Maman

La maladie méconnue du pays fort lointain…

8 avril 2014

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Ce serait, dans un pays lointain, une petite fille comme les autres.

Blonde comme les blés, avec un regard d’acier et un rire en cascade. Une petite fille de 7 ans qui aimait danser, rêver et dessiner, et qui n’aimait pas l’école. Vraiment pas. Tellement pas qu’un petit matin dans la cour, la petite fille se mit à pleurer, à pleurer collée-serrée dans les bras de sa maman, tellement tant qu’à la fin, elle se mit à vomir.

Le lendemain, la petite fille vomit dès le petit matin. Le jour d’après aussi, et tous les jours suivants, encore et encore, plusieurs fois par jour, le matin, le soir, le lundi, le dimanche, vomir à ne plus vouloir partir, vomir à ne plus vouloir se lever, vomir, vomir, vomir.

Malheureusement, dans ce pays si lointain si étrange, les médecins ne savaient pas soigner les vomissements. Ils n’y comprenaient rien. Ils disaient « les vomissements, c’est souvent la faute des parents » ou encore « les vomissements, ce sont des caprices d’enfants ».

Oh, il existait bien quelques médecins qui – paraît-il – soignaient ce mal, mais ils étaient si peu qu’il fallait attendre des mois-des années avant d’obtenir un rendez-vous avec l’un deux. Et encore fallait-il auparavant déterminer lequel consulter, car chacun avait sa spécialité « es vomito ».

Les parents de la petite fille devenaient fous, de ne rien pouvoir faire pour leur enfant. Ils l’emmenèrent dans un hôpital, un autre, un autre encore, cherchant en vain qui pourrait les aider.

Mais voilà. Chaque jour, la petite fille vomissait, et rien ni personne ne pouvait l’empêcher. Chaque jour, dans son lit, à l’école, chez des amis, chaque jour, la crainte que cela arrive, et cela arrivait.

Chaque jour, cette vie qui n’en était plus une. Deux ans et demi de survie, à vivre autour de ça, à tenter de travailler malgré ce chaos, à ne voir presque plus personne, car qui pourrait comprendre, qui pourrait partager cela sans juger.

Et puis le doute affreux : et si c’était eux, les coupables ? Enfin, on ne vomit pas pour rien, il y a bien une raison, non ! « Et si elle faisait ça pour vous embêter ? Si ça lui passait avec l’âge ? Si vous l’écoutiez trop ou pas assez, si vous ne lui donniez pas ce qu’il faut à manger ? » Qu’avaient-ils dont fait pour que leur enfant soit si mal ? Si mal et non « malade », notez la nuance : la maladie a une cause identifiée, le mal est mystérieux.

Et comme dans ce pays si lointain si étrange, vomir n’était pas une maladie reconnue et soignée par les médecins, alors c’était quelque chose avec lequel une petite fille et toute sa famille devaient apprendre à vivre, parce que voilà : s’ils n’étaient pas comme les autres, c’était forcément un peu de leur faute…

Oui mais voilà, le pays si lointain c’est ici, et cette petite fille la mienne.

Aujourd’hui, dans notre pays, il y a des maladies qui n’ont pas de médecins, et des enfants qu’on laisse souffrir inutilement.

malade

Un jour, je reparlerai de tout cela, différemment.

Mais j’ai choisi de vous raconter d’abord cette « histoire » sous cet angle, parce que je voulais qu’on prenne conscience de cela qui est une injustice à peine croyable : si une chose comme ça se produisait en France en 2014 avec tout autre organe – le cœur, le ventre – la société serait scandalisée. Scandalisée qu’un enfant souffre sans qu’on le soigne.

Pourtant, notre société laisse souffrir des enfants pendant des années lorsque l’organe défaillant concerné est le cerveau.

Pendant deux ans et demi, plusieurs fois par jour, ma fille de 7, 8 puis 9 ans a souffert à vouloir en mourir, à me dire « Maman, ce serait plus simple pour vous si je n’étais plus là, Maman, à quoi bon tout cela, la vie n’est que douleur… ».

Et pourquoi tout cela ?

