Ecrit !

Une si longue peine…

11 novembre 2012

Alors te revoilà Toi, que je croyais pourtant si loin de moi, figée dans mon passé, ce jour où ils m’ont annoncé qu’ils se séparaient mais à l’essai, mais c’était encore pire de ne pas savoir où la vie nous menait.

Te revoilà, exactement semblablement pareil, au souffle près, cette lente inspiration qui brûle les poumons, bombe à fragmentation instillée goutte à goutte comme un poison de destruction.

Te revoilà en moi, et maintenant je sais que tu ne m’avais jamais quitté, maintenant je te reconnais. Tu étais là dans la longue nuit d’hiver, là dans la brume de novembre, tu étais là dans la ville désertée du dimanche, là au petit matin blême, là juste avant le Noël exécré…

Te revoilà, ma solitude d’enfance, absolue, terrifiante, ma peur au ventre.

Brassaï – exposition « Une Ville Magique » au LAM

 

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18 Commentaires

  • Répondre Cilaïne 12 novembre 2012 at 15 h 20 min

    Oh non…..
    Je t’envoie des feux de cheminée, la douceur d’un plaid en alpaga, une tartine de nutella, une chanson gaie de B.Biolay (mais si, ça doit exister !), du soleil d’automne à travers les feuilles d’un ginkgo, et toutes les cigales provençales (et les grillons aussi parce que je ne sais jamais vraiment lesquels « chantent »)
    Bon courage, take care !

  • Répondre l'expat de biarritz 12 novembre 2012 at 17 h 17 min

    Pensées biarrotes empathiques.
    (je reste persuadée qu’on n’est jamais vraiment seul, mais un seul être vous manque et…)

  • Répondre La vie en presque rose 12 novembre 2012 at 17 h 50 min

    Mais tu as des enfants maintenant. Ta solitude d’enfant ne t’aura plus. Plus vraiment, même si ça y ressemble.

  • Répondre anacoluthe 12 novembre 2012 at 22 h 36 min

    @Cilaïne : merci, je prends, je prends… Ca me fait penser à la psy Jeanne Siaud-Fachin qui parlait de « photos des petits bonheurs » à prendre dans sa tête (en se faisant le clic-clac !) dans l’émission sur le bonheur de France 2…

  • Répondre anacoluthe 12 novembre 2012 at 22 h 39 min

    @l’expat’ de biarritz : alors, tu vois, c’est étrange, mais plus j’avance, et plus je suis persuadée de l’exacte contraire, que nous sommes seuls, irrémédiablement, que c’est un fait à prendre en compte pour pouvoir le dépasser, et vivre avec (même si c’est hyper difficile).
    Mais MAIS MAIS, je trouve que l’empathie est un baume au cœur que l’on peut s’apporter mutuellement, entre humains solitaires…

  • Répondre anacoluthe 12 novembre 2012 at 22 h 48 min

    @La vie en presque rose : ton com’ m’a plongé dans des abîmes de réflexion avant que je sache quoi répondre… Parce que je ne sais pas, est-ce qu’on est vraiment moins seuls quand on a des enfants ??
    Je ne sais pas s’il n’y a que moi qui ressent ça, mais tantôt, ça me fait effectivement l’effet d’être « connectée » intensément à quelqu’un… et tantôt, ça me fait me sentir plus seule encore… enfin, disons que cela fait ressentir plus intensément le fait que nous sommes – individuellement – responsable…

  • Répondre bergamote 12 novembre 2012 at 23 h 12 min

    Brrr…mais quel beau texte!!!
    Sur ton dernier commentaire, je partage complètement ton point de vue.

  • Répondre anacoluthe 13 novembre 2012 at 10 h 28 min

    @bergamote : merci de me dire que tu trouves cela beau, car c’est un aspect important, pour moi, mine de rien…
    Je veux dire que je sais que ces impressions/émotions que je ressens parfois si intensément sont aussi fugaces – choses qui passent – (et merci la méditation qui m’a fait comprendre la posture du « regarder le passage en nous de l’émotion »). J’apprends à vivre avec ça.

