Mode Mode & Beauté

Mon placard est en crise…

26 novembre 2012

 

 

En ce moment, rien ne va plus entre mon dressing et moi. On ne se comprend plus, lui et moi. Enfin, c’est surtout lui, qui ne me comprend plus, qui ne me surprend plus : il me regarde, le ventre plein, le regard vide.

Ne me dis pas que tu ne comprends pas ce paradoxe : c’est quand il est trop plein que le dressing nous semble morne. Entasser, c’est toujours mauvais signe en matière de mode ; c’est n’avoir pas atteint le Graal.

Dire que je suis punie par où j’ai tant péché, toutes ces années où je me suis moquée de ma maman. J’ai toujours secrètement pensé que Maman avait une relation névrotique à la fringue, idolâtrée tel le veau d’or comme l’objet qui lui donnerait amour, gloire et beauté, gouffre sans fond sans fin, quête sans cesse recommencée parce que non identifiée…

Moi qui me sentais apaisée, achetant un peu de tout, du pas cher surtout, l’œil aguerri d’avoir tant d’années des vêtements décrits, et tant d’années les cahiers de tendance compulsés, je me disais que je savais. Démêler le bon achat de l’ivraie.

Dénicher le beau partout où il se trouvait, même non validé par la copino-blogo-journalisto-glose officielle de la mode.

Et m’y voilà.

Perdue. Ne me reconnaissant plus. Ne sachant plus.

Et puis j’ai compris que je traversais une crise existentielle de la fringue, une de ces crises-crysalides comme on en vit périodiquement. J’ai compris que j’en avais fini avec la mode, que je n’avais plus l’âge de courir derrière les tendances, sans cesse renouvelées pour nous faire acheter.

Et mon tourment venait de la solitude que je ressentais : l’industrie de la mode, et sa sœur l’industrie de la presse, nous impose une vision, et c’est bien légitime, c’est leur système, « cette année, c’est le jaune, cette année, c’est le sweat ».

Cette vision s’impose à toutes, et de plus en plus jeunes. A 7 et 11 ans, mes filles y deviennent sensibles. Et c’est pour moi contre nature : je ne veux pas me dire que je m’habille comme s’habillent mes enfants.

S’émanciper de cette vision, c’est n’avoir plus de modèle, plus d’image pour s’identifier. Isolée, tel est le prix de la liberté. Et sa valeur ?

Un temps, j’ai pensé me faire aider. Sur son tumbl, Julie me disait qu’elle m’aimait, moi et toutes les femmes qu’elle conseillait. J’ai hésité, parce qu’ayant croisé Julie lors d’un événement mode, je la savais aussi sympathique que son nom de boîte le laissait penser (tribute, je n’aurais pas mieux trouvé !)

Et puis, je me suis dit que c’est la quête qui m’amusait. Pardon, pardon Maman, me voilà dans les mêmes tourments.

J’ai attendu, analysé ; et puis, j’ai déclaré : « Désormais, toujours j’achèterai des belles matières. »

Ça n’a l’air de rien, mais j’ai trouvé mon guide, mon aune, mon critère. Celui qui me permettra d’arbitrer, autre que « tendance ou pas », « vu dans la presse ou pas », « ça me va ou pas » (bon, là, je ne voudrais pas me lamenter sous peine qu’on me jette des pierres, mais un des inconvénients de faire 1m80, c’est que la plupart des choses tombent bien. Avec comme corollaire le risque d’acheter la plupart des choses, sans cohérence, oubliant qui on est…)

Belles matières, beaux volumes, voilà ce qui me guide ces derniers temps. Et ce sentiment d’avoir trouvé un style qui pourra m’accompagner quelques années, sans m’enfermer, sans m’aliéner…

PS. En revanche, j’ai gardé ma capacité à dénicher les belles choses sans y laisser un bras, vintage, déstocks et vépécistes sont mes amis, faut pas déconner non plus !