Parce que dans son organe cerveau, un simple équilibre chimique ne se faisait pas comme il aurait dû, provoquant chez elle des montagnes russes émotionnelles, des « crises » avec des émotions multipliées par 20, de la peur à la colère, de la colère à l’angoisse, et puis encore la peur, la colère, la rage, le désespoir, encore et encore…

Et puis, un jour, à force d’acharnement de nous, ses parents, après des centaines d’heures à essayer de déterminer si notre enfant était malade et si oui de quoi, nous avons trouvé celui qui allait ENFIN nous aider, un pédopsychiatre en Belgique. En une semaine de traitement, ma petite fille était déjà transformée. Oui mais. Les psychiatres capables de diagnostiquer et soigner la bipolarité infantile en France se comptent sur les doigts d’une seule main.

Car la médecine psychiatrique française, on le sait peu, est imprégnée par une longue tradition psychanalytique, qui occulte en partie l’aspect médical de cette profession. Il m’a fallu des mois pour prendre conscience qu’il y avait un parti-prix, un « biais » idéologique, et en réaliser les conséquences.

Concrètement, c’est un peu comme si vous alliez chez le médecin pour un mal de ventre, et qu’avant même de vous examiner il vous expliquait que tout cela est psychosomatique.

Et comme si alors, c’était à vous de prouver que vous êtes bien malade, vraiment malade et pas juste « dans la tête », contre l’avis de ce médecin puis de plusieurs autres !! Et puis à vous de faire les recherches, de vous documenter sur les différentes causes des maux de ventre, d’ingurgiter des livres, des articles, des recherches, pour tenter de comprendre de quoi vous souffrez et comment vous soigner…

Parce que oui, certains maux de ventre sont psychosomatiques, et certains pas ! De même que certains troubles du comportement s’expliquent par une cause « psy », et d’autres pas. Oui, il y a des causes organiques, physiologiques, à un cerveau qui dysfonctionne, oui, il y a des recherches à ce sujet à travers le monde, oui, il y a des protocoles, des traitements, des bonnes pratiques, non, il n’y a pas de fatalité !

Tant que la psychiatrie française sera ancrée dans ce type de (dys)fonctionnement, la plupart des 450 000 enfants* – 450 000 vous réalisez ?!- souffrant de bipolarité infantile en France ne seront donc pas diagnostiqués. Ou pas avant 10 ans, délai habituel de la « latence diagnostique », et à partir de l’adolescence ! Pas diagnostiqués, donc pas soignés. La moitié d’entre eux environ feront une tentative de suicide au cours de leur vie ; beaucoup dériveront à l’adolescences vers la drogue, l’alcool, et tout ce qui leur permettra d’échapper à ces émotions insupportables.

Combien de familles seront dévastées ? Combien de vie détruite ? Imagine-t-on le prix à payer ? Il serait temps que dans notre pays, on considère enfin que le cerveau puisse aussi être un organe avec ses maladies à soigner, et pour cela que l’on cesse de confondre automatiquement « le cerveau » avec « l’identité » et la « personnalité » de quelqu’un. Qu’on arrête de stigmatiser ce type de maladies, aussi. Qu’on en finisse une fois pour toutes avec cette peur si dévastatrice du ‘pas normal’, qui n’est bien souvent que la face cachée d’un rassurant « moi au moins je suis normal »… Bref, il serait temps de tellement de choses, mais le chemin sera long.

*On estime que 4% des enfants souffrent de bipolarité infantile, soit 450 000 enfants. Donc oui, je vous en reparlerai, même si ce sujet est « compliqué » pour moi, j’y ai laissé tant et tant d’énergie, je le mesure a posteriori… Mais en même temps, j’aimerais vraiment que tout cela « serve à quelque chose », que cela évite à d’autres parents de vivre cet enfer que nous avons vécu.

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39 Commentaires

  • Répondre isa-monblogdemaman 8 avril 2014 at 14 h 41 min

    Ca semble tellement fou. J’espère que la petite fille arrive à vaincre les monstres. Après tout, les contes finissent toujours bien.
    et puis aussi <3

  • Répondre l'expat de biarritz 8 avril 2014 at 15 h 59 min

    Que vous devez être soulagés de « savoir » ! Même si comme tu le dis, la route est encore longue, vous voilà délestés d’une grande part d’incertitude. Je m’en réjouis pour vous, qui, pas à pas, allez cheminer vers le mieux :)
    Bon courage à tous.

  • Répondre ker mary 8 avril 2014 at 16 h 04 min

    je n’ai pas tout compris. juste que les psycho français avait des oeillères mais je veux bien que tu nous explique la bipolarité enfantile je crois que ce sera très interessant.

