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La vieille dame et la coccinelle

27 mars 2012

Elle m’a dit « Je viens de voir une coccinelle écrasée sur la route, quelle tristesse… »

Peut-être parce que je lui avais souri de loin, comme ça, sans raison. Peut-être la rue déserte à cette heure-ci ; elle rentrait chez elle après sa promenade digestive, je partais travailler. Nous ne connaissions pas, la vieille dame et moi, et pourtant elle m’a parlé, pour me dire ce petit rien, cette chose aussi insignifiante qu’une coccinelle écrasée.

Rouge, son manteau, mes ongles et la coccinelle trépassée. Nous étions là, toutes les trois dans une rue déserte et ensoleillée, à nous sourire intimidées, sans trouver autre chose de plus à ajouter.

Je me suis vue, dans quelques années, moi qui aime tant saisir l’instant qui passe ; je me suis vue alpaguer la jeunesse dans sa course effrénée et lui dire « regarde, la vie est aussi là, et tu ne la vois pas… »

Mais je ne sais pas bien si j’aspire vraiment à ce temps suspendu à guetter le petit, l’infini événement, et attendre quelqu’un avec qui le partager…

Serai-je donc assez sage au temps de ma vieillesse ?

 

Reconstitution : là sous mon pied, une coccinelle. Enfin peut-être ?!

 

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9 Commentaires

  • Répondre Stelda 27 mars 2012 at 9 h 47 min

    Tant qu’on voit les coccinelles, on a encore le sens du bonheur…

  • Répondre Cilaïne 27 mars 2012 at 22 h 25 min

    Mais elle s’est foutue de toi, non ? Comment voir une coccinelle ecrasée sur une route ? Je veux dire, si elle a été écrasée par une voiture, il ne doit pas rester grand chose à repérer, si ?

  • Répondre anacoluthe 28 mars 2012 at 9 h 51 min

    @Stelda : mais ça porte bonheur même écrasée, tu crois ?!

  • Répondre anacoluthe 28 mars 2012 at 9 h 53 min

    @Cilaïne : mais je pense qu’elle ne voulait pas dire ça exactement, mais plutôt « sur la route de ma promenade », tu vois… enfin, c’est vrai que c’est étrange, comme formulation, mais ça ajoutait à l’étrangeté de cette rencontre, une vieille dame que je ne connais pas et qui m’alpague avec ce petit rien…

  • Répondre sosso 28 mars 2012 at 17 h 28 min

    Et pourquoi on serait sage quand on est vieux/vieille?
    Quand tu seras vieille, tu pourras continuer à nous parler de ton coiffeur, tes filles (et donc de tes petits-enfants) sur le même ton, drôle et piquant!
    Bon, on ne verra plus trop grand-chose sur nos écrans, mais on continuera à sourire..

    ps: les coccinelles sont immortelles. Je te jure.

  • Répondre sosso 28 mars 2012 at 17 h 29 min

    pps: je retourne à mes choix difficiles de vernis ! (merci)

  • Répondre anacoluthe 28 mars 2012 at 17 h 47 min

    @sosso : mais on tremblera beaucoup plus pour appliquer nos vernis, quand on sera vieille (et l’appliquer sur les pieds, tu imagines, ça fera séance de stretching en même temps !)
    Ce que je remarque, quand même, c’est que la grande-vieillesse (quand on est physiquement au ralenti) oblige à beaucoup + observer, à savourer chaque petite chose qui passe à notre portée vu qu’on peut bouger moyen. Et la sagesse, alors, c’est peut-être de savoir apprécier ce ralentissement à sa juste valeur car il permet de voir des choses que les autres ne voient pas !

  • Répondre Blogueuse égarée 10 avril 2012 at 12 h 02 min

    Quel joli moment ! Une dame à inviter à prendre le thé et les biscuits anglais. Tu as pris son zéro six ?

  • Répondre anacoluthe 10 avril 2012 at 14 h 51 min

    @Blogueuse égarée : ah ah, alors quand je lui ai dit « wech Mademoiselle t’as un 06 ? » elle m’a regardé bizarre… !

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