Maman

Compte de Noël

17 janvier 2011

Bonne résolution, j’écris ton nom : j’ai promis juré de finir ce billet « Noël » avant la fin janvier, alors je l’écrirai.

En même temps, j’avais aussi promis-juré qu’en 2011, j’en finirai enfin avec ma phobie des maladies.

Alors que j’ai passé les premières heures de 2011 terrée au fond d’un lit à supplier le ciel de me protéger de la gastro, tandis que – dans la salle de bain contiguë à ma chambre – vomissaient une bonne partie de nos amis réunis dans cette jolie petite maison en bord de mer.

« Mais pourquoi, POURQUOI, est-ce que je ne suis pas restée chez moi ? Et tout ça pour passer la moitié du repas devant beurk des huîtres et du foie gras… » me suis-je répété hébétée toute la nuit.

Je ne crois pas que le ciel m’ait entendu car Dame Nature – péripatéticienne désormais avérée – m’envoyait 48h plus tard un virus de gastro-entérite grippale, avec malaise vagal et contractions qui m’ont cloué au lit durant deux jours et deux nuits.

Dans ce genre de situations, je me sens tellement misérable que, pendant quelques heures, la mort me semblerait presque salutaire.

Et puis, alors que je pensai qu’il me faudrait un mois de sommeil pour venir à bout de ma fatigue, alors que j’imaginai que le riz serait ma seule pitance dans les 6 mois à venir, survint ce miracle de la vie qui toujours m’émerveille : je me levais avec une presque envie de chocolat.

Sais-tu Ami, quand la mort viendra vraiment s’emparer de moi, je la reconnaîtrai non à sa faux mais à mon soudain dégoût du chocolat. « Arghhhh, laissez-moi partir maintenant, je sens que mon heure est venue… » et dans un dernier souffle je lèguerai ma collection de Lindor à mes filles.

Alors, si j’ai réussi à recommencer à manger du chocolat, je devrais pouvoir venir à bout d’un simple billet, non ?

Clap, Compte de Noël, tentative deuxième.

Il était une fois des Mini-Monstres ayant pour parents deux dangereux schizophrènes, qui passaient leurs journées à trouver des idées pour vendre plus de produits, et leurs soirées à expliquer que la publicité n’est que mensongeries et vilenies.

Un jour Mini-Monstre Premier réclama à ses parents psycho-rigides une Nintendo DS, sous le prétexte que toutes ses copines en avaient une d’abord.

« Pour que tu passes tes journées en autiste devant ta console, tu n’y songes pas malheureuse !! Et tes devoirs ?! »

En quelques semaines de négociation, un accord fut trouvé : si Mini-Monstre augmentait sa moyenne trimestrielle d’un point et demi, elle aurait sa DS.

Après un an à travailler d’arrache-pied, les efforts portèrent leurs fruits et la morale fut sauve, comme dans tout conte de Noël qui se respecte.

C’est ainsi que le 21 décembre, nous nous rendîmes dans un magasin non loin de chez nous, où l’on pouvait parfois trouver des Nintendo DS de seconde main.

« Parce que tu vois, Mini-Monstre, on ne va pas se laisser avoir par la course technologique sans fin : on n’est pas obligé d’acheter la dernière nouveauté… »

« Si j’ai une DS d’occasion à vous proposer ? Vous tombez bien ! Cette DS a 3 semaines. En plus, c’est un nouveau modèle : des clients me l’ont achetée neuve à 160€ le 1er décembre. Et le 18, ils me l’ont rapportée parce que finalement, ils avaient besoin d’argent. Je leur ai racheté 70€, je vous la fais à 90. »

En repartant du magasin, je me disais que la morale de ce compte à notre avantage était décidément bien amère.

Acheter ou non une DS à notre fille, ce n’était pas vraiment une question d’argent, pour nous, mais un choix d’éducation. Et c’est sans doute pour ça que nous pouvions sereinement lui dire non.

Alors que j’imagine que, pour ces parents, dire non à son enfant parce qu’on n’a pas d’argent, c’est insupportable. Tellement insupportable qu’on dit oui même si on a des fins de mois difficiles.

Je répète souvent à mes enfants qu’il est de mon devoir de leur apprendre la frustration. Mais peut-être puis-je le faire parce que je sais que – si je le voulais – je pourrais leur donner ce que je leur apprends à attendre.

Et je pourrais leur donner parce que je gagne ma vie en essayant de trouver de belles idées pour vendre à des gens qui n’en ont pas forcément les moyens des objets dont ils n’ont pas forcément besoin.

Parfois, il n’y a pas que le chocolat qu’on digère moyen.

Compte de Noël, clap de fin.

Et sinon, tu vas bien ?

"A saisir, belle affaire, déesse très peu servie..."