  • Répondre babidji 8 avril 2014 at 16 h 13 min

    je t’avoue que j’ai la boule au ventre. Ca donne envie de hurler alors je n’imagine même pas ce que vous avez pu endurer. Quoi de pire que de voir son enfant souffrir ????
    je fais tourner ton post : l’information la meilleure solution !

  • Répondre jeunevieillispas 8 avril 2014 at 16 h 35 min

    J’avoue que ton article me laisse sans voix. Tant de souffrance, mais aussi tant d’énergie. Je connais bien la bi-polarité, je ne savais pas qu’elle pouvait concerner les bouts d’chous. C’est un peu idiot de dire cela comme cela, mais donne nous des nouvelles de ta fille de temps en temps.

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 17 h 21 min

    @isa-monblogdemaman : le traitement l’a beaucoup aidé, voire transformé ! Ceci dit, elle reste assez sensible comme personnalité, mais je répète souvent à mes enfants « on n’est pas des robots, on a des émotions » !

    Et puis la sensibilité, c’est aussi la créativité, et elle a aussi acquis une forme de maturité, comme tous les enfants qui traversent quelque chose de compliqué…

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 17 h 36 min

    @l’expat de biarritz : tu mets le doigt sur un point important ! Ne pas savoir, j’ai trouvé que c’était le plus terrible, car alors on ne sait pas contre quoi lutter, quels sont les traitements, les attitudes à adopter, les chances de guérir, etc.

    (j’ai entendu de nombreuses fois de la part de médecins et professionnels de l’enfance « je me méfie des diagnostics, les diagnostics, ça enferme » et maintenant, cette phrase me rend dingue !! Les stigmatisations enferment, mais le diagnostic, ça libère au contraire…)

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 17 h 38 min

    @ker mary : le sujet est complexe, en effet ! J’ai prévu d’en reparler, mais j’essaie de trouver un moyen de structurer un peu les choses…

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 17 h 43 min

    @babidji : c’est très dévastateur de traverser ça, mais en fait, c’est dévastateur après, parce que pendant, on « tient » parce qu’on n’a pas le choix.

    Après, je pense que ça m’a ouvert sur beaucoup de sujets, que ça m’appris énormément de choses, humainement parlant… mais je pense à toutes les autres familles qui traversent ça, ceux qui n’ont pas l’énergie, la disponibilité, les ressources pour affronter cela, et je trouve ça révoltant !

    (je suis persuadée que c’est une maladie socialement très injuste par exemple, je reviendrais là-dessus)

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 17 h 47 min

    @jenevieillispas : d’après ce que nous explique le pédospsy, c’est en faisant des recherches sur les bipolaires adultes qu’on s’est rendu compte que leurs troubles remontaient dans certains cas à l’enfance.

    Mais comme tout ce qui touche à cette maladie (même chez les adultes d’après ce que j’ai compris) il y a une grande part d’ignorance et une autre de résistance chez les psychiatres… Ce qui est quand même TRES dommage, vu qu’on a de bonnes raisons de penser que le diagnostic précoce permet que la maladie régresse, voire disparaisse…

    (ma fille va de mieux en mieux, nous en sommes maintenant à trouver des solutions pour sa scolarité, qui a été très chahutée pendant 3 ans…)

  • Répondre nesto 8 avril 2014 at 17 h 59 min

    ah la fameuse « tradition psychanalytique » qui fait des ravages avec l’autisme également… Je peux imaginer ce que vous avez enduré, dans une moindre mesure, j’ai une fille qui souffre de phobies alimentaires et j’ai tout entendu et bien sûr c’est soit de ma faute (tjs la mère) soit dans sa tête. Alors toi, j’imagine comment tu, vous, as/avez pu être reçu(s)… C’est quand même hallucinant que tu sois obligée de chercher toi-même, d’atterrir en Belgique pour trouver un début de solution, de remuer ciel et terre pour aider ta fille… Je sais (enfin j’en sais rien puisque nous ne nous connaissons pas, je devine plutôt) que tu tiens parce que tu ne peux pas faire autrement, mais quand même quel courage tu déploies 😉

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 18 h 17 min

    @nesto : oui, c’est très étonnant, je pense que ça tient au succès de Lacan dans notre pays… Je ne rejette pas la psychanalyse en bloc, mais pour moi c’est un peu comme une bonne hygiène de vie quand tu es malade du coeur par exemple : ça peut t’aider à mieux vivre, mais ça ne va pas te soigner sur le fond !!