    Mais je réalise aussi depuis quelques mois qu’on peut faire quelque chose avec « ça », que je dois aussi saisir les mots qui surgissent, comme ce « Alors, te revoilà Toi, que je croyais pourtant si loin de moi », phrase que j’ai « entendu » dans ma tête alors que je conduisais !

    Et une fois que j’avais écris ce texte, je me suis souvenue de la chanson de Barbara, « la solitude » et son sublime « elle s’est couchée devant ma porte, elle est revenue, la voilà »… Et je l’ai compris de l’intérieur, cette chanson !!

    Donc voilà, il peut y avoir de la beauté dans la tristesse et inversement… prochaine étape, la beauté dans la joie !

  • Répondre gigi 13 novembre 2012 at 18 h 21 min

    Chère,
    je vous lis régulièrement,mais ne vous connait pas
    je me sens soeur de vous quand je lis vos textes,
    notamment celui-ci.
    Solidarité.

  • Répondre anacoluthe 13 novembre 2012 at 20 h 12 min

    @gigi : merci gigi pour cette empathie, ça me touche…

  • Répondre La vie en presque rose 14 novembre 2012 at 13 h 03 min

    Peut-être que je me suis exprimée un peu rapidement. C’est vrai qu’en ayant des enfants, on comprend – si on ne l’a pas fait avant – à quel point chaque être humain est absolument seul dans sa peau, dans son froc comme chantait Renaud.
    Mais si on s’est senti seul dans son enfance, pas entouré comme on aurait dû l’être, alors fonder sa propre famille est un remède contre le sentiment de solitude. Bon, je me rends compte que je ne suis pas claire. Il faudrait toute une dissertation… et puis finalement, je suis en train de parler de moi. Ca ne s’applique sûrement pas à tout le monde. Bises et courage en tout cas :)

  • Répondre La frangine 14 novembre 2012 at 18 h 00 min

    Et si, ce qui fait souffrir, ce n’était pas tant la solitude, ou la tristesse, mais la PEUR de la solitude ou la tristesse…?

  • Répondre bayouchka 15 novembre 2012 at 21 h 23 min

    Je me sens si proche de TOI anacoluthe, et comprends totalement ce sentiment étrange de se sentir plus que seule, malgré les enfants.
    Je pense juste que la vie est un vertige abominable parfois, et que souvent… vivre ça fait PEUR.
    Mais heureusement pour nous pauvres pécheurs & comme le disait si justement Scarlet O’Hara : taratatata, tomorrow is another day ! Sheer Up darling !

  • Répondre anacoluthe 17 novembre 2012 at 20 h 00 min

    @La vie en presque rose : peut-être, peut-être, je ne sais pas… Je dirais en tout cas, que le sentiment de « famille formée avec mes enfants » s’accentue pour moi avec les ans : et je trouve ça, c’est vrai, assez agréable, de pressentir ces liens qui nous uniront plus tard… (j’aime bien les liens parents-enfants quand les enfants sont adultes)

  • Répondre anacoluthe 17 novembre 2012 at 20 h 01 min

    @La frangine : oui, bien sûr, tu me le dis souvent, et peu à peu, je le comprends… La peur de, ce truc qui s’évanouit quand on le considère les yeux en face…

  • Répondre anacoluthe 17 novembre 2012 at 20 h 02 min

    @bayouchka : les mots justes, comme toujours… tu fais partie de ces gens avec qui ce sentiment de compréhension mutuelle me donne justement l’impression d’un peu moins de solitude…

  • Répondre sosso 26 novembre 2012 at 16 h 39 min

    je rattrape mon retard de lecture.
    Ton texte et les commentaires m’ont touchée. Justes.

  • Répondre anacoluthe 26 novembre 2012 at 17 h 45 min

    @sosso : moi, quand on me dis « touché », je ne peux m’empêcher de penser « coulé » ! Non non, ce n’est pas du pessimisme, juste le fait que mon grand frère était un big fan de ce jeu !!

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