes amitiés à ta maman !!

  • Répondre Tailleur d'Images 11 août 2010 at 16 h 16 min

    C’est un peu rock’n roll, dans le fond, tout ça ! ^^
    à présent que j’ai entendu Ariel Wizman s’exprimer sur la Torah et l’impossibilité de l’appliquer, je comprends toute la force de ta comparaison et je compatis ! (cf http://www.darkplanneur.tv/index.php/tv/Cabinet-des-curiosites)
    en effet, moi aussi je me suis trituré les méninges pour comprendre la logique de tout cela, jusqu’à ta phrase éclairante… (mais alors toilettes, c’est trop commun ? ça m’en bouche un coin ! et moi qui n’utilise ce mot que lorsque je veux faire bien élevée… loupé !)
    et caïra, c’est quoi ? pas trouvé !

  • Répondre Capitaine Ad Hoc 13 août 2010 at 6 h 32 min

    […] maintenant que tu connais ma paradoxale éducation, tu te doutes bien que, l’honneur, chez moi, c’était n’importe […]

  • Répondre Anacoluthe 13 août 2010 at 10 h 08 min

    @bergamote : mais tu sais que j’ai mis moi-même plusieurs années à comprendre ça, à pouvoir le résumer en une phrase… Et à savoir en rire ! Mais comprendre nos parents, ça clarifie plein de choses dans notre propre vie, non ?!

  • Répondre Anacoluthe 13 août 2010 at 10 h 10 min

    @dahoé : y-a t-il un chanteur dans la salle ? Parce que « j’adore et j’adhère » ça me semble un bon refrain pour un tube !!

  • Répondre Anacoluthe 13 août 2010 at 10 h 15 min

    @tailleur d’images : c’est Laure k. qui a filmé Ariel, la veinarde ?? Peut pas vérifier maintenant, mais j’irais checker ça !
    Moui, c’est compliqué tout ça, les « pièces rapportées » s’y perdent !

  • Répondre Tailleur d'Images 14 août 2010 at 21 h 51 min

    oui c’est vrai ou même sur facebook, plutôt que « like » : J&J !

    pour l’émission avec Ariel, quelle chance ! c’était une très bonne émission, mais en général toutes sont intéressantes

  • Répondre Mélisse 18 août 2010 at 20 h 24 min

    Ah ta maman me plait bien, dis donc ! « le vulgaire c’est pas le grossier c’est le commun » : je le vois bien sur un tee shirt tiens !

  • Répondre Anacoluthe 19 août 2010 at 12 h 10 min

    @tailleur d’images : mais ça fait pas un peu whiskie, ça, J&J ?

  • Répondre Anacoluthe 19 août 2010 at 12 h 14 min

    @mélisse : moi aussi, je l’aime bien ! Mais attention, si on s’engage sur le sujet fringues avec ma maman, sujet brulant, récurrent… Et immédiat dès qu’on se retrouve Mum, Big Sister and me. (en général, on tombe d’accord, d’ailleurs)

  • Répondre Mélisse 21 août 2010 at 11 h 50 min

    ah bah faut que tu développe maintenant le dress code parental ! (j’attends…)

  • Répondre anacoluthe 23 août 2010 at 14 h 27 min

    @Melisse : ouh là, alors grosse pression, si tu attends ! Ca pourrait sans doute faire un billet, mais ce serait difficile à définir (un 1/3 de Fonelle, pour commencer, sans doute !)

  • Répondre papillote 28 août 2010 at 21 h 11 min

    Toi aussi tu recycles pendant l’été ? j’avais déjà lu ton billet puisque je les ai tous lus, mais je l’ai relu avec plaisir… mes beaux parents vouvoient leurs parents, par contre leurs enfants tutoient les parents et les grands parents… j’aime pas trop non plus les gens qui disent « maman » en parlant de leur mère, comme si on avait la même..

  • Répondre liliba 30 août 2010 at 14 h 40 min

    Morte de rire, je m’y retrouve tellement ! Je voussoie également mes parents et je crois bien que les mots autorisés/interdits étaient les mêmes ! Et les amis qui ne comprenaient jamais que malgré le « vous », je puisse dire « Maman, vous me lâchez maintenant, vous me saoulez ! »

    Et tes enfants te vouvoient-ils ???
    Les miens, non, mais ils vouvoient mes parents, bien sûr et tutoient toute la famille de leur papa (normal, des chtis, savent même pas ce que c’est que de dire vous…)

  • Répondre anacoluthe 30 août 2010 at 14 h 45 min

    @papillote : tribute to LA fille qui a lu tous mes billets depuis le début ! J’ai vu que toi aussi, tu recycles, oui…
    Je ne sais pas si j’aime ou pas, dire « maman » en parlant de la mienne aux autres. Mais je sais que – comme « ma mère » c’était « interdit ça ne dit pas ça ne se fait pas » – j’ai toujours un frisson de transgression en le disant… (il m’en faut peu !)

  • Répondre anacoluthe 30 août 2010 at 14 h 49 min

    @Liliba : dans mes bras, Liliba ! Jusqu’à présent, je rencontrais soit des gens qui hallucinaient, soit des gens qui hallucinaient pas (mais parce que Papa-Maman, leurs 8 enfants et limite le chien, ils se vouvoyaient tous « depuis 7 générations et alors ? »)

    Non, mes enfants ne me vouvoient pas, question de génération : même si je trouve ça un peu fun tellement c’est suranné de nos jours (par ex., mes grands-parents qui se voussoyaient ou pas selon les moments, c’était drôle !) ça me semble quand même très stigmatisant d’imposer ça à ses enfants…
    Mais la grande de 9 ans hésite maintenant avec ma grand-mère (que je vouvoie of course) : elle se met à lui dire vous au lieu de tu, par réflexe…

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