    Ma fille a eu des phobies diverses et variées, dont alimentaires à une époque. La phobie est très liée aux émotions, c’est en quelque sorte un dérèglement de notre cerveau émotionnel : normalement, c’est notre cerveau « rationnel » qui prend le lead, sauf en cas de danger (un lion attaque !) où notre cerveau émotionnel prend le dessus pour nous conduire à une réaction immédiate.

    Mais dans certains cas, il y a un déséquilibre chimique (ce sont les hormones qui font qu’on sollicite le cerveau émotionnel ou rationnel) et ça conduit à une réaction « sur-émotionnelle » à une situation. Ensuite, le « chemin » neuronal est ré-activé à chaque fois qu’on est confronté à la situation.

    Enfin, je t’explique sans doute des choses que tu connais, mais dans le doute, je préfère radoter !! Je sais que la kinésiologie nous a beaucoup aidé sur les phobies (à manier avec prudence, faire appel au bouche à oreilles pour trouver le bon, car il y a des charlatans dans toutes ces « médecines » parallèles avec beaucoup de guillemets à médecine car ce n’en est pas une !!!)

    Quant à la Belgique, c’est moyennement étonnant, leur culture est plus ouverte à l’international en général (donc aux recherches) et ils ont en toutes choses une approche trèèèèèès pragmatique !

  • Répondre nesto 8 avril 2014 at 18 h 44 min

    je devrais aller faire un tour en Belgique alors parce que j’ai lâché l’affaire… j’oscille entre « essayons un énième truc » et « laissons » tomber de toute façon ça ne sert à rien… après tout, à part qu’elle ne mange que du pain, tout le reste est ok alors…
    je suis Sophrologue alors les charlatans and co oui je me méfie ^^ y en a aussi en sophro malheureusement!
    du coup je me demandais, sans être non plus trop intrusive (tu répondras ou pas) si le traitement en Belgique n’était que médicamenteux ou s’il était complété par d’autres méthodes (ne serait-ce par exemple que des consult avec un psy, de la relaxation, ce genre de choses…)?

  • Répondre nesto 8 avril 2014 at 18 h 45 min

    et encore une question! Est-ce que la sécu fonctionne ds le cas où tu vas en Belgique?? parce que j’imagine des gens qui n’ont pas bcp de revenus ou qui habitent à Marseille, bin on fait comment si y a rien en France? :/

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 22 h 00 min

    @nesto : alors, dans le cas particulier de la bipolarité infantile (qui est fréquemment accompagnée de phobies, ce qui ne veut pas dire que tous les phobiques sont bipolaires, bien sûr !) les recommandations de traitement sont je pense les mêmes chez tous les (rares) psychiatres – belges ou français – qui connaissent bien le sujet : c’est un mélange d’approche médicamenteuse à base de « thymo-régulateurs » (régulateurs de l’humeur), de psycho-éducation (apprendre au patient et aux proches ce qu’est la maladie) et de recommandations d’hygiène de vie.

    J’entends derrière ta question que tu as sans doute peur des « médicaments ». C’était notre cas aussi, mais nous avons testé à peu près tout ce qu’on pouvait tester (avant d’avoir diagnostiqué) mais la situation était tellement grave pour notre fille, que nous avons compris que cela la soulagerait.

    Donc voilà, je ne peux pas te faire de réponse générale sur tous les psys de Belgique quant à leur approche sur tous les troubles de l’humeur, bien sûr… mais je peux si tu le souhaites t’envoyer en message privé les coordonnées de cette clinique spécialisée dans les troubles de l’humeur, où il y a à la fois des psychiatres, psychologues et chercheurs, et où ils pratiquent aussi la relaxation, il me semble…

  • Répondre nesto 8 avril 2014 at 22 h 05 min

    non non pas de « peur » des médicaments, surtout dans des cas comme ça, on parle pas de soigner un rhume! 😉
    non plutôt de la (saine) curiosité, je ne savais pas avant de te lire que les enfants pouvaient être bi-polaires (et pourtant maintenant je trouve presque ça « logique ») et du coup je me demandais comment le traitement leur était adapté, c’est tout. Merci pour tes réponses.