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26 Commentaires

  • Répondre annick 17 janvier 2011 at 12 h 48 min

    ouep ça roule…

  • Répondre anacoluthe 17 janvier 2011 at 13 h 20 min

    @annick : tu m’en vois rassurée… (on sait jamais, une gastro est si vite arrivée en ce moment !)

  • Répondre Mélisse 17 janvier 2011 at 13 h 46 min

    ça plombe….

  • Répondre MissBrownie 17 janvier 2011 at 14 h 11 min

    C’est moche l’histoire de ces gens qui ont perdu 90€ en achetant une DS qu’ils ne pouvaient pas s’offrir :-/

  • Répondre bergamote 17 janvier 2011 at 15 h 14 min

    Ne pas acheter une DS, un MP3, un téléphone portable à nos filles, c’est un choix impitoyable d’éducation.
    Je copie-colle et complète tellement je suis à fond dans ce que tu écris. Choix oh combien pesant pour nous, parents d’une grande Berga de 11 ans, noyée dans la basse technologie à longueur de cour de récré! Elle est perçue comme « ringarde » et nous comme des bourreaux!!! Pour Noel, on a tenu bon et offert la collection complète…… des livres de Marcel Pagnol, et quelques CD. Elle a adoré! Mais à l’école à l’heure du Bilan  » cadeaux de Noel », elle a passé un sale moment, la pauvre….. ça me fait de la peine.
    Mille merci pour l’illustration, un de mes tableaux préférés… j’suis restée bloquée devant au musée pendant une bonne demie heure, me suis pas demandée si elle avait beaucoup servie!!!

  • Répondre anacoluthe 17 janvier 2011 at 15 h 19 min

    @Mélisse : un peu comme le ciel plombé au dessus de MaVille, aujourd’hui… (et les autres jours, remarque !)

  • Répondre anacoluthe 17 janvier 2011 at 15 h 20 min

    @MissBrownie : ben oui, ça fait cher la semaine de DS… et j’ose pas imaginer pour l’enfant…

  • Répondre anacoluthe 17 janvier 2011 at 15 h 24 min

    @Berga : tu aimes ce tableau ? Mais dis-moi, tu ne ferais pas une fixette sur tout ce qui est italien ? :-)
    Oui, c’est pas facile d’être « différent » quand on est enfant, on rêve d’être comme tous les autres… et je n’ose pas imaginer ce que ça donnera ado ! Du coup, c’est pour ça que j’essaie de leur expliquer le phénomène de pression, dans la cour, par la pub, et pourquoi je ne veux pas qu’on rentre dedans, parce que posséder plus, ça ne rend pas plus heureux. (rien de bien révolutionnaire, mais si moi je ne leur dis pas, qui leur dira ?!)

  • Répondre Camille 18 janvier 2011 at 0 h 11 min

    Oh putain, sa race, la claque.
    La claque qui fait un peu de bien, quand même, histoire de.
    J’ai jamais vraiment eu de gros soucis de ce genre là, même si à certains moments c’était « on va s’habiller chez Kiabi et pas chez Rip Curl, mes enfants » mais je crois qu’effectivement, ça doit être assez horrible de ne pas POUVOIR offrir ce qu’on veut à ses enfants..

  • Répondre Rebecca 18 janvier 2011 at 1 h 10 min

    La privation est bien plus dure quand elle ne dépend que de l’épaisseur du portefeuille…
    Je pense que je reconnaîtrai que mon heure est venue au fait que je ne voudrais plus de musique dans mes oreilles!

  • Répondre anacoluthe 18 janvier 2011 at 10 h 59 min

    @Camille : en même temps, on ne peut pas offrir vraiment TOUT ce qu’on veut à ses enfants (comme on ne peut pas offrir vraiment TOUT ce qu’on veut à nous-mêmes, d’ailleurs !)
    C’est le grand débat du « posséder ne suffit pas au bonheur », et du « il faut avoir le temps de désirer pour savourer vraiment » etc etc… qu’on se coltine forcément comme parents, avec ou sans argent, je trouve….

  • Répondre anacoluthe 18 janvier 2011 at 11 h 00 min

    @Rebecca : ah oui, la musique, c’est aussi super vital… et super vivifiant !

  • Répondre sabine 18 janvier 2011 at 15 h 50 min

    moi ce qui me dégoûte surtout c’est que le vendeur vous ait raconté l’histoire de la console…

  • Répondre anacoluthe 18 janvier 2011 at 18 h 47 min

    @sabine : Je suppose que c’était pour justifier le fait qu’on puisse avoir le dernier modèle sorti « déjà d’occasion »…

  • Répondre Cilaïne 18 janvier 2011 at 23 h 52 min

    Contente que tu sois guérie !
    Terrible, c’est vrai que ça plomble.
    Mais en même temps s’ils l’ont rendue le 18 décembre, on peut se dire qu’ils l’on rendue avant de l’offrir, ce qui est déjà moins cruel, au moins pour l’enfant, non ?
    Et puis si tu aides à vendre des trucs, ça veut dire que tu soutiens la production, et donc l’emploi, et donc aussi le pouvoir d’achat de parents potentiels…
    C’est bien la première fois que la fatigue me rend (bêtement) optimiste, mais je sens chez toi un penchant vers la culpabilité que je connais très bien !

