La ride

L’embêtant avec la ride, c’est qu’on la voit venir – oh à peine, mais quand même – et que pourtant, on ne pourra rien faire.

On se réveille un matin, on voit ce pli, là au coin, sur le front, ou près du nez, et on sait : 6 mois, un an plus tard, le pli sera ride, et rien ni personne n’y changera quoi que ce soit.

La ride nous place fasse à l’inéluctable, l’irréversible de la vie : quand on est petit, on grandit. Quand on est grand, on vieillit.

Pour ce qui est de la ride du front, passe encore. Qui pourrait en vouloir à une ride qui porte un nom si grrrrraou que ride du lion ? Et puis, la ride du lion, c’est ce paradoxe de l’animal-mental, ride non pas d’expression mais de concentration.

Je-ride-donc-je-pense-donc-je-suis…

Je suis prête aussi à beaucoup pardonner à une ride aussi malicieuse que la ride du coin de l’œil. On est myope, elle est moi, ce qui nous donne un je-ne-sais quoi dans le regard, l’indéfinissable charme de celle qui ne voit queutchi à plus d’1 mètre…

Mais le pompon de la ride d’expression, la palme de la sournoiserie, l’oscar de la fourberie, revient sans conteste au tristement nommé « sillon naso-génien ». Je ne connais pas le dermatologue psychopathe qui a eu l’idée de l’appeler ainsi, mais comment a-t-il pu penser qu’on la prendrait bien, cette ride au nom de génisse à naseaux ?

Et puis voilà une ride qu’on attrape à sourire perpétuellement à la vie « que bella vita ! » et qui vous donne une fois installée le faciès d’une fille perpétuellement déprimée, les joues pendantes, les traits tirés.

En même temps, quand je songe que je me dirige tout droit vers les rides du cou qui pendent et les ridules du rouge à lèvres qui file, je dois dire que je souris moyen, ces jours-ci.

C’est tout bénéf pour mon sillon naso-génien…

 

Autoportrait avec crayon et sans rides...

 

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