  • Répondre anacoluthe 8 avril 2014 at 22 h 17 min

    @nesto : ah oui, et quant à ta question sur le financement… vaste très vaste sujet !
    Le truc terrible, c’est que je ne peux pas te faire de réponse précise : il faut imaginer qu’après la galère number one (pré-diagnostiquer tout seul ce qu’on pensait qu’elle pouvait avoir) et la galère number two (trouver un spécialiste capable de la soigner dans un délai raisonnable, cad pas un an et demi quoi !!), il y a eu la galère number trois : trouver un financement de la sécu pour des soins à l’étranger.

    Et là, j’ai vécu Kafka !! Des heures d’appel, une dizaine d’interlocuteurs, des réponses contradictoires, des oui, puis non, puis oui… et tout ça avec des gens qui m’engueulaient ! A vomir, franchement, de se dire qu’on est si peu aidé alors qu’on aurait tant besoin…

    Et la question du financement est cruciale, car en Belgique, les tarifs sont trèèèès différents : 200€ la séance de 2h (c’est un tarif normal sans dépassement, hein). Entre les séances, les déplacements, les heures de travail perdus, je pense qu’on en est déjà à 3500€ de notre poche… Inégalité, je crie ton nom, on avait heureusement des économies, mais c’est pas le cas de tout le monde…

    Donc en résumé : si tu t’en tiens au droit de base de la sécu, tu seras remboursé, oui, mais sur la base d’un tarif de consultation psy en France (avec ma mutuelle, j’étais remboursé genre 30€, je crois !!)(ah ben non, j’ai checké, on était remboursé moins d’un euro. Pour une consultation de 200 euros. A ce niveau, autant ne rien donner, je crois, ça fait moins foutage de gueule !!)

    Il faut donc demander la Carte de sécu européenne, et se faire rembourser en Belgique directement, aux conditions belges (soit 190€). C’est là que les avis divergent : certains disent qu’on n’a pas besoin d’accord préalable (appelé « formulaire S2 ») car il s’agit de soins « ambulatoires ». D’autres disent que si, car il s’agit de soins « programmés ». Du coup, je pense que c’est à la libre interprétation de la caisse.

    Si tu optes pour la demande d’un S2, il faudra monter un dossier, prouvant que c’était nécessaire. Le médecin conseil de la caisse tranchera. Normalement, ils sont obligés d’accepter si tu prouves qu’il n’y a pas de médecin capable de soigner ton enfant dans un délai raisonnable dans ta région. (dans mon cas, le médecin qui refusait de nous recevoir a aussi refusé de nous le mettre par écrit, sympa le gars !!!)

    Et attention, il faut faire le S2 AVANT de commencer les soins, car pas rétroactif (je viens de l’apprendre, très pas cool, vu qu’on a déjà fait plein de séances…)

    et voilà pourquoi il est URGENT que cette situation change : c’est totalement inégalitaire, si tu as peu de revenus, c’est difficile d’accès, et si tu n’es pas à même de t’y retrouver dans cette jungle qu’est notre administration, c’est très compliqué aussi…

  • Répondre nesto 8 avril 2014 at 22 h 22 min

    c’est dingue! alors là oui niveau inégalités et discrimination c’est pas mal! on entend le même genre de choses pour les enfants autistes (et pas que les enfants d’ailleurs) ou les handicapés, des parents obligés de monter des assoc et de récolter des dons pour financer des trucs qui sont juste nécessaires… et nous sommes en France, j’ose pas imaginer comment ça peut être ailleurs! C’est révoltant parce que tout ça demande une énergie folle, énergie qui serait bien mieux employée ailleurs :/

  • Répondre Liliba 8 avril 2014 at 22 h 24 min

    Ne pas savoir doit être le pire, mais maintenant au moins vous pouvez tous prendre le problème à bras le coeur, en parler et combattre cette maladie. C’est déjà un énorme pas de fait, alors courage pour la suite, mais vous avez déjà la joie et l’espoir d’avoir trouvé !

  • Répondre sophie 9 avril 2014 at 12 h 33 min

    troublée de te lire….
    cela m’évoque le négatif du parcours de ma fille…elle a la phobie du vomissement et cela prend des proportions……on vit sous l’eau depuis bientôt trois ans
    Effectivement c’est le vide intersidéral pour trouver des praticiens pour nous recevoir…les interprétations freudiennes ou la psychologie de comptoir on connait….la culpabilité aussi- merci
    on passe de traitement en traitement et je gère ma phobie du médicament comme je peux…(les chiens ne font pas des chats)
    Elle fonctionne comme une PMD mais dans le cadre d’une précocité (on retrouve une symptomatique similaire….)

