Ecrit ! Humeurs

Je hais les au-revoir

31 août 2012

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Je hais les au-revoir «encore un bisou et encore un Maman, fais-moi coucou à la fenêtre»… Je reviens dans 2 heures mais à les croire, je pars au bout du monde en passant par la Chine…

Je hais les au-revoir du Nord, interminables, insoutenables, un premier quand assis dans le canapé on annonce que « bon, nous, on va y aller », le deuxième debout à discuter dans le salon, le troisième dans le couloir pour s’embrasser, le quatrième devant la maison, à discuter (re) et s’embrasser (re)… Est-ce qu’il n’y a que dans le Nord que les amis détestent se quitter même après toute une journée ?

Je hais les au-revoir de Provence, les au-revoir à ma grand-mère, et si c’était le dernier ? Si c’était la dernière fois que je la voyais nous accompagner jusqu’à la voiture, la dernière fois nous embrasser, la dernière fois pleurer et agiter sa main, la dernière fois le dos de plus en plus courbé chaque année remonter le chemin, toute minuscule dans mon rétro, avant de disparaître, pfouiff, envolée, mangée par le virage…

Je hais les au-revoir à ceux qui vont nous quitter, on le sait, le médecin l’a dit, ou il ne l’a pas dit mais on a compris, je hais l’inéluctable, le plus jamais, le sentiment qui nous prend que plus rien ne sera comme avant…

Je hais les au-revoir on se rappelle, oui mais qui et quand et comment, et si personne ne rappelait finalement…

Je hais tellement les au-revoir, que voilà, parfois, je préfère ne même pas dire bonjour, ne pas faire de bisou du tout, partir à pas de velours, m’éclipser, ne pas appeler, ne pas descendre en Provence, faire comme si, jamais, on ne devait se quitter… Est-ce que c’est ça qu’on appelle la lâcheté ?

 

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5 Commentaires

  • Répondre Ouaix 31 août 2012 at 14 h 43 min

    je venais voir les commentaires, espérant que qqn t’aurais remercié avec des jolis mots (bon, en vrai: je voulais que qqn avec le « mot plus juste que moi » l’ai fait à ma place, quoi!)
    et y a personne! et il faut que tu saches… alors voilà: j’ai pas les mots, mais MERCI ! tu as écrit juste et touché quelqu’une ;). je me disais tjs (bouh, le vilain manque de confiance en moi) que c’etait « ne pas etre adulte » que de ressentir ça. ressentir ça tout le temps, dans les mêmes situations que tu évoques. la seule différence: ce n’est pas ma grand-mère dans le rétro, mais ma mère… Et en fait: toi, tu as l’air saine d’esprit, tu es jeune 😉 et tu ressens ça aussi !
    Donc double merci: c’est rassurant, mais surtout, c’est si justement retranscrit.
    Welcome back quand même !

  • Répondre Stelda 31 août 2012 at 15 h 04 min

    On déteste souvent les au-revoir parce qu’on craint souvent que ce ne soit un adieu 😉

  • Répondre anacoluthe 31 août 2012 at 15 h 44 min

    @Ouaix : merci pour ton commentaire, avec des jolis mots aussi, mais si, mais si !
    bon, j’ai déjà remarqué que ce type de billets est moins propice aux com’s que le billet léger, mais je continue quand même à en écrire !

    Comme une nécessité pour moi de saisir certains états de l’âme (même s’ils peuvent être transitoires, et ne pas être forcément totalement calqués sur les miens) et d’en faire quelque chose, que j’espère un peu « beau », oui !

    J’aime observer et retranscrire ça, comme je pourrais aimer le faire de gouttes de rosée sur une feuille le matin, ça rend l’existence tangible, je crois…

  • Répondre anacoluthe 31 août 2012 at 15 h 48 min

    @Stelda : oui, il y a un peu de ça… mais aussi, tout simplement, je pense que dans l’au-revoir, la perception du temps devient une réalité palpable.
    Parfois, on perçoit qu’on est en train de vivre « un instant » de manière agréable (la cigarette me faisait ça, ahhhh, fumer !!!) mais parfois de manière un peu triste, comme l’au-revoir…

  • Répondre nini 25 juillet 2014 at 11 h 53 min

    Moii aussi je deteste les aurevoirs…surtout c’est quand eux ils partent, les amis, la famille, etc…peut importe où, a l’autre bout du monde ou quand la fète est fini, tous ça me rend triste..je sens comme si tout le monde font leurs vie, et c’est normale, chacun a sa destination son propre chemin a suivre..mais l’idée c’est que j’aime bien etre entourer par les personnes que j’aime, que tout le monde reste avec moi jusqu’a ma mort,,mais helas ce n’est pas possible biensure

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