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12 Commentaires

  • Répondre Stelda 26 novembre 2012 at 9 h 40 min

    Ah la crise du dressing, je connais bien ça! Et comme tu dis, plus il a le ventre plein et plus on le regarde l’oeil vide. J’aime beaucoup ton expression :)). Je crois que je vais rebondir sur ton article, il me donne des idées!

  • Répondre Onee-Chan 26 novembre 2012 at 9 h 41 min

    Purée comme je me reconnais dans ton article !! sauf que ma mère n’était pas compulsive des fringues, mais sinon comme toi j’achetais tout plein à bas prix. Puis, récemment, j’ai eu besoin d’une nouvelle penderie et là, je me suis rendue compte que maintenant j’avais suffisamment de choix pour ne choisir que de belles matières agréables, et jeter les reste… Reste à jeter, au moins juste un peu ;))

  • Répondre Cilaïne 26 novembre 2012 at 10 h 50 min

    C’est chouette parce que ça finit bien ton histoire !
    J’en suis un peu là aussi. C’est une question de maturité je crois…

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 15 h 00 min

    @Stelda : mais rebondis sur son ventre plein, Stelda, rebondis : je te fais confiance pour que le saut soit joli :-)

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 15 h 02 min

    @Onee-Chan : argh, jeter, je sais bien que c’est l’étape in-dis-pen-sa-ble… mais très difficile pour moi ! Et c’est vrai que la taille du placard est souvent ce qui nous pousse à restructurer (malheureusement pour moi, il est très grand !)

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 15 h 04 min

    @Cilaïne : ah oui, tu as connu ça aussi ? Oui, je pense que c’est une question de « maturité » (enfin d’âge, quoi !), il y a un moment où on a envie de se suivre soi plutôt que les tendances…

  • Répondre sosso 26 novembre 2012 at 16 h 49 min

    Si tu voyais l’état de mon armoire et de ma penderie… Je ne sais pas si je suis mature mais ma petite voisine de 13 ans à qui j’ai refilé plein de fringues est trop heureuse….

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 17 h 49 min

    @sosso : c’est une étape, quand on passe de « celle à qui on donne » à « celle qui donne », non ?! Longtemps, j’étais super contente qu’on me donne des fringues, et maintenant, je n’aime plus trop…

  • Répondre l'expat de biarritz 26 novembre 2012 at 21 h 43 min

    Moi c’est pareil, tous les 6 mois en moyenne, je me promets de ne plus acheter que des belles pièces, ayant déjà tout ce qu’il faut en basiques. Généralement je tiens un ou deux mois (durant lesquels j’achète du beau et du cher, mais en petite quantité), et puis j’ai le sentiment d’avoir été suffisamment raisonnable pour avoir le droit de me lâcher, et je file chez l’espagnol et/ou le suédois.

    Je suis en voie de maturité, mais pas encore tout-à-fait…

  • Répondre helenablue 26 novembre 2012 at 22 h 52 min

    Belle matière, beau volume..
    Hum…
    Je sens que tu es sur la voie!!
    :-)

  • Répondre anacoluthe 27 novembre 2012 at 11 h 56 min

    @l’expat de biarritz : tu me flippes sur mes nouvelles résolutions de critères de choix, là ! Peut-être que ça évoluera, il n’empêche que je pense être dans une phase longue, liée à l’âge, du qu’est-qu’on met pour pas s’habiller comme ses filles (sans se fringuer comme sa grand-mère !) et que finalement, ça me plaît bien, cette idée… c’est un défi !

  • Répondre anacoluthe 27 novembre 2012 at 12 h 00 min

    @helenablue : et c’est la spécialiste qui parle… mais d’ailleurs, je crois qu’on avait eu cette discussion un jour sur les volumes, et je crois que c’est ça qui évolue en moi : s’éloigner de LA tendance de la saison, c’est ne plus se focaliser sur les détails du vêtements, mais sur des caractéristiques plus générales : ample ou ajusté, matière, longueur…

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