Humeurs

La chasse aux steaks hachés

1 juillet 2013

L’espèce humaine n’a pas évolué tant que ça, depuis le temps où il fallait partir chasser sa pitance tous les matins.

C’est ce que je me suis déclaré à moi-même dimanche dernier, à 11H28, lorsque j’ai réalisé qu’il me manquait l’essentiel pour confectionner des hamburger maison : des steaks hachés.

Je suis donc partie chasser le steak haché au supermarché du coin, ouvert le dimanche matin, et en arrivant, quand j’ai aperçu la queue aux caisses, j’ai réalisé que ce ne serait pas de tout repos de pister ma pitance.

D’autant qu’une voix a résonné dans la savane le rayon boucherie que j’arpentais : « Chers clients, nous vous informons que suite à un problème technique, le paiement par CB est interrompu ».

Je ne me suis pas laissé abattre : j’ai momentanément abandonné ma proie aux caisses, et je suis partie chasser le distributeur de billets, en clopinant tel un vieux braconnier solitaire. La faute à cet orteil fracturé, souvenir d’une chasse au canapé qui a mal tourné…

15 minutes plus tard, les billets en poche, j’entamais la longue queue derrière les rares caisses encore en activité. La tension était palpable entre les hominidés. Nous étions tous à l’affut de la moindre faiblesse qui nous aurait permis d’achever notre proie. Et de prendre sa place dans la queue.

Derrière moi, un grand baraqué aux maxillaires carrées serrait les poings sur ses boîtes de petits pois, prêt à bondir si jamais ma patte folle me lâchait.
Une vieille dame lançait des regards égarés à la foule, cherchant un rayon que nul ne lui indiquait.

C’est à ce moment là que la voix retentit à nouveau : « Chers clients, nous vous informons que le paiement par CB est à nouveau possible ».

En un quart de seconde, je l’aperçus, seule, offerte : la caisse rapide paiement exclusif par CB. D’un mouvement sec des épaules, je me jetais en avant sans hésiter, clopinant comme si ma vie en dépendait, pour l’atteindre en priorité.

J’avais gagné ! Je lançais un regard satisfait aux jeunes chasseurs qui me suivaient : ce n’est pas à un vieux loup solitaire qu’on peut la faire, je n’avais peut-être plus la force de leurs 20 ans, mais en matière de réflexes, j’étais imbattable. La meilleure chasseuse de steaks hachés de toute la contrée.

steack

 

 

Et si vous vous demandez sérieusement où chasser le meilleur burger de Lille, c’est au restaurant la Dinette, rue Saint-André !

***

**************

****************************

Rendez-vous sur Hellocoton !

Vous aimerez peut-être aussi ...

7 Commentaires

  • Répondre electromenagere 1 juillet 2013 at 16 h 09 min

    Ceci étant, même si la langue française le permet, supermarché et steak haché ne riment pas !

  • Répondre anacoluthe 1 juillet 2013 at 16 h 47 min

    @electromenagere : oui, steak haché et boucher, c’est mieux comme rime, mais malheureusement, pas de boucher ouvert le dimanche matin pour un dépannage express !

  • Répondre Albane 1 juillet 2013 at 19 h 52 min

    Génial ce billet ! J’imagine que tu avais sur toi un bon silex bien affûté (ou un gourdin en bois de baobab) pour te faire une place dans cette jungle en cas de besoin ?

  • Répondre sosso 2 juillet 2013 at 14 h 21 min

    Tu connais le sketch de Verino sur la FNAC ? Ton texte (super drôle) m’y a fait penser :
    http://www.youtube.com/watch?v=EL0mdTROZJU

  • Répondre anacoluthe 2 juillet 2013 at 17 h 16 min

    @Albane : même pas, juste des outils inutiles tels que la carte bleue et les baskets (le stiletto est bien plus dangereux avec son talon pointu, mais je ne peux pas avec mon orteil cassé !)

  • Répondre anacoluthe 2 juillet 2013 at 17 h 17 min

    @sosso : ah mais non, je ne connais pas… à vrai dire, je ne connais même pas ce Verino, je vais aller voir ça !

  • Répondre Take a walk on the wild side | la vie est une anacoluthe 19 août 2013 at 15 h 58 min

    […] d’émotion à l’idée de le perdre lui, en passe de devenir – avec mon chien – le héros récurrent de mes aventures bloguesques : mon orteil […]

  • Laisser un commentaire