    un jour, peut être on se croisera pour en discuter de vive voix!

    sophie

  • Répondre fedora 9 avril 2014 at 13 h 01 min

    J’avais envie de cliquer sur j’aime mais en fait j’aime pas… j’aime pas qu’une petite poulette ait du souffrir pendant 2 ans et demi… je ne peux pas m’empêcher de penser que si… si c’était la mienne… si elle avait une maladie que personne ne peut soigner…si, si, si… j’étais horrifiée en lisant ton billet… et heureuse de savoir que la situation s’est arrangée pour elle… mais horrifiée de lire que 450000 gosses sont laissés sur le carreau…

  • Répondre anacoluthe 9 avril 2014 at 14 h 48 min

    @nesto : ta phrase est très juste, « révoltant parce que ça demande une énergie folle, énergie qui serait mieux employée ailleurs » oui, tout à fait !!

  • Répondre anacoluthe 9 avril 2014 at 14 h 50 min

    @Liliba : oui, j’ai eu le sentiment d’un énorme bond en avant quand le traitement a commencé et que son état s’est tellement amélioré… quelquefois, la peur revient car je ne connais pas l’avenir, mais en même temps, j’ai aussi appris à travers tout cela à plus me concentrer sur le présent, l’instant est la seule réalité tangible !

  • Répondre anacoluthe 9 avril 2014 at 15 h 05 min

    @sophie : oui, on pourra en discuter, si tu veux, avec plaisir…

    J’ai déjà été frappé par les similitudes entre précocité et troubles de l’humeur, à vrai dire, si j’étais chercheur, j’émettrais l’hypothèse que la précocité est en fait un trouble de l’humeur, car après tout c’est un cerveau qui fonctionne de manière intense, tant sur le plan du cerveau rationnel que de l’émotionnel (en mobilisant les 2 à la fois).

    Mais bon, il se trouve que la précocité a un historique bien différent, et a été classé comme un « atout », alors que ceux qui le vivent savent bien que c’est aussi une grande fragilité.

    Je redis ce que j’expliquais dans un com’ ci-dessus, le truc qui nous a vraiment aidé contre les phobies (dont une phobie de vomir, d’ailleurs) c’est la kinésiologie, avec une praticienne formidable, malheureusement en retraite, mais qui m’a donné les coordonnées de 2 personnes qu’elle a formé dans la région.

  • Répondre anacoluthe 9 avril 2014 at 15 h 09 min

    @fedora : merci, parce que c’est précisément ce que j’aimerais, que les gens aient cette empathie qui permettent que les choses changent, qu’on se dise « et si ça m’arrivait à moi, à mes enfants ? »

    Bon, et puis au-delà de l’émotionnel, on peut aussi se dire objectivement que le fait que la bipolarité infantile soit quasi méconnue en France, cela a un coût social énorme !

  • Répondre Sophie 9 avril 2014 at 18 h 21 min

    On démarre bientôt rdv ostéopathie/relaxation … On verra … Je t’embrasse
    Sophie

  • Répondre Aline - La Homemade Box 9 avril 2014 at 21 h 35 min

    Très triste cet article, c’est dingue qu’en 2014, il y ait autant d’enfants qui souffrent et qu’i l n’y ait pas encore de réelles solutions…

    Je veux pas t’ennuyer avec ça mais chez nous, dans la médecine chinoise, on dit que chaque maux est relié à une souffrance intérieure. Le ventre (mal de ventre, vomissement) est lié à des émotions perturbées (comme tu l’as dit avec le cerveau qui multiplie les émotions). Le fait de vomir est lié au rejet, le fait de rejeter une chose.

    Ta fille rejetait l’école, donc en vomissant, elle montre le rejet.
    Dans ce genre de cas, on parle avec le patient en lui posant des questions: « pourquoi ta fille n’aime pas l’école? », « quelles sont les choses qui lui mettent mal à l’aise à l’école? »
    Et c’est en découvrant les points du problèmes qu’on pouvait guérir le patient, grâce à sa communication et en résolvant chaque problème point par point. (Exemple, si ta fille avait peur de sa maîtresse= lui fiare changer de classe, ce n’est qu’un exemple bien entendu).

    Bref, voilà, sinon tu peux utiliser les thérapies naturelles, la réflexologie, tout comme je le fais.
    Bon courage pour vous en tout cas.