  • Répondre sosso 19 janvier 2011 at 11 h 05 min

    ça calme…
    Je suis comme Cilaïne, j’aime à penser que l’enfant ne sait pas qu’il a failli avoir une DS.

    J’avais des voisins qui avaient 6 enfants (le dernier Jordan Mickael – véridique- avait été conçu pour les allocs -véridique bis et assumé par la mère). Et ben, ils étaient habillés n’importe comment mais avaient le dernier écran plat, toutes les consoles du marché, l’ordi qui déchire. 2 poids, 2 mesures…

  • Répondre anacoluthe 19 janvier 2011 at 11 h 36 min

    @Cilaïne : en fait, malheureusement, il semblait que l’enfant en question avait déjà joué avec, parce que son nom était « renseigné » dans la DS (j’ai pas tout compris, c’est ma fille qui m’a dit ça…)

    Oui, tu as raison, sur le fond, c’est vrai… mais c’est juste que, comment dire, j’aimerais parfois que notre société soit un peu moins focalisée sur acheter-acheter-acheter… parce que j’ai l’impression que ça fait des dégâts…

  • Répondre anacoluthe 19 janvier 2011 at 11 h 47 min

    @sosso : Jordan Mickael, dingue, ça a bien changé les prénoms composés, dis !
    je vois ce que tu veux dire, c’est aussi beaucoup comme ça par ici…
    Je me suis fait la réflexion l’autre jour, en voyant par la fenêtre d’une toute petite maison « d’ouvrier » (c’est le nom des petites maisons du nord) un écran plat géant, la taille maxi existante, je pense…
    Avec la taille de leur salon – genre 2 m de large – ils n’avaient pas le recul suffisant pour cette taille d’écran, donc à quoi bon avoir acheté ce truc super cher, pas adapté, et qui doit provoquer des maux de tête ?!

  • Répondre Aude nectar 19 janvier 2011 at 17 h 00 min

    Mais c’est la bande des petits mouchoirs tes potes ? 😉

  • Répondre anacoluthe 19 janvier 2011 at 17 h 36 min

    @Aude nectar : écoute, j’ai pas vu le film, donc je ne peux pas trop me prononcer… sauf que nous, la mer, c’est la côte belge, pas le Cap Ferret !!

  • Répondre sabine 19 janvier 2011 at 21 h 36 min

    oui mais je pense qu’il aurait pu éviter!!!

  • Répondre anacoluthe 20 janvier 2011 at 11 h 58 min

    @sabine : j’ai compris le message, je vais de ce pas lui casser la gueule de ta part… (j’acheterai quelques jeux d’occase avant, et cette fois, je me bouche les oreilles !)

  • Répondre La vie (où est le) mode d'emploi (?) 24 janvier 2011 at 10 h 08 min

    Pas toujours facile, de travailler en entreprise… Je l’ai fait (dans la pub itou à une époque, d’ailleurs) et à un moment de recyclage, vers la trentaine, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer, que les seuls domaines où je pouvais me sentir bien dans mon travail étaient le service public ou la presse. J’ai eu la chance de pouvoir changer de direction…

  • Répondre GlamGoofyGirl 24 janvier 2011 at 17 h 18 min

    Ça fait plusieurs fois que je lis ton article et il me perturbe toujours autant. Tu as mis le doigt sur quelque chose qui me travaille beaucoup depuis la naissance du Monstroplante. C’est pas encore assez clair dans ma tête pour que je le verbalise de manière compréhensible, mais je continue à réfléchir (beaucoup) sur ce sujet. Désolée pour ce commentaire un peu fumeux, je me parlais un peu à moi-même en écrivant, mais bon, le fond du truc c’est quand même que tu as fait là un excellent billet.

  • Répondre anacoluthe 24 janvier 2011 at 21 h 37 min

    @la vie (où est le) mode d’emploi : en fait, on a eu à peu près le même parcours au même moment, parce que je ne suis pas salariée, donc… mais ça n’empêche que quelquefois, j’ai l’impression d’être le maillon d’un système avec lequel je ne suis pas toujours d’accord…

  • Répondre anacoluthe 24 janvier 2011 at 21 h 39 min

    @GlamGoofyGirl : écoute, si ça te parle, même un peu confusément, tant mieux !! Je crois que c’est un des effets collatéraux des enfants, tout à coup, on se met à réfléchir à ce qu’on veut transmettre, et donc, à ce qu’on veut soi-même… bref, nos incohérences deviennent parfois plus criantes, car on doit les verbaliser pour nos enfants.

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