  • Répondre anacoluthe 10 avril 2014 at 10 h 39 min

    @Sophie : ah bon, je savais pas qu’on pouvait agir sur les phobies par l’ostéopathie !

    Pour la kinésio, pour info (je ne connaissais pas du tout avant qu’une amie m’en parle, c’est pas trop connu je crois), c’est pas quelque chose pour apprendre à mieux vivre avec sa phobie, en fait ça débarrasse de la phobie en une seule séance (je l’ai observé sur 3 personnes différentes, mes 2 filles et moi) par un travail sans paroles, avec des mouvements du corps, qui en fait agissent sur les émotions « inscrites » dans le corps… Ca paraît étrange comme ça, mais ça m’a franchement bluffé !

  • Répondre anacoluthe 10 avril 2014 at 10 h 57 min

    @Aline : alors en fait, le coup du vomissement dans mon billet, c’était une métaphore, comme je l’expliquais plus bas (mais le billet était très long, je comprends que ce ne soit pas forcément clair 😉 ) pour parler des « crises » : je voulais qu’on comprenne que le cerveau pouvait être un organe comme les autres, comme le ventre par exemple…

    Après, concernant les médecines naturelles, je suis une grande fan de tout ça, notre médecin de famille est homéopathe-acupuncteur-osthéopathe, j’utilise beaucoup les huiles essentielles, etc.
    Pendant ces 2 ans et demi, je pense qu’on a testé à peu près tout ce qui était possible pour ma fille, changement d’école, école alternative spécialisée avec thérapie par l’art, le jardin, les animaux, homéo évidemment, fleur de bach, acupuncture aux doigts, harmonisation au diapason, kinésio, psychomotricité, thérapie familiale, éducation non violente, méditation…

    Mais honnêtement, rétrospectivement et maintenant que je connais mieux la bipolarité, je pense que tout ça ne peut qu’atténuer temporairement l’état d’un bipolaire, ou peut éventuellement aider à aller mieux un bipolaire déjà sous traitement… mais le traitement médicamenteux est vraiment indispensable dans certains cas. C’est un peu comme un cancer : une bonne hygiène de vie et des médecines douces atténueront ses effets, mais ne le soigneront pas totalement…

  • Répondre nesto 10 avril 2014 at 11 h 32 min

    je peux me permettre de te demander par mp les coordonnées des 2 kinésio dont tu parles? peut-être que je pourrais envisager de tester ça pour ma fille… merci 😉

    encore une question, je suppose que tu vois encore certains médecins en France, qu’en disent-ils de la bipolarité infantile, est-ce que ça commence à être étudié en France?

  • Répondre sophie 10 avril 2014 at 13 h 16 min

    non non pas se débarrasser de la phobie…;mais apprendre à mettre en place de l’auto relaxation (elle a 14 ans mois ma fille) quand les émotions montent et par ailleurs, elle a un torticoli secondaire à une amblyopie et handicap visuel avec nystagmus pouvant augmenter les sensations de « barbouillé » en lien avec le déficit de statique et positionnement de la tête..totes ces peut être hypothèses amplifiées dans le cadre de son hypersensorialité…
    je te mets un lien qui m’a intéressée
    http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2014/04/10/nos-enfants-sont-ils-devenus-fous-madame-figaro-avril-2014/
    bises
    sophie

  • Répondre Marylin 10 avril 2014 at 23 h 43 min

    Vache ! Bipolaire…si jeune !
    Vache de vacherie !

    Je me demande si on n’est pas complètement à la ramasse en France, à tant vouloir comprendre le « pourquoi » au lieu de s’axer sur les solutions.
    En gros, à quoi ça me sert de savoir pourquoi je n’ai pas appris à nager quand je suis en train de me noyer.
    Mais ce n’est qu’un avis, bien sûr…

    Si cette façon de voir les choses peut t’être utile/t’intéresser, regarde du côté des Interventions Orientées Solution, je trouve que c’est un éclairage carrément fascinant.

    Bref, courage à toute la famille, tous mes voeux t’accompagnent.

  • Répondre anacoluthe 13 avril 2014 at 22 h 10 min

    @nesto : a y’est, coordonnées envoyées par mail !

    En ce qui concerne la bipolarité infantile en France, il y a des ouvrages de référence écrit par le Dr Hantouche, qui connaît bien le sujet, chez l’adulte et l’enfant… et puis donc une poignée de psychiatres qui s’y connaissent, encore faut-il arriver à les voir !!

    Bon, le truc qui m’a pas franchement rassuré : par curiosité, j’ai demandé à un ami d’interroger un ami à lui qui était psychiatre fraîchement diplômé de cette année sur ce qu’on leur enseignait à ce propos… Ben rien, vu qu’on leur enseigne que ça commence seulement à l’adolescence. C’est pas gagné, donc !

  • Répondre anacoluthe 13 avril 2014 at 22 h 20 min

    @Sophie : ah oui, dis donc, pas cool, j’espère que tu vas trouver des choses pour l’apaiser…

    Avec ma fille aînée qui a une scoliose, et qui est aussi assez « émotionnelle », disons, on a aussi travaillé avec la kinésiologue, en parallèle des séances de sport en kiné, parce qu’en fait – et c’est assez logique quand on y pense – harmoniser les émotions permet d’harmoniser la posture.

    J’ai lu l’article, des choses intéressantes, et aussi des choses qui m’ont choqué, la manière d’insinuer que c’est parce que les parents ne savent pas s’en sortir qu’ils donnent des médicaments à leurs enfants, et qu’on n’accepte plus la moindre différence… Ca me semble être une grande méconnaissance de la souffrance de certains enfants, ça !! (et bien culpabilisant…)

  • Répondre anacoluthe 15 avril 2014 at 16 h 57 min

    @Marylin : oui, si jeune… bon, le bipolarité infantile est assez différente de ses formes adultes, ceci dit, et puis je me dis que le « bon côté », c’est que le diagnostic précoce permettra que ça n’évolue pas vers une forme lourde, voire que ça régresse…

    Oui, assez d’accord sur le besoin d’une approche pragmatique (la recherche des « causes » au détriment des solutions, c’est ce qui a fait prendre tant de retard à la France dans le domaine de l’autisme !)… D’ailleurs, le pédopsy vient de nous parler de thérapies appliquées (le nom précis m’échappe, là) très efficaces, mais malheureusement il y a peu de praticiens (forcément, hein, dès que ça marche 😉 )

  • Répondre Secrète Louise 19 avril 2014 at 18 h 57 min

    Bravo pour ton article. Il aidera peut-être d’autres parents.
    C’est triste qu’en France la prise en charge des enfants en psychiatrie soit aussi catastrophique. . Et je crois que pour s’en sortir il faut surtout compter sur soi-même. Pour scolariser, pour soigner…

  • Répondre virginie 2 mai 2014 at 12 h 16 min

    Je lis avec retard votre article et je voulais juste vous dire à quel point je suis admirative de votre parcours.
    Il semblerait que votre fille aille mieux, c’est super. J’espère que la scolarisation n’est pas trop difficile, enfin j’suis bête je suis certaine que c’est compliqué. Je suis moi-même enseignante et en général, l’éducation nationale ne sait que très rarement venir en aide et accompagner les familles. J’espère que vous avez des solutions de ce côté là.
    Je vous souhaite de l’apaisement et le meilleur.

    Virginie

  • Répondre anacoluthe 4 mai 2014 at 17 h 56 min

    @Secrète Louise : merci, j’espère… enfin, je veux en faire un autre plus informatif, mais j’ai peu de temps en ce moment !!

    Oui, il faut en effet beaucoup compter sur soi-même, mais c’était assez surprenant pour moi, car je croyais aux vertus de notre système de santé (le meilleur du monde, soi disant !!)

  • Répondre anacoluthe 4 mai 2014 at 18 h 03 min

    @virginie : merci, ça ma touche… évidemment, scolairement, c’est trèèèès compliqué ! C’est vrai que le système éducatif français est compliqué dès que l’on a un enfant qui sort du moule…

    Notre cas est un peu particulier car notre fille est dans le privé, et que nous avons travaillé avec la direction et les enseignants de manière très proche, en les informant au fur et à mesure…
    J’ai ressenti de leur part la volonté de faire le maximum pour l’aider, même si bien sûr ce n’était pas toujours facile pour eux. Disons que le système d’évaluation ne lui convient pas du tout, ça la stresse au point de ne plus vouloir aller à l’école. Du coup, notre fille était aussi en parallèle dans une unité scolaire spécialisée pour les enfants en difficulté, et elle a donc bénéficié d’un programme personnalisé.

    Bref, là aussi, on s’est énormément investi pour tenter de trouver des solutions. Prochaine étape compliquée, le collège, mais on pense avoir trouvé un super collège !

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